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Bac 2018 : les corrigés de philosophie

Après les sujets de l'épreuve, voici les corrigés du Bac Philo 2018 (Séries générales et technos)

Épreuve tant redoutée, qui lance les épreuves du Bac. Voici les corrigés de philosophie, première épreuve passée ce lundi par les candidats des séries générales et technologiques au Bac 2018.

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Examen du lundi 18 juin 2018 de 8h à 12h
Durée de l'épreuve de philosophie : 4h

Corrigés Séries L - Corrigé des Séries ES - Corrigé des Séries S - Corrigé des Séries Techno

Les propositions qui suivent ne constituent pas une correction définitive mais des éléments de réflexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'épreuve de philosophie, sont avant tout l'exercice réfléchi du jugement et le témoignage d'une culture philosophique initiale.

Corrigé du Bac Philo Série L : Littéraire (Coef. 7)



Corrigé Sujet 1 : La culture nous rend-elle plus humain ?


Le sujet est assez classique dans sa formulation.
La première chose à faire ici est de se demander, de façon un peu innocente : pourquoi, alors que la culture est par essence humaine, elle ne nous rendrait pas humain et même plus humain ? Le rôle de la culture n’est-il pas de nous détacher de l’animalité, par exemple ?

Le sujet sous-entend deux éléments :
1) la distinction nature/culture (si la culture nous rend plus humain, nous sort-elle alors de plus en plus de la nature ?),
2) la notion de progrès qu’implique le « plus » : plus humain que quoi ? Cependant, ce « plus » sous-entend que nous sommes déjà quelque peu humains avant l’apparition de la culture, ou même sans culture.

Ainsi, reformulée, la question peut donner : Le passage de la nature à la culture nous améliore-t-il dans notre humanité ?
La difficulté du sujet réside notamment dans les définitions ainsi que l’analyse des concepts de « culture », d’« humain », sans négliger le verbe « rendre ».

Le mot « culture » est prioritairement à prendre au sens de « civilisation », « société », tel qu’il a dû être défini en tant que tête de chapitre du programme « La culture ». Très secondairement, on pouvait, à un moment donné, parler de culture au sens du savoir, au même titre que les notions du programme qui composent l’analyse de la notion de culture (l’histoire, le langage, l’art, etc.).

Question fondamentale à se poser : qu’est-ce qu’être humain ? Mot définissable par distinction (culture/nature) mais aussi en soi : la culture comme ensemble d’activités que l’être humain développe.

Il convenait aussi de s’interroger sur le verbe « nous rend-elle » qui suppose une progression du l’humanité de l’être humain, en quelque sorte, un mouvement, une évolution.

Les notions du programme en jeu dans le sujet sont : « la culture » (et possiblement les notions qui composent cette tête de chapitre), « autrui », mais aussi ce qui peut tantôt être questionné comme étant le propre de l’homme (« la raison », « la conscience ») ou encore des interrogations proprement humaines sur « la liberté » (la culture nous rend-elle plus humain en nous rendant plus libres ?) ; des notions du programme pouvaient aussi être vues comme moyens ou conditions de notre humanité ou au contraire de notre inhumanité (par exemple « la technique »).

Quelques auteurs possibles :
Descartes, Traité de l’homme.
Hobbes, Léviathan.
Rousseau, Discours sur l’origine est les fondements de l’inégalité parmi les hommes et Contrat social, livre 1
Nietzsche, Humain trop humain.
Heidegger, La question de la technique.

Il était possible de raisonner selon le plan suivant :
I - La culture nous rend, par définition, plus humains à l’égard de nous-mêmes : par elle nous nous détachons de plus en plus la nature et de l’animalité.
II - La culture nous rend plus humain sans pour autant nous détacher de la nature et de l’animalité, à l’égard desquelles nous conservons un intérêt bienveillant.
III - La culture est au contraire ce qui produit les moyens d’une inhumanité à l’égard de nous-même comme à l’égard des autres êtres.

Ouverture : on pouvait terminer par un problème actuel, par exemple, le transhumanisme, en se demandant si ce progrès de la culture ne nous transformerait pas en machine.

Corrigé Sujet 2 : Peut-on renoncer à la vérité ?


Le sujet est assez classique dans sa formulation.
D’abord, il faut s’étonner d’une telle question : pourquoi, alors que nous tenons tant, en règle générale, à la vérité, pourrions-nous y renoncer ?

