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Bac 2020. Notes, bonus, oraux… comment va s'organiser le contrôle continu
C’est une première : à cause du coronavirus, le diplôme reposera seulement sur les résultats obtenus en classe au premier et deuxième trimestres.
Avant la fin de la semaine, assure-t-on au ministère de l’Education nationale, sera publié au Journal officiel le décret précisant les modalités d’une première en France : l’organisation du baccalauréat en contrôle continu uniquement.

Crise sanitaire du Covid-19 oblige, les élèves de terminale décrocheront leur bac grâce à leurs notes obtenues au cours de l’année, comme a annoncé le 3 avril le ministre, Jean-Michel Blanquer. Mais selon quelles modalités ? Le texte répondant à ces questions est attendu de pied ferme par les enseignants et les chefs d’établissement, ainsi que par une partie des jeunes. Pas tous.

Ainsi de cet élève de terminale technologique, dans la banlieue de Mulhouse (Haut-Rhin), qui a déjà rayé le bac de son paysage, persuadé d’être recalé. « Honnêtement, il a lâché l’affaire, et c’est encore pire depuis le déconfinement, confie sa mère, Valérie. Il est dehors avec ses copains, on ne le voit presque plus à la maison. Je me suis faite à l’idée qu’il allait redoubler sa terminale. »

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Le jeune homme n’est pourtant pas à l’abri d’une bonne surprise : la bienveillance devrait régner dans les jurys, à en croire les premières indications sur la procédure, présentées à la mi-mai aux organisations syndicales. « Il serait temps qu’on soit fixés, cela commence à faire long », s’impatiente Paul-Alexandre, en terminale S dans un lycée de Neufchâteau (Vosges), qui patiente avec un tableur sous les yeux : il a déjà compilé toutes ses notes, et spécule sur son score avant l’annonce des résultats le 7 juillet. « Je mise sur la mention assez bien », confie-t-il.

Voici ce que l’on sait du déroulement de l’examen, en trois questions.

Comment les notes seront-elles calculées ?


Sera retenue, dans chaque matière, la moyenne des deux moyennes inscrites sur les bulletins du premier et du deuxième trimestre. Les coefficients de chaque discipline restent inchangés. Les travaux effectués à distance, après la fermeture des lycées le 16 mars, ne comptent pas.

Mais surtout − excellente nouvelle pour les candidats − ces moyennes seront systématiquement arrondies au point supérieur. Ainsi, un 8,1/20 de moyenne sera automatiquement transformé… en 9/20 ! Ces bonus, qui vont se cumuler dans chaque matière, pourraient doper considérablement les collantes. « Cela permettra de compenser… Il est beaucoup plus difficile d’avoir très bien en contrôle continu, que sur un seul écrit au bac », apprécie Paul-Alexandre.

Comment les résultats seront-ils harmonisés ?


Les notes ne seront pas seules dans la balance. « Le jury peut également, pour l’établissement des notes définitives, valoriser un engagement, les progrès et l’assiduité du candidat », stipule le projet d’arrêté présenté le 11 mai au Conseil supérieur de l’éducation. Dans chaque département, un jury, composé d’un inspecteur général, un représentant du monde universitaire et des enseignants, examinera les livrets scolaires, débarrassés des noms et prénoms des candidats, avec sous les yeux les appréciations de leurs enseignants.

Ils auront une autre boussole : les taux de réussite et de mentions obtenus dans le lycée d’origine en 2019. Un indicateur crucial pour redresser la barre des bahuts réputés sévères. « Les notes seront harmonisées de façon statistique, pas pédagogique : les jurys se débrouilleront pour retomber sur les résultats de l’année dernière », suspecte Claire Guéville, en charge des lycées au Snes-FSU, le principal syndicat du secondaire.

Et les oraux alors ?


Ceux qui ne passeraient pas la barre de 10/20 devraient être convoqués à un oral de rattrapage. De même, l’oral du bac français est à ce stade maintenu… mais avec déjà une jambe dans le vide. Car si les lycées rouvraient dans les départements classés « verts », en juin, « cela créerait une inéquité de traitement intenable avec les élèves des zones rouges », relève Philippe Vincent, porte-parole du principal syndicat des chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa. Et s’ils n’ouvraient pas du tout ? « Ce serait encore plus difficile… », assure ce proviseur. Au ministère de l’Education nationale, on affirme que toutes les options sont encore dans la balance. Le sujet devrait être tranché à la fin du mois.

Christel Brigaudeau

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Par LE PARISIEN - Le 20.05.2020