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Autonomie des Universités : de nouveaux financements par les entreprises...

Les Facs françaises ouvrent des fondations pour récolter de l'argent des grandes entreprises, PME, anciens élèves

Les grandes entreprises, les PME, les anciens élèves... les 85 universités accueillent toutes les sources de financement via des fondations.

C’est sans doute le signe le plus étonnant de la transformation des universités françaises, depuis que la loi leur a accordé l’autonomie en 2007. Elles, dont le budget dépendait exclusivement de l’Etat, lorgnent désormais aussi sur l’argent privé : celui des entreprises et de donateurs particuliers. Pour lever ces nouveaux fonds, elles se sont lancées dans la création de fondations, à l’image de celle de Rennes-1, dont Valérie Pécresse fêtera le premier anniversaire aujourd’hui.

« En trois ans, 39 fondations ont vu le jour et 60 devraient être actives dans les prochains mois. Elles sont le signe tangible du rapprochement universités-entreprises », applaudit la ministre de l’Enseignement supérieur. Les 85 facs françaises ont certes encore du chemin à accomplir avant de pouvoir rivaliser avec Harvard ou même, en France, avec l’Institut Pasteur, qui a engrangé l’an dernier 60 M€ de dons et legs, soit 28% de son budget annuel !

Déduction d’impôts pour les donateurs

Mais en dépit de la crise, qui aurait pu tuer dans l’œuf leur décollage, les plus dynamiques — Paris-Dauphine, Auvergne, Bordeaux, Strasbourg… — sont parvenues à convaincre des grandes entreprises, des PME, voire d’anciens élèves et même parfois Monsieur ou Madame Tout-le-Monde. Avec un argument fiscal non négligeable : les donateurs bénéficient d’une déduction de 66% (60% pour les entreprises) sur leur feuille d’imposition, comme s’ils effectuaient un bon geste pour la Croix-Rouge. A ce jour, un peu plus de 70 M€ ont été levés par les facs.

Pour quoi faire?
C’est là tout l’intérêt de cet argent frais, qui peut être affecté de façon nettement plus souple que les subventions de l’Etat. C’est la fondation — donc l’université — qui choisit les actions concrètes qu’elle veut financer : un nouveau gymnase, des bourses pour étudier dans un autre pays, la création d’une nouvelle chaire d’enseignement, des prix pour les majors de promo, le recrutement de profs étrangers de renom… Voilà quelques exemples parmi les 200 actions concrètes réalisées l’an dernier grâce à ces fondations.

Comment sont utilisés les dons aux universités

Créées pour certaines depuis trois ans, les fondations universitaires ont des utilisations très diverses des sommes recueillies.


L’accompagnement des étudiants handicapés. Place à l’égalité des chances à l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Toulouse. La fondation a créé une enveloppe de 5000 € pour acquérir du matériel à destination des 30 élèves handicapés de l’école d’ingénieurs. Ordinateurs portables, logiciels à reconnaissance vocale, dictaphones, tables basses ont été achetés.


La culture. A Paris-Dauphine, la culture était un peu laissée de côté. Depuis octobre 2010, un partenariat a été noué avec deux grandes institutions culturelles : la Réunion des musées nationaux (RMN) et le Centre Georges-Pompidou. Outre des tarifs privilégiés et des visites guidées gratuites, ce partenariat offre la possibilité aux « Dauphinois » de participer aux événements organisés par les institutions.


L’accueil de chercheurs de niveau international. Lutter contre la fuite des cerveaux, c’est aussi l’objectif de certaines fondations universitaires. A la fondation partenariale de l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), à Paris-VI, on essaie « de retenir ou d’attirer des chercheurs confirmés, de niveau international ». Yvanie Caillé, directrice de la fondation, explique : « Nous avons financé, avec l’aide d’entreprises mécènes, l’ouverture de deux chaires d’excellence. Après un appel d’offres, nous avons recruté deux chercheurs étrangers. » Les candidats retenus seront financés par la fondation pendant cinq ans.


Une banque de stages à l’étranger. Pour la fondation Rennes-I, qui fête son premier anniversaire, les dons ont notamment permis de verser des bourses couvrant les frais de stages à l’étranger. « Grâce aux dons d’une quarantaine d’entreprises, nous avons financé en un an l’équivalent de cent quarante mois de stages à l’étranger », lance Sophie Langouet-Prigent, vice-présidente de la fondation. Une enveloppe de 35000 €, soit 250 € par mois, pour des stages de deux à six mois, proposés à des étudiants de licence ou de master, en Espagne, Italie ou à Madagascar.


L’achat de matériel de pointe. Pour aider les étudiants en médecine de l’université de Tours à devenir des experts en maladies neurodégénératives, la fondation Rabelais a mis 100000 € sur la table et a financé l’achat d’un séquenceur d’ADN à lames, destiné à l’hôpital et à l’université de médecine.







« Je me sens comme un VRP de l’Université »

JEAN-RENÉ FOURTOU président de la fondation Bordeaux-Université

Président du conseil de surveillance du groupe Vivendi, Jean-René Fourtou, 71 ans, est depuis vingt-cinq ans l’un des plus grands patrons du CAC40. Il est à la tête de la fondation universitaire bordelaise depuis sa création en décembre 2009.

Comment en êtes-vous venu à présider cette fondation ?
. Je suis né à Libourne, en Gironde, et j’ai fait ma scolarité à Bordeaux. J’ai bénéficié de l’enseignement gratuit, il était normal de donner de mon temps en retour. Quand on m’a proposé de diriger cette fondation, j’avais encore l’image caricaturale d’un monde universitaire centré sur lui-même, ne formant que des enseignants. J’ai découvert le contraire : des gens ambitieux, avec un incroyable esprit d’entreprise. Et un univers qui vit un moment historique, puisque jamais autant d’argent n’a été investi dans les facs. J’ai démissionné de plusieurs fonctions pour m’y consacrer. L’université, c’est l’avenir du pays. Y contribuer, c’est une nouvelle aventure, un défi personnel.

Que pensez-vous lui apporter ?
La vocation de la fondation, c’est d’ouvrir l’université au monde socioéconomique, et réciproquement, en créant des passerelles. Par exemple, nous développons la recherche sur la chimie du pin en lien avec le groupe Rhodia. Nous avons lancé également des stages au sein de PME pour les étudiants littéraires, qui marchent très bien. L’autre objectif, c’est de chercher de l’argent supplémentaire, qui permet de faire venir ici des profs étrangers de renom, d’améliorer la vie de campus…

Est-ce que l’argent rentre ?
En 2010, nous avons récolté 5 M€. Je me sens comme un VRP de l’université. Nous avons ainsi obtenu que sept grands crus du Bordelais — Petrus, Cheval-Blanc, Haut-Brion… — versent 60000 € chacun pendant trois ans. Il faut du temps pour convaincre car, contrairement aux Etats-Unis, ce n’est pas encore dans la culture française de financer en partie les facs avec de l’argent du secteur privé.

Et les particuliers ?
Je m’apprête à faire une demande de fonds auprès du grand public. Je vais commencer par le monde médical, puis élargir la collecte à la rentrée, sous le thème « L’université a besoin de vous ». J’ai eu la chance de très bien réussir professionnellement. J’ai donc personnellement versé 250000 € à la fondation… pour que les autres culpabilisent et en fassent autant!


Article réalisé par CHARLES DE SAINT SAUVEUR ET FABIEN SOYEZ, dans le journal du Parisien / Aujourd'hui en France du mercredi 13 avril 2011


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13.04.2011

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