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Bac français 2017 : les corrigés de l'épreuve de français en première

Les corrigés de la première épreuve anticipée, le français, sont disponibles !

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Le bac 2017 est lancé pour les premières des séries générales et technologiques. Le corrigé type du bac de français est disponible gratuitement ici.


Consultez ici les sujets du Bac de Français 2017 en intégralité

Durée de l'épreuve anticipée de français : 4h

Série L : Littéraire (Coef. 3)


Corrigé rédigé par Hélène Bastard, professeure de Lettres Modernes au lycée Albert Einstein de Sainte-Geneviève-des-Bois (91)
L’objet d’étude retenu, « Les réécritures du XVIIe siècle à nos jours », peut sembler surprenant car il s’agit du même objet d’étude que celui qui avait été proposé l’an passé. A retenir pour l’année prochaine : ne faites pas d’impasses !

La question de corpus : « Les textes de Vigny, Hugo et Dumas reprennent la figure du Masque de fer : en quoi diffère-t-elle de celle que propose Voltaire ? »


Le sujet était assez large mais la difficulté de la question de corpus est d’y répondre précisément en comparant les textes entre eux et en apportant différents éléments de réponse.

Tout d’abord, les trois auteurs romantiques, Vigny, Hugo et Dumas, reprennent la figure du Masque de fer en empruntant des genres variés, qui inscrivent son histoire dans la fiction. En effet, si le texte de Voltaire a toutes les caractéristiques d’un récit historique, réel, appartenant au genre des mémoires, avec des marques spatio-temporelles précises comme « quelques mois après la mort de ce ministre » (l.1) ou « au château de l’île Sainte-Marguerite », les auteurs romantiques empruntent des genres différents : la poésie pour Vigny, le théâtre pour Hugo et le roman pour Dumas. Cette variété générique permet une subjectivité fictive propre à chaque auteur romantique alors que le texte de Voltaire se veut objectif. Ainsi, Vigny aborde l’histoire du Masque de fer par des récits enchâssés : c’est d’abord le « vieux moine » (v.1) qui voit la scène puis « une Provinçale » (v.29). De même, l’emploi du monologue permet à Hugo de faire voir l’intériorité de son personnage grâce au procédé de la double énonciation. En somme, les buts des écrivains divergent : si le texte de Voltaire est un récit argumentatif, le but des écrivains romantiques est d’héroïser une figure mythique.

En outre, le texte de Voltaire, figure emblématique des Lumières, ne mentionne aucunement le terme de « fantôme » : au contraire, l’homme derrière le Masque de fer a la peau « un peu brune » (l.19), quand bien même celui-ci est un « inconnu » (l.4) enveloppé de mystère. En revanche, le terme de « fantôme » apparait bien dans le poème de Vigny au vers 15 tout comme les termes de « fantôme » (v.8) et de « spectre » (v.37) dans le monologue du Masque chez Hugo. Le véritable visage de l’homme inconnu, derrière son masque, est pâle, sans vie, et ses yeux reluisent étrangement. On peut relever ainsi les termes de : « sans vie, et sans âge » (v.14) chez Vigny ou de « Pâle » en apposition au vers 29 chez Hugo. Chez Vigny comme chez Dumas, les yeux étincelants de ce fantôme se confondent avec l’éclat de la lumière sur son masque. Ainsi, la description du Masque comme figure fantomatique rend l’histoire du Masque de fer fantastique, ce qui contribuera à la renommée de sa légende.

Enfin, les trois auteurs romantiques mettent l’accent sur l’aspect pathétique de l’histoire du Masque de fer. Ce pathétique est lié au destin d’un homme emprisonné à vie. Ainsi, Vigny introduit les personnages du moine et de la jeune Provinçale comme des mises en abyme d’un lecteur ou d’un spectateur observant la scène et pleurant. Chez Hugo, on retrouve ce registre pathétique dans les accents désespérés du personnage qui va vieillir en prison. En témoignent l’opposition entre un passé idéal (« jadis », v.17) et un avenir sombre incarné par l’adverbe « Maintenant ! » (v.21) interrompu par les points de suspension. Enfin, chez Dumas, c’est la répétition de l’adjectif « malheureux » qui crée ce pathos : à la fois dans la bouche du narrateur à la ligne 11, à la fois dans celle de d’Artagnan à la ligne 29.

