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Alternance. Apprenti-ingénieur, un profil qui séduit

Ils effectuent des missions longues, 3 ans dans la même entreprise, le plus souvent. Quand ils sont diplômés, ils sont pros et très courtisés.

formation alternance Alternance. Apprenti-ingénieur, un profil qui séduit Ils effectuent des missions longues, 3 ans dans la même entreprise, le plus souvent. Quand ils sont diplômés, ils sont pros et très courtisés.

Les écoles d’ingénieurs se sont emparées de l’apprentissage plus qu’on ne l’aurait imaginé. Certaines institutions, comme Centrale Marseille, Lyon ou Nantes, ont rejoint les formations postbac qui le faisaient déjà. Désormais, la grande majorité des écoles, publiques ou privées, proposent un diplôme en alternance.

C’est le cas de l’EPF (anciennement École polytechnique féminine), école d’ingénieurs à Sceaux (92) et Montpellier (34), qui a ouvert il y a dix ans un cursus en apprentissage : « Aujourd’hui, 60 diplômés sur 400 le sont par cette voie, et ils seront 90 l’an prochain », explique Éric Savattero, directeur de l’EPF Sceaux. Pour l’heure, le diplôme est encore différent du titre classique, « mais demain, les deux devraient être confondus. » En effet, les étudiants en alternance intègrent, après deux ans de classe préparatoire, leur entreprise d’accueil où ils restent trois ans. Ils ne suivent pas, comme les autres, « un socle commun, qui apporte les fondements de l’ingénieur généraliste », précise Éric Savattero.
Mais, la Commission des titres d’ingénieurs expérimente, dans une dizaine d’écoles, la signature de contrats de deux ans seulement avec les entreprises. Ce qui permet aux élèves de suivre ce tronc commun. L’école garderait donc les étudiants une année à plein temps, pour mieux les préparer à la vie professionnelle.

Réponse aux besoins des entreprises locales


En trois ans comme en deux, les apprentis ingénieurs sont courtisés par les employeurs, qui abreuvent les écoles d’offres de mission pour les attirer. À l’UTT (Université de technologie de Troyes), on a même fait de l’apprentissage le fer de lance de la redynamisation d’un territoire
voisin, celui de Nogent, en Haute-Marne.
« Nous avons constaté les difficultés de recrutement des industries locales, alors qu’elles s’illustraient par leur savoir-faire dans des domaines de pointe comme la mécanique et les matériaux », explique Jérôme Plain, directeur adjoint de l’UTT. L’école décide alors, il y a neuf ans, de forger un nouveau modèle, créant une antenne locale avec une vingtaine d’étudiants, tous en alternance. Maintenant, ils sont 150 à effectuer leurs missions dans des entreprises comme Marle, leader mondial des prothèses en titane, ou dans l’aéronautique. De quoi développer un centre-ville ! À la fin de leur formation, beaucoup reçoivent une offre d’emploi et environ 50 % acceptent de commencer leur carrière en Haute-Marne.
Jusqu’ici, question logistique oblige (nombreux trajets à effectuer entre le site de formation et l’entreprise), l’apprentissage profitait surtout aux grandes agglomérations. Un modèle comme celui de Nogent, de taille restreinte et finement adapté aux besoins locaux, pourrait bien s’exporter à d’autres bassins d’emploi, « dès lors qu’ils ont une forte tradition industrielle et la volonté d’investir dans l’enseignement », explique Jérôme Plain.

Employabilité maximale


L’apprenti-ingénieur est un profil qui plaît d’autant plus aux employeurs que la pénurie fait rage dans certains secteurs : l’informatique, l’intelligence artificielle ou la cybersécurité manquent en permanence de personnel qualifié. « Dans ce contexte, tout ce qui permet aux entreprises d’intégrer de jeunes ingénieurs et de faciliter leur embauche est bienvenu », constate Éric Savattero.
À l’EPF, 56 % des étudiants sont embauchés durant leur dernière année. Quant aux salaires, bonne surprise : ceux des anciens apprentis égalent désormais les autres, voire, de plus en plus souvent, les dépassent. Car trois ans d’expérience réussie à un poste, ajouté à un précieux diplôme, cela se paie.

Le chiffre
83 % des recruteurs privilégieraient un diplômé par la voie de l’apprentissage Source : CGE, 2019.

« C’est assez intense, tout est question d'organisation »


Témoignage de Didier Zanello Étudiant en 4e année chez Epita, école d’ingénieurs informatique, en alternance chez Thales Research Tehchnology

Pourquoi avez-vous choisi un cursus en alternance ?
D’abord pour des raisons pratiques. J’ai commencé mes études par un DUT Génie électrique et informatique industrielle, avant de m’engager dans l’armée. Ensuite, j’ai passé des concours pour intégrer une école. J’étais un peu plus âgé que les autres étudiants et je ne pouvais pas renoncer à mon indépendance financière et vivre à Paris sans percevoir un salaire. J’ai donc naturellement opté pour le système de l’alternance.

Que pensez-vous de ce rythme d’études ?
Être apprenti, c’est assez intense mais, pour moi, cela se passe très bien. Tout est question d’organisation et de temps. Dans certaines périodes très chargées, où s’entremêlent le travail et les projets pour l’école, on doit réduire le temps alloué à d’autres activités. Mais quand on sait ce qu’on veut, cela vaut bien la peine de s’investir ! Le domaine qui m’intéresse, c’est la cybersécurité. Avec un poste d’ingénieur cybersécurité à Thales Research Technology, je ne pouvais rêver meilleure mission.

Trois ans dans la même entreprise, n’est-ce pas un peu long ?
Je ne trouve pas, car les choses se déroulent progressivement. Au début, cela peut sembler étrange de se retrouver en entreprise, pour longtemps.
J’ai été très bien accueilli, présenté aux équipes, apprentis, stagiaires, thésards… Surtout, c’est parce
que vous restez longtemps que vos missions évoluent à mesure que vous avancez. Cela permet
de faire partie intégrante de l’équipe, d’être reconnu comme un salarié à part entière, d’avoir son mot à donner. Un enrichissement aussi bien professionnel que personnel.


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LE PARISIEN

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14.01.2020

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