La question « Peut-on renoncer à la vérité ? » implique qu’il y aurait quelque chose, finalement, de négatif dans la vérité, de trois points de vue. D’abord du point de vue de la connaissance : bien qu’attaché à la vérité, on envisage ici la possibilité de renoncer à la connaissance vraie (alors pourquoi ?). Ensuite d’un point de vue moral : possédant une vérité, ai-je le droit d’y renoncer ? Enfin, d’un point de vue psychologique : puis-je renoncer à une vérité douloureuse ?

Une difficulté (un « piège ») se trouve dans l’énoncé : il s’agit de « renoncer à la vérité » et non à la recherche de la vérité. Ce qui veut dire : j’ai une vérité et j’y renonce (et non je cherche la vérité, je ne la trouve pas, et je renonce à cette recherche).

La mot « vérité » a à être pris dans différents sens, afin d’ouvrir la question et les possibilités de plan. Par exemple, la vérité comme adéquation entre la pensée ou la parole d’une part, et le réel d’autre part. Dans ce cas, pouvoir renoncer à la vérité, c’est pouvoir renoncer à dire ce qui s’est passé, ou à y penser (évidemment, en précisant pourquoi nous serions amenés à un tel renoncement, et si, moralement, nous le pouvons).

Le verbe « peut-on » se questionne donc d’un point de vue moral (avons-nous le droit ?) mais aussi d’un point de vue psychologique : est-il possible de se détacher d’une vérité dont nous aurions au fond besoin ? Sans oublier le point de vue de la connaissance elle-même : si un savoir est vrai, ne s’impose-t-il pas à nous ?

Il faut aussi considérer le « la » de « la vérité » : la question n’est pas « Peut-on renoncer à une vérité ? », en particulier, mais à la vérité en général. Il faut se demander s’il existe une vérité générale, voire universelle.

Il faut être concret et analyser les conséquences possibles de ce renoncement : le mensonge, l’oubli, par exemple.

Les notions du programme en jeu dans le sujet sont : la vérité, la raison et le réel, la conscience, la liberté (suis-je libre de renoncer à la vérité ?) notamment.

Il était possible de raisonner selon le plan suivant :
I - On ne peut renoncer à la vérité car cette dernière s’impose à nous, par exemple scientifiquement.
II - On ne peut moralement renoncer à la vérité car cette dernière relève du devoir (de vérité, de mémoire).
III - On peut renoncer à la vérité quand celle-ci s’avère douloureuse.

Auteurs possibles :
Sextus Empiricus, Hypotyposes pyrrhoniennes.
Descartes, Méditation métaphysique, 2.
Nietzsche, Le gai savoir.

Ouverture : mettre en lien avec la notion de bonheur par exemple (renoncer à la vérité rend-il heureux ?)

Corrigé Sujet 3 : explication de texte : Texte de Schopenhauer


Le sujet 3 est difficile dans son approche et son traitement car son concept central n’est pas contenu directement dans le programme des notions (ce qui est tout à fait possible et prévu puisque les sujets de philosophie ne sont pas des questions de cours, mais de véritables sujets de réflexion sur un problème qu’une interrogation ou qu’un texte soulève)

Il ne fallait donc pas chercher à plaquer mécaniquement sur le texte de Schopenhauer des connaissances apprises par cœur.

La notion centrale du texte est : la peur. Il faut avoir fait plusieurs lectures attentives du texte, jusqu’au bout, pour voir ce concept. Ce dernier est présenté en fin de texte comme la récapitulation d’une argumentation.

Que dit Schopenhauer sur la peur (la thèse du texte) ? : la peur qui peut nous retenir d’agir est plus ou moins consciente car nous cachons ce sentiment (un peu honteux) par une cause plus « noble », « des raisons purement morales ».

Cette notion de peur est analysée dans le 2nd paragraphe. Le rôle du 1e paragraphe est d’amener et de faire comprendre a contrario la peur, par son contraire donc, à savoir le désir (encore et toujours de façon plus ou moins consciente) de voir quelque chose arriver, mais qu’on peut se cacher à soi-même.

Cette argumentation est assez concrète : comment, en nous, la peur se forme-t-elle ? Il ne s’agit pas de la peur brutale qui nous saisit face à un monstre par exemple, mais du sentiment diffus, plus ou moins conscient, qui s’installe en nous dès que nos avons une décision importante à prendre ou une action cruciale à accomplir.

La peur peut être ici comprise comme la peur de perdre, la peur d’affronter des situations incertaines ou de devoir prendre des risques.

