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Admission Post-Bac : les nouvelles règles présentées par la Ministre

La ministre Frédérique Vidal nous dévoile les grandes lignes de la réforme de la procédure APB.

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Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Dans son bureau, rue Descartes à Paris Ve LP/Aurélie Ladet

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L'organisation : En finir avec les dates fatidiques



Comment va fonctionner la nouvelle plate-forme ?


Frédérique Vidal. Les choses se passeront de façon plus souple et transparente. Il n’y aura plus de tirage au sort. Les élèves n’auront plus à classer leurs vœux par ordre de préférence et il n’y aura plus de « tours » pour les réponses à leurs candidatures, avec ce stress qui monte avant le jour des résultats, puis le désespoir si on n’a rien, et à nouveau l’attente du tour d’après… C’était une demande des parents et des lycéens d’en finir avec ces dates fatidiques. La plate-forme, qui ouvrira le 15 janvier, permettra aux bacheliers de formuler dix vœux maximum jusqu’à la fin du mois de mars. Ils seront ensuite traités par les établissements et les réponses commenceront à arriver en mai, les unes après les autres.

Si un élève reçoit des oui à des demandes mais est sur liste d’attente pour une autre, pourra-t-il attendre de savoir s’il est pris ?


Les élèves auront toujours la possibilité d’attendre d’avoir une meilleure proposition. Mais, pour ne pas engorger le système, à chaque fois qu’un élève recevra deux oui à des formations différentes, il devra choisir entre l’un des deux, sans pour autant renoncer aux vœux en attente.

Ils vont passer du temps à guetter leurs réponses…


Nous travaillons sur un système d’information individualisée, qui enverra une alerte quand une réponse arrivera.


Le choix des lycéens : « Tout est ouvert »



Quand les lycéens seront-ils informés de leur orientation ?


L’objectif, c’est qu’un maximum d’entre eux soient fixés avant le bac. Dans tous les cas, les réponses n’interviendront pas pendant le bac pour ne pas perturber les candidats qui doivent pouvoir passer leurs épreuves l’esprit serein et concentré. Le processus reprendra après les résultats pour ceux qui n’auraient pas encore trouvé leur formation.

Les élèves auront-ils la liberté de postuler dans n’importe quel type de filières ?


Absolument ! Tout est ouvert. Je veux dire aux jeunes de ne postuler que sur des vœux qu’ils désirent réellement. La motivation est essentielle pour réussir. S’ils ne postulent que sur des filières sélectives, ils le peuvent. On pourra aussi demander des licences pluridisciplinaires, une année préparatoire, une année de césure… Parfois, on a besoin de temps pour se décider.

Est-ce que les élèves pourront demander une autre académie que la leur ?


Oui, dans une certaine mesure. On maintient une priorité au local dans la grande majorité des cas, mais on autorise aussi un pourcentage de mobilité. Ce quota permettra de donner plus de choix aux élèves et d’éviter que des lycéens soient exclus d’une filière où il y a de la place, simplement parce qu’elle n’est pas dans leur académie.

Ne craignez-vous pas d’amplifier les inégalités entre les facs très prisées et d’autres moins cotées ?


Non. Une licence a la même qualité qu’elle soit obtenue à Bordeaux, à Lille ou à Paris.

Que se passe-t-il pour ceux qui ne sont pris à aucun vœu ?


Une commission pilotée par le recteur va regarder le profil du bachelier et lui proposer d’autres formations similaires à ses choix initiaux et qu’il n’avait peut-être pas identifiées, y compris un peu plus loin de chez lui.

Encore faut-il pouvoir se déplacer…


Nous les y aiderons. Les recteurs auront des places réservées dans les cités universitaires, ou dans les internats des lycées, ainsi que des aides sociales pour accompagner la mobilité des étudiants dans des cas critiques.


Les moyens : « Certaines filières ont besoin de places supplémentaires »



Comment allez vous gérer la demande dans les filières surchargées, comme celles de sport ?


Déjà, on va ouvrir un maximum de places pour qu’il y ait le moins de tensions possible. On compte aussi sur une meilleure orientation. Nous allons autoriser les étudiants à faire davantage de vœux groupés. Il pourra par exemple postuler dans une formation métiers du sport. Son dossier sera alors envoyé à tous les établissements du secteur qui en proposent. En dernier recours, s’il n’y a pas de place, au lieu de tirer au sort, on prendra en compte la cohérence entre la formation demandée par l’élève et son profil.

Quelle garantie pour que le traitement soit équitable entre les lycéens, et qu’il n’y ait pas de passe-droits ?


Les garde-fous existent. On met en place un comité d’éthique qui sera le gardien du fonctionnement de cette nouvelle plate-forme. De plus, je rappelle que les licences ont l’obligation d’accepter tous les candidats jusqu’à ce que leur capacité d’accueil soit remplie.

Combien allez-vous créer de places supplémentaires à l’université ?


Fondamentalement, il n’y a pas de problème de places, mais un problème de cohérence entre l’offre et la demande. Jusqu’ici, comme aucun mécanisme humain ne regardait les demandes des élèves, personne n’était capable de leur dire qu’il y avait une place, à 30 km de chez eux, dans le BTS qu’ils souhaitaient. Conséquence : il reste actuellement 137 000 places disponibles dans l’enseignement supérieur, et parmi elles, près de 10 000 en BTS. Il n’en demeure pas moins que certaines filières ont besoin de places supplémentaires : les filières sous tension mais aussi certains BTS. Nous faisons actuellement le bilan pour identifier les lieux prioritaires où nous ouvrirons des places l’an prochain. On va aussi se réserver la capacité d’ouvrir des places en dernière minute.


L’orientation : « Ce n’est pas le conseil de classe qui décide »



Le conseil de classe donnera son avis sur le projet d’études des élèves. Est-ce que ceux qui sont en froid avec leur prof de maths pourront quand même faire des études de sciences ?


L’avis du conseil de classe est purement consultatif. Il va indiquer aux élèves au moment où ils font leurs vœux, si tous sont possibles, ou si certains sont plus difficiles que d’autres. Mais en aucun cas, ce n’est le conseil de classe qui décide à la place du lycéen !

Les jeunes restés l’an dernier sur le carreau pourront-ils bénéficier du nouveau système ?


Absolument. Ils auront exactement le même accompagnement que les néobacheliers. On considère que le droit à la réorientation existe. Il est important de le préserver.


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Le Parisien

Le Parisien
09.11.2017

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