Le commentaire : texte B d’Alfred de Vigny


Si l’auteur du poème, Alfred de Vigny, pouvait être connu des élèves comme grande figure du Romantisme français, le poème n’était pas facile à étudier car il mêlait les codes du récit et ceux de la poésie, et ce, d’autant plus que le fantastique n’est pas nécessairement abordé en tant que tel au lycée.

Tout d’abord, il s’agit d’une légende racontée par le biais de récits enchâssés. On a une succession de points de vue pour décrire la scène : d’abord l’inconnu est vu par le moine (point de vue interne avec verbes de perception), puis l’histoire est relayée par un « on », pronom indéfini, et enfin par la voix de la « Provençale » dont la parole est retranscrite grâce au discours indirect. Ainsi, pour le discours indirect, on pouvait relever l’anaphore des conjonctions de subordination « que » aux vers 32-38. Ces récits enchâssés créent du suspense et ce poème présente un registre dramatique (au sens de drama, « l’action » en grec). Vous pouviez relever les verbes d’action qui montrent l’héroïsme du Masque aux vers 26-28. Le mystère qui auréole le personnage (« un prisonnier d’Etat que l’on ne nommait pas » l.20 ou le pléonasme « sombre mystère » l.17) participe de ce registre dramatique. Enfin, dans cette partie, l’on pouvait appuyer l’aspect pathétique de l’histoire avec, notamment, une isotopie de la liberté et de la captivité (« captif » et « chétif » ont d’ailleurs la même origine étymologique) ainsi que les mises en abyme de personnages pleurant sur le sort du Masque. De nombreux éléments de versification appuient ces interprétations : il fallait les relever.

Ce texte constitue également une scène de genre propre au courant littéraire du Romantisme. On a l’impression d’un tableau avec le clair-obscur créé par le « flambeau » (v.11) et « les feux » (v.16). Mais ce tableau est surtout fantastique puisque l’individu décrit semble sans vie. Pour cela, on pouvait relever ce qui le désignait comme un être surnaturel mais aussi l’antithèse (« ce n’est pas » en contre-rejet puis « ce qu’il voit ») et la polysyndète des vers 11-15. Le moine est horrifié à la vue de ce fantôme (« fantôme » v.15 et « Plein d’horreur » v.17). Toutefois, le personnage n’inspire pas seulement des sentiments négatifs, bien au contraire : il est idéalisé. En cela, le Masque incarne ici la notion de sublime chère aux Romantiques. Il fallait alors relever les liens avec la religion et la morale comme « cœur du Chrétien » (v.7), « sans crime » (v.33) ou la rime signifiante « foi »/« Roi » (v.35-36). Le Masque est ainsi réhabilité, il est pur, tout comme la jeune Provinçale, en témoigne la chute du poème qui se clôt sur le mot « ange ».

En ouverture, on pouvait exploiter le topos du prisonnier au seuil de la mort, en évoquant par exemple Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo ou L’étranger de Camus.

Dissertation : L’intérêt du lecteur pour une réécriture dépend-il essentiellement de sa ressemblance avec le modèle ?


Cette dissertation interrogeait directement l’élève et son expérience de lecteur et demandait un plan dialectique (oui/non) sur ce sujet, plutôt classique.
Problématisation : Où se trouve l’intérêt d’une réécriture ? Peut-on apprécier une réécriture sans connaître son modèle ?

On peut d’abord penser que la réécriture, pour être appréciée, doit s’éloigner de son modèle et que son intérêt réside dans sa dissemblance, dans sa différence à un modèle préexistant. Cette différence peut avoir un intérêt didactique comme dans la reprise de la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi » par Françoise Sagan. Dans la fable de Sagan, la morale est inversée : la fourmi conservatrice est exhortée à solder son stock par la cigale fêtarde. Le lecteur peut aussi trouver un intérêt ludique à des reprises stylistiques. On pouvait citer les Exercices de style de Queneau.