C’est au fond un texte à dimension morale (philosophie de l’action) et psychologique (philosophie des sentiments) sur les « motifs » (encore une fois, plus ou moins conscients) qui nous retiennent (ou nous poussent).

Notions du programme en jeu : la vérité, la conscience et l’inconscient, la morale, le désir, le devoir.

Corrigé du Bac Philo Série ES : Economique et sociale (Coef. 4)



Corrigé Sujet 1 : Toute vérité est-elle définitive ?


Le premier sujet de la série ES est assez classique puisqu'il confronte la notion de vérité avec son caractère temporel et relatif. Le sujet est très large et n'a donc pas de plan type. Il faut d'abord que le candidat se consacre à une définition des notions. La vérité se définit traditionnellement comme l'adéquation entre nos pensées et le réel. Le réel existe, il est présent mais pouvons-nous le connaître définitivement pour autant ? C'est là l'enjeu de la question. Les candidats doivent s'attarder sur la notion "définitive". Ce qui est définitif est considéré comme achevé, certain, irrévocable. Enfin il fallait noter que le sujet demande si "toute" vérité est définitive, ce qui sous-entend la possibilité de distinguer plusieurs formes de vérité.

Une première hypothèse que les candidats pouvaient envisager est tout simplement de constater que la vérité, peu importe le domaine dans lequel nous nous inscrivons, semble connaître des évolutions. De façon privilégiée, ce que nous dit la science à propos du réel subit des transformations, voire des révolutions, au cours du temps.

Mais, pour autant, cette évolution remet-elle en cause la notion de vérité ou, au contraire, notre capacité à y parvenir ? Il faut alors dégager une méthode d'accès à la vérité. La démonstration est le moyen privilégié pour réaliser cet objectif. Cette méthode possède néanmoins le risque de s'éloigner du réel à cause de son caractère trop formel, ce qui nous éloignera également de la vérité entendue comme adéquation au réel.

Peut-être faut-il donc distinguer au sein même de la vérité plusieurs formes possibles. Il y aurait des vérités définitives comme celles du cogito cartésien ou certaines vérités de la science et d'autres qui sont vouées à évoluer au cours du temps comme les vérités qui reposent sur une interprétation.

Les auteurs pour un tel sujet sont nombreux. Les candidats pouvaient faire référence au débat entre Platon et Protagoras en ce qui concerne la relativité de la vérité ou encore à l'allégorie de la caverne. Le cogito cartésien apparaît comme une référence importante. L'opposition entre phénomènes et noumènes (réalité intelligible, opposée au phénomène sensible, NDLR) proposée par Kant peut être utile. Sinon, ils pouvaient aller chercher des auteurs en épistémologie comme Popper, Duhem...

Corrigé Sujet 2 : Peut-on être insensible à l'art ?


Le deuxième sujet est intéressant puisqu'il repose sur un paradoxe. A première vue, il semble difficile d'être insensible à l'art puisque l'essence même de l'art est d'interpeller notre sensibilité. L'art n'a pas seulement pour fonction de toucher notre sensibilité, il a également une fonction intellectuelle, mais il y parvient normalement en passant par nos sens.

Il faut donc, dans un premier temps, travailler ce paradoxe en insistant sur le fait que l'art est le propre de l'homme. Il témoigne de notre appartenance à une culture et donc à l'humanité. L'art est donc essentiel à l'homme et il apparaît difficile d'y être insensible.

Pourtant, il arrive que nous ne soyons pas touchés par certaines formes d'art. Il faut alors faire subir au sujet une légère inflexion. S'il semble difficile qu'un individu soit insensible à tout art, il peut l'être à certaines manifestations de l'art. C'est un phénomène que l'on retrouve par exemple avec l'insensibilité qu'une partie du public peut éprouver à l'égard de l'art contemporain.

Il faut alors rechercher la cause de cette insensibilité et on voit assez vite qu'elle repose souvent sur une certaine incompréhension, ce qui permet de renverser le rapport traditionnel que l'on attribue entre sensibilité et intellection. Il est peut-être nécessaire de comprendre une oeuvre pour y être sensible et non l'inverse.

Les candidats pouvaient faire référence aux travaux de Hume sur la sensibilité, à ceux de Kant sur la manière de distinguer l'agréable du beau. Ils pouvaient également utiliser des auteurs plus contemporains comme Danto ou Goodman sur la relation du public à l'art contemporain. Il était également possible de solliciter Hegel pour insister sur l'importance de l'intellect en art.

