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La césure : un avant-goût de la vie active

Les élèves ont souvent la possibilité de réaliser une année de césure. Un bon moyen pour valider son choix de parcours professionnel.

Parfois une période de pré-embauche…Parfois une année sabbatique, jamais obligatoire mais souvent proposé : 95% des élèves d'HEC en profitent... quels sont les principes et les avantages d'une année de césure.

Au-delà des stages obligatoires dans le cursus, les grandes écoles ont ouvert la possibilité à leurs étudiants de réaliser une année de césure entre l’avant-dernière et la dernière année d’études.
Cette coupure leur permet de mener un projet personnel, dans la majorité des cas à vocation professionnelle.
Encore marginal dans les écoles d’ingénieurs, ce dispositif est répandu dans les écoles de management. Cette pratique existe depuis 1996 à l’ICN Business School (Nancy) où elle concerne 80 à 90% de la promotion.

Cette année, 72,2 % des étudiants ont fait un stage et 27,8% ont combiné semestre à l’étranger et stage. A l’EM LYON Business School, l’année de césure s’inscrit dans le cadre d’un parcours «à la carte». Ils sont par exemple 15% à partir à l’étranger pour douze mois d’affilée ou plus.
A HEC, qui l’a mise en place il y a quinze ans, on atteint des sommets. La césure est presque la norme : 95% des élèves en profitent.

Le dispositif le plus courant étant deux stages de six mois. «Si l’on étudie à HEC, c’est pour être confronté à l’entreprise !» insiste Bérangère Pagès, directrice des relations avec les entreprises.

Durant l’année de césure, l’élève reste sous statut étudiant. Il perçoit donc ses bourses sociales le cas échant et «ne paye pas les frais de scolarité» souligne Bérangère Pagès.
Un stage de plus de deux mois donne légalement droit à une «gratification» minimum de 436,05 € par mois.
La négociation d’un «salaire» plus élevé reste difficile et rare, même en venant d’HEC. Une durée de six mois ou plus, permet de se voir confier un vrai travail.
«Les entreprises considèrent la césure comme une période de pré-embauche, elle leur permet d’apprécier de potentiels collaborateurs», constate Bérangère Pagès.
In fine, 40% des étudiants d’HEC intègrent une société qui les a accueillis dans ce cadre.
Expérimenter un secteur, une fonction, une entreprise, un pays, sert à ouvrir une porte (confirmer une envie professionnelle) et à en fermer d’autres (juger in situ qu’un métier ou une société ne nous convient pas).
C’est pour cela que le projet doit être validé par la direction des études. «Nous vérifions que les stages envisagés par les élèves ont un sens par rapport à leur projet professionnel et à l’option qu’ils souhaitent suivre en 3ème année», confirme Bérangère Pagès.

Année de Césure : la demande doit être motivée


L’année de césure est aussi possible dans de nombreuses écoles d’ingénieurs, comme à Télécom Paris-Tech ou dans toutes les Écoles centrales (Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Paris). Dans celle de Lille, elle est pratiquée par 50 élèves par an (sur une promo de 250).
La démarche est volontaire, la demande doit être motivée par l’étudiant. «Nous refusons très peu de projets. Toute expérience est intéressante, du moment qu’elle est explicitée. Une césure doit être à l’image de chacun, et donc pas une obligation, insiste Véronique Le Courtois, directrice des études. Certains élèves sont impatients d’entrer dans la vie active, d’autres font un double diplôme».

Année de Césure : pour des fins académiques ou sabbatique


La césure peut donc se transformer en année académique (une élève l’a par exemple passée à l’ Ecole du Louvre), voire en année sabbatique. Après avoir trouvé les financements, la fanfare de l’EC Lille est ainsi partie faire de l’éveil musical dans le monde.

« Cela m’a permis de trouver ma voie »

Pauline LAIGNEAU,
28 ans, Paris. Elève en 3e année à HEC

(Majeure HEC entrepreneurs). Elève en troisième année à HEC, Pauline Laigneau vient de réaliser une année de césure.«J’ai voulu profiter de l’occasion pour tester des pistes professionnelles qui m’attiraient a priori : la gastronomie, l’Asie et l’entrepreneuriat.» Sa stratégie :définir sa mission de stage et la proposer à des sociétés. «J’ai rencontré le groupe Pernod Ricard au forum entreprises d’HEC. J’avais en tête de développer sa présence dans le vin en Inde.» Le projet est accepté. Pauline part pour Bombay et en tire un premier enseignement : elle ne souhaite pas travailler dans un grand groupe.
Pour son deuxième stage, elle cible des petites sociétés de la gastronomie.«Je désirais être le bras droit du fondateur afin de toucher à toutes les fonctions.» Le retour positif de la start-up de pâtisserie gastronomique Hugo et Victor la conforte dans l’idée que «l’on peut se créer des opportunités professionnelles». Là encore, l’expérience est enrichissante. Elle ne confirme pas son envie d’exercer dans la gastronomie, mais la motive plus que jamais pour monter son entreprise.
C’est aussi la césure qui lui a permis de lancer son site de vente de joaillerie, Gemmyo. «En Inde, j’avais rencontré une spécialiste des pierres fines. Je collabore avec elle aujourd’hui.»
La césure n’aura eu que des vertus pour Pauline.


« Pour 80% des élèves, c’est positif »

Nicolas MOVIO
22 ans, responsable du pôle représentation du Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI) et étudiant en 4e année à l’université de technologie de Troyes (UTT)

La césure est elle répandue chez les élèves ingénieurs ?
Nous avons mené deux enquêtes à ce sujet en 2008 et 2010. 70 % des élèves disent ne pas effectuer d’année de césure.
Elle ne concernerait qu’environ un quart des élèves- ingénieurs. Parmi eux, un quart la réalise en France, un quart en Europe et la moitié hors d’Europe.

Quels sont ses avantages ?
80 %des élèves en font un bilan positif. Leur motivation est de se doter d’un maximum d’atouts pour intégrer le marché du travail.
Les principales raisons de satisfaction sont : l’éclaircissement de leur projet professionnel, des attentes du marché du travail, l’amélioration de leur niveau linguistique, ainsi que la découverte d’autres cultures et façons de travailler.

Et ses limites ?
Plus que des limites, la césure pose des questions si elle venait à être généralisée. Nous considérons qu’elle ne doit pas être une obligation.
Surtout afin de ne pas conduire à un allongement systématique de la durée des études de cinq à six ans. Le diplôme d’ingénieur serait- il un bac + 5 ou un bac + 6 ?
L’année de césure serait-elle considérée comme faisant partie intégrante de la formation, risquant ainsi de déresponsabiliser les établissements dans leur mission d’insertion professionnelle des diplômés ? Il se pose aussi une question d’équité, un an supplémentaire d’études entraîne des coûts.
www.bnei.org (fédère plus 230 écoles d’ingénieurs et 130 000 élèves).


Dossier réalisé par Ariane DESPIERRES-FERY
Article paru dans le Parisien Economie du lundi 06 février 2012

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