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Apprentis : comment partir à l'étranger ?

C’est le point noir de l’alternance : la difficulté de vivre une longue expérience étudiante hors de France. Compliqué, c’est vrai. Pas impossible.

formation etranger Apprentis : comment partir à l'étranger ? C’est le point noir de l’alternance : la difficulté de vivre une longue expérience étudiante hors de France. Compliqué, c’est vrai. Pas impossible.

C’est le point noir de l’alternance : la difficulté de vivre une longue expérience étudiante
hors de France. Compliqué, c’est vrai. Pas impossible.


L’Erasmus de l’apprentissage est affiché depuis des années comme un chantier prioritaire. Et chiffré : la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé l’objectif de doubler le nombre d’apprentis partant à l’étranger pour parvenir à 15 000 par an. Mais les freins ne sont pas levés pour autant : harmonisation des diplômes, rémunération, responsabilité civile…

Les séjours, déjà assez rares, demeurent très courts (deux à trois semaines en moyenne). Erasmus + tente de remédier à ce problème avec, par exemple, son dispositif Movil’App, encore méconnu des étudiants (lire témoignage ci-contre), qui leur permet de faire un stage subventionné juste après leur formation.

Le principal moyen de partir à l’étranger reste celui-ci : travailler pour une entreprise basée en France, qui vous envoie en mission dans l’une de ses filiales, mais pas trop loin pour pouvoir honorer les périodes de cours. Si ces conditions ne sont pas réunies, peu d’options existent.

Amélie a dû batailler pour faire son alternance à Amsterdam. Sa chance, c’est qu’elle y travaillait déjà : « J’ai pris une année de césure après mon master 1 et effectué deux stages aux Pays-Bas. À la fin du second, l’entreprise voulait absolument me garder et je tenais moi aussi à rester », raconte-t-elle. Son école, Montpellier Business School, propose bien un master 2 en alternance. Mais comment le faire aux Pays-Bas ? Amélie tente le coup : « J’ai mis en contact mon DRH et l’école. Les deux parties étaient d’accord pour chercher une solution. »

Des contrats au cas par cas


Les négociations se prolongent tout l’été pour aboutir à un contrat sur-mesure, respectant l’esprit de l’apprentissage, avec ses périodes à l’école, tout en s’adaptant aux règles juridiques des Pays-Bas. « Je n’ai su qu’au tout dernier moment que c’était bon », se souvient Amélie, bien consciente du casse-tête général causé par son projet ! « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une entreprise qui tient vraiment à vous garder et une école qui met tout en œuvre pour rendre cela possible », remercie-t-elle.
Les contraintes, Neoma Business School a décidé de les affronter en lançant une nouvelle filière en alternance pour son Global BBA (Bachelor of Business Administration). « Il fallait proposer une option inédite pour répondre à ce besoin de partir à l’étranger », explique Sarah Cooper, directrice de programme.

Profils bilingues


Le Global BBA se déroule en quatre ans, est dispensé en anglais et tourné vers l’international. Ses deux dernières années sont accessibles en apprentissage, mais c’est au tout dernier semestre qu’intervient la vraie nouveauté : « Les entreprises doivent proposer à nos étudiants une mission à l’étranger, jusqu’à six mois, ou plusieurs missions dans une zone géographique. » Il s’avère qu’elles sont intéressées par ces profils bilingues car « beaucoup d’entre elles ont des objectifs d’export ou de déploiement de filiales à l’étranger », précise Sarah Cooper.
Comme le départ de l’apprenti n’intervient qu’au cours des six derniers mois, elles ont déjà eu un an et demi pour le former. De quoi l’envoyer au bout du monde en toute confiance.

L’aide du e-learning


Ces entreprises doivent être basées en France, pour éviter tout problème de statut. Quant à l’école, elle rend les départs possibles grâce à la mise en place de cours en e-learning pendant le semestre en question : « Les entreprises ne savent pas toujours précisément à quelle date elles enverront l’apprenti en mission ni quel jour il reviendra, explique Sarah Cooper. L’e-learning nous permet de nous adapter très rapidement. »
Les cours à distance seront sans aucun doute un outil précieux pour faire progresser la mobilité internationale des apprentis, en leur permettant de lever un premier obstacle : l’obligation de revenir souvent à l’école. Restent bien d’autres barrières à franchir pour leur donner la même souplesse géographique qu’aux autres étudiants qui, eux, sont 44 000 à partir chaque année.

« En découvrant cette possibilité, j’ai sauté dessus ! »


3 questions à Clémence... Diplômée Ingénieur Électronique et Informatique du CFA des Sciences, à Paris

Connaissiez-vous le dispositif Movil’App avant d’avoir votre diplôme ?
Je n’en ai entendu parler qu’à la fin de mon cursus. Avant de choisir une formation d’ingénieur en alternance, j’avais longtemps hésité, précisément à cause de cette difficulté pour partir à l’étranger. Une expérience internationale me semblait importante mais je devais choisir. J’ai privilégié l’alternance et suis entrée au CFA des Sciences en espérant pouvoir partir plus tard. Alors, en découvrant cette possibilité, j’ai sauté dessus !

Concrètement, cela se passe comment ?
Il faut d’abord trouver une entreprise, ce qui est sans doute le plus dur. Je ciblais Dublin, en Irlande, mais n’étant pas sur place, il était compliqué de trouver un employeur. J’ai envoyé énormément de CV, jusqu’à recevoir une réponse positive. Ensuite, j’ai dû signer une convention de stage pour trois mois, selon laquelle l’entreprise n’était pas tenue de me payer, mais qui m’ouvrait le droit aux bourses Erasmus. J’avais une aide de Pôle Emploi ainsi que des bourses régulières, ce qui était largement suffisant pour vivre.

Quel souvenir en gardez-vous ?
Ce fut l’une des meilleures expériences de ma vie ! J’ai d’ailleurs prolongé l’aventure puisque l’entreprise m’a proposé de m’embaucher par la suite. Je suis restée six mois de plus, ce qui m’a permis de bien mieux maîtriser l’anglais. Puis je suis rentrée en France, car les opportunités professionnelles là-bas ne m’intéressaient pas. Concernant Movil’App (voir article ci-dessus), c’est une vraie chance que cette formule existe. Seul défaut : il y a constamment des papiers à remplir !


Dossier spécial Alternance 2019 - Le Parisien Etudiant


→ Alternance : ce qui a changé au 1er janvier 2019 : rémunération, aides, rupture de contrat...
→ L'alternance : le sésame pour être embauché (et mieux payé).
→ Cap sur les (très) grandes écoles : des diplômes prestigieux sans payer les frais de scolarité.
→ Apprentis : comment partir à l'étranger ? Compliqué, c’est vrai. Pas impossible !
→ Cursus : J’ai suivi toutes mes études en alternance - l'alternance dès la première année.
Témoignage : 7 jours avec Jean-Baptiste, dans le quotidien d'un apprenti.
→ Conseil : 4 clés pour décrocher un contrat - les bons réflexes.
→ Test : êtes-vous fait pour des études en alternance ?
PPA Business School : l'alternance comme fer de lance (Grand Angle)
→ « Apporter du bien-être » - Les bachelors en alternance Pigier Création

Mais aussi :
Alternance : les étapes pour trouver un contrat, calendrier, rémunération...
Trouver une entreprise : comment convaincre un employeur ?
Lettre de motivation pour un contrat en alternance
Les offres de contrat en alternance avec notre partenaire Iquesta

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