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Apprentissage : cap sur la professionnalisation !

Le gouvernement fixe de nouveaux objectifs ambitieux. Les programmes, écoles et universités se mobilisent...

« Alors que les pouvoirs publics lancent une campagne d’information pour développer l’apprentissage, les universités et écoles spécialisées déploient de nombreux programmes en ce sens, en mettant à profit leurs relations avec les entreprises. Une formule gagnante pour l’étudiant et son employeur.

« L’apprentissage c’est votre avenir ». Dans les prochaines semaines, vous risquez d’entendre souvent ce slogan à la télévision ou à la radio. Il est au cœur de la campagne d’information lancée début octobre par le gouvernement afin de développer ce mode de formation, qui concerne autant l’enseignement secondaire que les études supérieures.

L’objectif des pouvoirs publics est de déconstruire les stéréotypes : « L’apprentissage est souvent associé aux métiers manuels et aux études courtes, alors qu’il se développe aujourd’hui dans tous les secteurs et permet d’obtenir des diplômes qui vont du CAP à bac+5 », rappelle le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Objectif : 500 000 contrats par an


Alors que 420 000 contrats d’apprentissage ont été signés en 2013, le gouvernement souhaite porter ce chiffre à 500 000 d’ici 2017. Lorsqu’on sait que seulement 30 % des jeunes déclarent être au courant des débouchés offerts par cette formule, on comprend que des marges de progression existent bel et bien. Plusieurs grandes entreprises contribuent également à cette dynamique, à l’image d’Areva, qui va augmenter de 30 % en deux ans le nombre de ses alternants, ou de Nestlé, qui souhaite fédérer 200 entreprises pour accueillir environ 100 000 jeunes dans les prochaines années.

En parallèle de ce mouvement qui fédère les pouvoirs publics et les employeurs, les établissements d’enseignement supérieur renforcent leur offre. C’est par exemple le cas de NEOMA Business School, qui a ouvert à la rentrée 50 places en apprentissage dans son Bachelor in Retail Management-ECA. Un choix justifié par Daniele Pederzoli, son directeur : « C’est un programme post-bac qui prépare à une carrière dans l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie française, la distribution. De plus en plus d’entreprises manifestent leur intérêt pour l’apprentissage, dans une optique de pré-recrutement. »

Toutes les filières sont concernées


Les programmes de PPA, une école de commerce en alternance, illustrent la diversité des diplômes et métiers accessibles par cette voie.
« Nous développons depuis 2013 un écosystème autour de l’entrepreneuriat, avec notamment une spécialisation accessible en cycle mastère et un incubateur pour accompagner les projets de création d’entreprise », explique Jonathan Azoulay, directeur de PPA. L’école a également accueilli, en septembre, la première promotion d’étudiants visant le double diplôme Ingénierie d’affaires en solutions technologiques complexes de PPA et l’école informatique ESGI – « avec, à la clé, des compétences à la fois techniques et commerciales, propices à une carrière dans les SSII et les nouvelles technologies ».
Comment expliquer cet engouement ? Aujourd’hui, un contrat d’apprentissage sur trois concerne les bac+2 et plus. Et bien souvent, une embauche est à la clé. Tous niveaux de formation confondus, de nombreux secteurs recrutent massivement les jeunes à l’issue de leur contrat d’apprentissage : la santé (85 %), l’informatique (82 %) ou encore la comptabilité-finance
(77 %), d’après une note du ministère de l’Éducation nationale de mars 2014.

Une plus-value pour l’insertion professionnelle


« Les étudiants suivent la même formation que leurs camarades inscrits en filière classique, tout en totalisant trois années d’expérience professionnelle », précise Didier Achvar, responsable de la filière ASARYIA (architecture et administration des systèmes et réseaux informatiques par l’apprentissage) de l’école d’ingénieurs EFREI.