Corrigé Sujet 3 : explication de texte : Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse


Le texte proposé aux élèves de ES est assez simple dans sa formulation mais peut avoir un caractère déroutant pour les candidats car il ne renvoie pas clairement à une notion du programme.
Son objet concerne le rapport à autrui et, plus particulièrement, l'influence que peut avoir autrui sur nous du fait de son autorité.

Le problème que se pose ici Durkheim est de savoir comment certains individus exercent-ils une influence sur les autres ? Comment le rapport d'autorité se manifeste-t-il ?

Il défend la thèse selon laquelle l'autorité provient d'une reconnaissance en une "énergie psychique" particulière qui limite la volonté de celui qui obéit. L'enjeu du texte est donc de travailler ce rapport si particulier qui existe entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent.

Le texte est divisé en deux parties. Dans un premier temps, l'auteur s'attache à travailler le rapport d'autorité avant de l'appliquer au cas particulier du commandement dans une deuxième partie.

Les candidats devaient d'abord définir les notions d'obéissance, d'autorité morale, d'énergie psychique. Il est bon d'insister sur le caractère étonnant de cette notion d'énergie psychique. Le rapport entre notre volonté et celle de celui qui impose le respect doit être traité. Les notions de prescription et de commandement sont importantes. Il faut également réfléchir à la notion d'intensité. Le texte n'est pas forcément complexe mais demande une attention particulière. Le risque pour les candidats est de faire une longue paraphrase du texte au lieu de réaliser un travail patient d'explication.

Vidéo. Retrouvez les corrections du Bac Philo 2018 en Facebook Live



Corrigé du Bac Philo Série S : Scientifique (Coef. 3)



Corrigé Sujet 1 : Le désir est-il la marque de notre imperfection ?


Sujet assez classique (le désir), formulation assez inédite. Assez difficile à cause de la notion d’imperfection qu’il faut bien analyser. Reformulée, la question donne : Le désir est-il notre noblesse possible ou notre misère réelle ? Progrès ou décadence ?

Il faut préciser le sens de « marque » (qui est une métaphore), qui signifie : la preuve, ou encore l’indice, ou le signe de reconnaissance de notre imperfection.

Il fallait voir les différentes définitions, acceptions et conception du désir afin de trouver des pistes différentes. Par exemples :
- Le désir comme manque, souffrance, désespoir, frustration. Dans ce cas, le désir est la marque de notre imperfection.
- Le désir opposé au besoin, comme tendance noble vers quelque chose de bon : dans ce cas, le désir peut, dans son mouvement et dans sa réalisation, tendre vers la perfection morale.

Il est également intéressant de bien creuser les implications du mot « imperfection » :
- le contraire de la perfection : se demander si nous pouvons être parfaits ;
- la possibilité d’un perfectionnement, d’une amélioration : devenons-nous meilleurs (moralement par exemple) si nous renonçons au désir ou à certains désirs ?

Les notions du programme en jeu dans le sujet sont : le désir, la morale, la culture, la conscience, la liberté.

Quelques auteurs possibles :
Épicure, Lettre à Ménécée.
Épictète, Manuel.
Spinoza, Ethique.
Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.

Il était possible de raisonner selon le plan suivant :
I - Le désir est la marque de notre imperfection.
II - Le désir n’est la marque que d’une certaine imperfection, tout dépend du désir dont on parle.
III - Le désir est la marque, non de notre perfection (nul n’est parfait), mais le moyen de notre perfectionnement, et donc la marque de notre perfectibilité.

Ouverture : on pouvait ouvrir sur la question fondamentale de notre liberté face à nos désirs.


Corrigé Sujet 2 : Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?


Le sujet est assez difficile dans sa formulation, et assez inédit en S.
Le problème de cette question repose sur deux distinctions, entre « injustice » et « juste », entre « éprouver » et « savoir ».

La première distinction nécessite de bien reprendre des définitions de la justice vues en cours, puis de définir a contrario ce qu’est l’injustice : peut-on comprendre l’injuste par son contraire ?

La seconde distinction repose sur la dualité sentiment/ raison, « éprouver » affectivement VS « savoir » rationnellement. Il faut se demander si un sentiment (d’injustice) peut reposer sur une idée (de justice). Eprouver l’injustice est-il naturel ou nécessite-il un savoir, moral, juridique, ou encore politique ?