Mais cette dissemblance n’existe que par rapport à un modèle reconnu comme tel par le lecteur ! Il faut donc répondre positivement au sujet en prenant le terme de ressemblance au sens large, comme lien, comme rapport entre un texte et un autre, postérieur. On pouvait s’appuyer sur l’adage, normalement connu des élèves, de La Bruyère : « Tout est dit et l’on vient trop tard depuis plus de 7000 ans qu’il y a des hommes et qui pensent ». Pour exemple, prenons la réutilisation d’un personnage-type comme l’avare : ce personnage a été introduit en littérature par Plaute, a été repris par Molière puis par Louis de Funès. Par ailleurs, et c’est là le cœur du sujet, le plaisir de la réécriture est un plaisir de la reconnaissance d’un modèle, c’est le plaisir d’une complicité intellectuelle entre l’auteur et le lecteur. Ex : la reprise du roman La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette par Christophe Honoré dans le film La Belle Personne.

Mais, finalement, les réécritures les plus réussies ont-elles vraiment besoin de ce plaisir de la reconnaissance ? C’est la force du mythe ou de l’histoire qu’elles reprennent qui leur garantit leur succès. On pouvait citer la pièce de Wajdi Mouawad, Incendies, qui réécrit véritablement le mythe d’Œdipe dans un autre contexte, celui de la guerre du Liban.

Ecriture d’invention : Poursuivez le texte de Dumas


Il fallait, pour ce sujet classique, repérer dans le texte de Dumas les éléments de style à reproduire. On pouvait, par exemple, relever des descriptions romantiques, colorées, mettant en scène les éléments de la nature, ou bien l’animalisation du Masque (« rugissement » ou la présence d’une voix ferme), ou encore la dimension fantastique du texte. Une fois ces critères établis, il fallait continuer le récit de Dumas en respectant bien les marques d’un récit au passé : on attend d’un élève qui aura choisi ce sujet qu’il ne se trompe pas dans ses passés simples !
Comme le sujet indique à l’élève de se diriger vers un monologue intérieur, il était judicieux de s’inspirer du texte C, de Victor Hugo, pour développer l’amertume du personnage.
Enfin, les circonstances qui l’ont conduit en prison devaient être à la fois crédibles et originales… C’est toute la difficulté du sujet d’invention !


Série ES : Economique et sociale / S : Scientifique(Coef. 2)


Le corpus proposé était composé d’un extrait de Marcel Proust Du côté de chez Swann, « Combray »,d’un extrait de Marguerite Duras , Un barrage contre le Pacifique et un extrait d’Albert Camus, le Premier homme, Première partie, chapitre 6 « la famille ». Il s’agissait d’un sujet classique puisque les auteurs sont connus et souvent étudiés et attendu puisque l’objet d’étude « Le personnage de roman du XVIIème à nos jours » n’était pas tombé depuis longtemps. Dans son ensemble le sujet ne présentait pas de difficulté particulière pour les élèves si ce n’est l’ambiguité du verbe « se construit « utilisé dans la formulation du sujet de dissertation.
La question de corpus : les personnages de ces romans sont-ils touchés de la même manière par l’univers fictif qu’ils découvrent ?
Comme il s’agit d’adopter impérativement une démarche COMPARATIVE et qu’en aucun cas, il ne faut travailler texte par texte, on peut associer les textes de Duras et de Camus qui proposent les réactions plutôt positives d’un ou plusieurs spectateurs et les opposer à Proust,qui lui, exprime des sentiments plus négatifs face au spectacle médiéval proposé par sa lanterne magique.
Dans le texte de Proust, les sentiments exprimés traduisent l’anxiété, la douleur, la tristesse liées à l’angoisse du coucher loin de sa mère et de sa grand-mère alors même que la lampe magique, le stratagème utilisé pour » [le] distraire les soirs où on [le]trouvait l’air trop malheureux » ne semble pas fonctionner.En effet, les figures projetées modifient la perception qu’il a de sa chambre pour la rendre plus inquiétante encore.
Dans les deux autres textes, les personnages assistent à la projection d’un film dont on ne connaît pas le titre exact. Chez Duras, le personnage s’identifie à l’héroïne du film d’autant plus que la focalisation est externe. C’est une jeune femme dont le portait est mélioratif et qui vit dans un cadre enchanteur puisqu’on evoque le carnaval de Venise et des amours révées.On sent donc l’admiration , l’enthousiasme en particulier dans l’exclamation qui exprime le souhait :« On voudrait bien être à leur place . Ah ! comme on voudrait ». Chez Camus, le narrateur nous fait part des réactions successives de sa grand-mère face aux différents films ( grand film ou film à épisodes) qu’elle peut voir : elle semble particulièrement être sensible au suspens et à des situations caricaturales qui procurent des sensations fortes comme lorsqu ‘elle voit « le héros musclé portant dans ses bras la jeune fille blonde et blessée » . Il nous fait également part des réactions des autres spectateurs moins enthousiastes et disciplinés qu’elle comme le montrent « les lazzis » et la présence de l’agent « muni d’un nerf de bœuf ».