« C’est un vrai plus en termes d’employabilité, avec souvent un CDI à la clé », indique Éric Lacouture, responsable de la licence professionnelle Technologies et gestion des eaux de santé de l’université de Bordeaux. Il relève d’autres avantages pour les étudiants : « Les apports de l’entreprise complètent les cours théoriques, par différentes occasions de mise en pratique. De plus, les apprentis bénéficient d’une rémunération calculée sur la base du SMIC, et le coût de la formation est pris en charge par l’entreprise. » Si à l’université les frais de scolarité sont très modestes, ils peuvent atteindre voire dépasser les 10 000 euros annuels dans les grandes écoles ; on comprend donc l’intérêt financier de l’apprentissage pour le jeune et sa famille…

Faciliter la rencontre entre l’entreprise et l’étudiant


Les entreprises ont beau être intéressées par l’intégration d’apprentis, elles seraient actuellement de plus en plus sélectives. C’est en tout cas ce que constate Stéphane Boiteux, directeur général du Groupe IDRAC : « Les employeurs se montrent très rigoureux dans leur processus de sélection, qui peut aller jusqu’à quatre entretiens avec le candidat. » Les établissements s’attachent donc à accompagner les étudiants dans deux directions : la mise en relation avec des entreprises, et la préparation – souvent intensive – aux démarches conduisant à la signature d’un contrat d’apprentissage.

« Nous avons renforcé cette année notre accompagnement, qui mobilise entre mai et fin septembre 22 collaborateurs à temps plein », témoigne Stéphane Boiteux. L’IDRAC a mis en place une grande variété d’outils et dispositifs complémentaires, « dans une logique d’individualisation » : ateliers, coaching virtuel et présentiel, entretiens de débriefing…

Les forums entreprises organisés par les établissements, comme celui de l’EFREI proposé sous la forme de “speed dating”, permettent également aux candidats de rencontrer des recruteurs et tenter de les convaincre. Les écoles et universités centralisent aussi les offres émanant des entreprises avant de les proposer aux étudiants dont les profils correspondent.

Un système performant à préserver – et valoriser


On le voit, les établissements d’enseignement supérieur n’ont pas attendu les pouvoirs publics pour contribuer au développement de l’apprentissage. Quels éléments permettraient de renforcer cette dynamique ? « C’est notre responsabilité de faire preuve de pédagogie pour valoriser l’apprentissage et ses atouts auprès des recruteurs, dont certains sont très peu informés », considère Éric Lacouture. De son côté, Stéphane Boiteux insiste sur les contraintes économiques et règlementaires qui peuvent peser sur les entreprises : « Ce système de co-formation entre le monde académique et le monde économique est très performant, il faut veiller à ne pas le fragiliser ».

Témoignage: ma vie d’apprentie


Gulay Yankaya, en apprentissage chez MAAF Assurances

Mon baccalauréat en poche, en 2011, j’ai opté pour un BTS d’assistante de direction, avant de réaliser que je souhaitais un métier axé sur le relationnel. J’ai donc choisi le BTS assurance proposé par l’ENASS, qui prévoit la seconde année en alternance. Pour mon stage de première année, l’agence de Drancy de MAAF Assurances m’a accueilli. Comme cette première immersion s’est révélée positive, j’ai évoqué mon souhait de poursuivre avec un contrat d’apprentissage.

C’est l’agence de Saint-Denis qui a pu donner suite à ma demande, et j’ai donc rejoint l’équipe à la rentrée 2013 en tant que conseillère de clientèle. La directrice, qui est ma tutrice, m’a beaucoup aidée à prendre mes marques. C’était la première fois que l’agence intégrait un apprenti, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour passer du statut d’étudiante à celui de collègue auprès de l’équipe.

L’expérience a été tellement réussie que je la prolonge actuellement au sein de la même agence, dans le cadre de la licence professionnelle d’assurance que j’ai débutée en septembre. Je suis plus à l’aise, et du coup j’ai gagné en autonomie.

D’après mon expérience, l’alternance constitue un très bon bagage professionnel, tout en permettant de vérifier rapidement si le secteur d’activité et le métier correspondent bien à l’idée qu’on s’en fait. Il faut être motivé pour suivre le rythme et répondre à la fois aux attentes de l’entreprise et de l’école, mais le jeu en vaut la chandelle ! »

propos recueillis par g.m.




Gilles Marchand.

Cet article est issu du supplément le Parisien Etudiant spécial rentrée


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Le Parisien
20.10.2014

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