Reformulée, la question donne : Faut-il posséder une idée rationnelle de la justice pour ressentir l’injustice ? La connaissance du juste est-elle une condition préalable à tout sentiment d’injustice ?

Il faut donc bien se demander en quoi consiste le problème, car habituellement nous pensons que le sentiment d’injustice est premier (l’exemple du jeune enfant qui ressent de l’injustice sans forcément connaître l’idée de justice) et que l’idée de justice est le fruit d’une rationalisation secondaire.

Il faut préciser également « nécessaire » : ici, une condition impérativement requise.

Les notions du programme en jeu dans le sujet sont : la justice, le droit, le sujet, la conscience, la raison.

Il était possible de raisonner selon le plan suivant :
I - Eprouver l’injustice est une condition préalable et nécessaire à la connaissance du juste
II - Il faut avoir une idée du juste pour ressentir authentiquement l’injustice
III - On éprouve d’abord l’injustice de laquelle on se forge une idée du juste, idée qui sert alors à juger rationnellement l’injustice

Auteurs possibles :
Platon, République (mythe de Gygès).
Aristote, Ethique à Nicomaque.
Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.
Rawls, Théorie de la justice.

Ouverture : s’interroger sur les liens entre justice, injustice et bonheur.

Corrigé Sujet 3 :Texte de Mill


Le sujet est très difficile dans son approche et son traitement.

Le texte porte sur la question du possible lien de causalité entre les lois et les phénomènes de la nature d’une part, les autres phénomènes, humains et sociaux d’autres part.

Le problème peut être posé ainsi : habituellement, les lois et les phénomène humains et sociaux se comprennent indépendamment des lois et phénomènes de la nature.

Mill prend le contre-pied de cette idée et énonce la thèse suivante : tous les phénomènes humains sont en même temps des phénomènes de la nature. Pourquoi ? Car les lois qui régissent la nature et la société sont les mêmes. Or, la nature étant antérieure à la société, la première détermine la seconde.

L’idée doit être précisée ainsi tout au long de l’analyse : les lois sont toujours les mêmes, ce sont les circonstances dans lesquelles les lois s’appliquent qui changent (circonstance naturelles VS circonstances sociales).

Il était bon de donner quelques exemples, finalement simples : la loi physique de la pesanteur qui s’applique dans la nature, s’applique aussi à dans société humaine (mais pas sur les mêmes réalités et pas dans les mêmes circonstances)

Notions du programme en jeu :
la raison et le réel, la démonstration, la culture.

Corrigé du Bac Philo Séries Technologique sauf STHR (Coef. 2)


Les propositions qui suivent ne constituent pas une correction définitive mais des éléments de réflexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'épreuve de philosophie, sont avant tout l'exercice réfléchi du jugement et le témoignage d'une culture philosophique initiale.

Corrigé Sujet 1 : L'expérience peut-elle être trompeuse ?


Le premier sujet proposé aux séries technologiques est classique mais peut apparaître complexe aux candidats.
Il faut d'abord définir les notions du sujet. La notion d'expérience est assez large puisqu'elle traverse l'ensemble de notre existence. Il est possible de la définir comme une certaine épreuve conduisant à une connaissance ou à une maîtrise. On la retrouve dans notre quotidien mais aussi plus particulièrement dans le domaine scientifique. Le caractère trompeur d'une chose signifie que celle-ci nous fait croire qu'elle nous donne accès à la vérité alors qu'elle nous induit en erreur.
L'idée de tromperie est particulièrement importante pour la notion d'expérience puisqu'elle se donne comme le moyen d'engranger des savoirs ou de maîtriser des techniques. Il apparaît donc, à première vue, que l'expérience n'est pas trompeuse.
Pourtant, le temps fait que nous nous rendons parfois compte qu'une expérience nous a trompé et que ce que nous pensions être vrai s'est révélé faux.
Mais qu'est-ce qui nous a permis de prendre conscience de cette tromperie ? L'expérience elle-même. C'est là le paradoxe de l'expérience. Même si elle peut parfois être trompeuse, elle est le seul moyen que nous avons pour la corriger. C'est donc l'expérience qui permet de corriger l'expérience.

Les candidats pouvaient utiliser les oeuvres d'Aristote ou de Locke pour montrer que l'expérience constitue notre premier mode d'accès à la vérité. Il était bon d'utiliser Descartes et le doute systémique qu'il utilise pour montrer que nos expériences sont parfois trompeuses. Enfin, les candidats pouvaient utiliser un auteur comme Bachelard pour défendre l'idée selon laquelle l'expérience scientifique vient corriger notre expérience première.