Dissertation


Il s’agit de montrer dans quelle mesure le contact entre le personnage et la réalité permet à celui-ci de se construire, d’évoluer. On se centrera sur la relation du personnage au monde.
On peut donc proposer les axes suivants qui s’appuieront sur des œuvres littéraires connues des élèves , celles-ci seront analysées et ne devront en aucun cas juste servir de simples illustrations.Dans tous les cas, le candidat doit utiliser tout ou partie des textes du corpus.
1. Le personnage utilise la réalité pour se construire , il évolue au contact de ceux qu’il rencontre dans diverses situations, on peut donc travailler sur des romans réalistes du XIX ème qui sont aussi des romans d’apprentissage. L’exploitation de personnages comme Rastignac dans Le Père Goriot, de Bel-Ami de Maupassant, de Denise dans Au Bonheur des Dames de Zola, de Julien Sorel dans le Rouge et Noir de Stendhal semble particulièrement bienvenue.
2. Le héros se détache du monde réel dans lequel il vit parce qu’il lui est totalement indifferent et pour démontrer cela on exploitera L’Etranger de Camus.
Il peut aussi s’en détacher pour le contester comme le fait Bardamu dans Le Voyage au bout de la nuit de Céline ou d’une façon différente Anne Desbaresde dans Moderato Cantabile de Marguerite Duras.
3. Le héros cherche à s’échapper totalement du réel pour entrer dans un autre univers qui peut être celui de la lecture comme le montrent Emma Bovary dans le roman éponyme de Flaubert ou le narrateur dans les Mots de Sartre, ou celui du cinéma comme on peut le démontrer grâce aux textes du corpus de Duras et de Camus.

L’invention


On ne demande pas de faire un pastiche, mais bien de réexploiter les procédés utilisés dans les extraits pour raconter une séance de cinéma marquante. Il faut donc procéder « la manière de « sans recopier des passages.
La difficulté du sujet réside dans le choix pertinent du film qui fait l’objet de la séance et dans la capacité à exploiter le vocabulaire des sentiments pour montrer combien le film a été captivant et de faire partager les réflexions en utilisant du discours indirect libre.

Commentaire


Eléments d’introduction : Marguerite Duras est un auteur du XXème siècle qui appartient au mouvement littéraire du Nouveau roman et qui a obtenu le prix Goncourt pour son roman L’Amant. Elle a aussi adaptée plusieurs de ses romans au cinéma, c’est donc un art qui la fascine tout particulièrement. Le roman dont nous avons un extrait date de 1951, le passage raconte comment l’héroîne qui mène une existence misérable se retrouve dans une salle de cinéma alors même qu’elle était partie à la recherche de son frère.
Problématique et plan proposés : En quoi Suzanne vit-elle une parenthèse enchantée grâce à une projection de cinéma ?
I) La salle de cinéma comme un oasis de bonheur
a) La rupture avec le réel
b) Une salle pleine de promesses
II) Un film romanesque
a) Une identification totale
b) Les clichés romanesques
III) Le film comme moyen d’évasion
a) Un film aux antipodes du quotidien de Suzanne
b) Un film excitant


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