Corrigé Sujet 2 : Peut-on maîtriser le développement technique ?


Le deuxième sujet est assez classique également mais possède certains échos avec l'actualité et les craintes que peut provoquer le développement technique.

La notion de technique se définit comme l'ensemble des moyens utilisés par l'homme pour transformer son milieu. La technique est une caractéristique qui accompagne l'humanité depuis ses débuts et qui a permis à l'homme d'ériger une culture. Elle est donc une aide fondamentale pour l'homme si bien qu'il peut difficilement s'en passer.

Pourtant, la technique a connu un développement tel qu'il semble de plus en plus difficile d'en maîtriser les effets. La question apparaît alors de savoir si nous restons les maîtres de nos créations ou si elles finissent par nous échapper.

Il faut donc réfléchir aux moyens de maîtriser notre développement technique. Une première réponse consiste à dire que ceux qui contribuent au développement technique, les ingénieurs, sont les mieux placés pour limiter leurs propres inventions. Une autre réponse possible consiste à dire que cette maîtrise doit venir d'une volonté politique, celle des dirigeants ou celle des citoyens. Dans les deux cas, il semble difficile d'envisager une maîtrise du développement car la concurrence est telle que la course au progrès ne semble pas prête de connaître un terme.

Pour ce sujet, les candidats pouvaient faire référence à Bergson et sa définition de l'homme comme homo faber. Descartes semble une référence incontournable pour ce sujet. Il est celui qui défend l'idée d'une maîtrise de la nature grâce à la technique. Jonas est aussi une référence importante pour ce sujet puisqu'il met en garde contre les dangers du développement technique et de sa difficile maîtrise.

Corrigé Sujet 3 : Montesquieu, De l'esprit des lois


1/
Le texte de Montesquieu proposé aux candidats des séries technologiques est intéressant puisqu'il va contre certaines idées reçues concernant ce qu'il faut entendre par liberté dans une démocratie.
L'idée principale du texte de Montesquieu est de définir ce qu'est la liberté politique, à savoir le fait de pouvoir faire ce que les lois nous autorisent et l'importance de l'adhésion à ces lois par les citoyens. Il développe son argumentation en deux temps. Il insiste d'abord sur l'erreur de jugement qui peut être attribué aux démocraties. Elles ne sont pas des régimes où chacun fait ce qu'il veut. Au contraire, elles sont encadrées par des lois nécessaires au bon fonctionnement de la société. Montesquieu montre ensuite le risque que pourrait courir la démocratie si chacun use de sa liberté en fonction de sa seule volonté et non selon le respect des lois.
2/
La phrase "dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut" insiste sur l'image que peut renvoyer la démocratie, à savoir celle d'un régime au sein duquel chaque citoyen peut suivre sa volonté et ses désirs sans devoir rendre de compte à la loi. Il s'agit là évidemment d'une apparence car en démocratie, comme dans tout régime, la loi organise la société et donc encadre les volontés individuelles.
La phrase "la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir" insiste sur le rapport que le citoyen doit entretenir à l'égard des lois. Le respect des lois doit constituer un devoir supérieur au respect de sa volonté individuelle. Cela signifie que le citoyen doit comprendre tout l'intérêt qu'il a de respecter la loi.
Montesquieu propose de distinguer indépendance et liberté. L'indépendance est la capacité de l'individu de vivre seul, ce qui lui permet de ne suivre que sa volonté. Or, du fait même de son appartenance à la société cette indépendance doit être inscrite dans le projet plus général de la société. Si le citoyen souhaite ne suivre que son indépendance, il risque d'en faire les frais puisque les autres feront de même, ce qui mettra en danger la société dans son ensemble.
3/
La liberté se définit en apparence comme la capacité pour un individu de faire ce qu'il veut, c'est-à-dire de suivre sa volonté et ses désirs. Pourtant, si tous les individus ne font que suivre leurs désirs, ils risquent de tomber dans une forme de guerre généralisée que Hobbes appelle “état de nature”. Il faut alors contraindre les volontés individuelles par la loi, ce qui permet aux citoyens d'augmenter leur liberté. Les lois apparaissent ainsi nécessaires à la liberté.

Pour ce sujet, les candidats peuvent faire référence à Hobbes et à la définition qu'il propose de l'état de nature. Il est possible évidemment de reprendre le texte de Montesquieu. Rousseau appraît également comme un auteur important pour ce sujet.


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