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Bachelor : des spécialisations de plus en plus nombreuses

Des fondamentaux… à l’expertise : de nombreux programmes complètent cette approche par une offre de spécialisations

Si le bachelor vise à former des middle managers polyvalents, avec une connaissance de base des principales fonctions de l’entreprise, de nombreux programmes complètent cette approche par une offre de spécialisations – sur un métier ou un secteur d’activité. Un bonus pour l’insertion ou un risque d’enfermement ?

Marketing, communication, finance, achats et logistique, banque et gestion de patrimoine… Le bachelor de Pôle Paris Alternance propose pas moins de neuf spécialisations de troisième année, qui complètent les six proposées lors des deux premières années du programme. « Elles correspondent directement aux besoins du marché de l’emploi, et donc améliorent l’insertion des diplômés », explique Jonathan Azoulay, directeur de l’école, qui souligne la dimension évolutive des spécialisations :
« Elles impliquent d’avoir une vision, même partielle, de son avenir professionnel, sans pour autant enfermer dans un métier. Chaque étudiant peut choisir une spécialisation puis changer d’orientation. »

Répondre aux besoins des entreprises

Suite aux deux premières années qui permettent de se tester sur différentes fonctions, et en complément des fondamentaux de la gestion et du management, c’est donc véritablement la spécialisation de dernière année qui marque l’orientation professionnelle.
À l’image de Pôle Paris Alternance, de nombreuses écoles ont choisi de donner une coloration particulière à leur programme. France Business School propose ainsi un bachelor axé sur le développement commercial – une fonction stratégique pour les entreprises. De son côté, l’EM Strasbourg a mis en place un parcours dédié aux créateurs d’entreprise, fondé sur l’apprentissage par l’action.
L’Istec, elle, offre à la fois un bachelor dédié à la communication et un bachelor business, programme qui prévoit en troisième année le choix d’une spécialisation : développement commercial, commerce en réseau et en franchise, entrepreneuriat. « Avant de proposer cette offre aux étudiants, nous avons mené un benchmark des métiers et des secteurs d’activité, en échangeant avec les professionnels, précise Alain Fronteau, directeur des programmes bachelor. Chaque année, 300 000 emplois disparaissent à cause du manque de repreneurs d’activité. Il y a là un potentiel important pour les aspirants entrepreneurs. » Une réflexion en amont sur les secteurs et fonctions les plus porteurs en termes d’emploi et de carrière : cette logique prévaut pour chaque spécialisation proposée par les écoles.



Nouveaux métiers

Les incessantes transformations de l’environnement économique fournissent également matière à la création de programmes spécialisés. La révolution numérique, avec le développement des technologies de l’information et de la communication, a un impact sur tous les secteurs d’activité. Un contexte qui a incité Telecom École de Management à lancer le bachelor Management and Information Technology en 2012. « Si les nouvelles technologies sont au cœur de ce programme, nous accordons une place importante aux fondamentaux du management et à la culture générale, insiste Aude Muller, responsable du bachelor. Il est important de proposer aux étudiants une grande diversité d’enseignements. » C’est pourtant bien la spécialisation qui fera la différence aux yeux des recruteurs, et permettra à ceux qui souhaitent s’insérer dans l’entreprise une fois diplômés de devenir community manager, webmestre ou encore assistant chef de projet web.
Elle est aussi un atout supplémentaire pour valoriser son diplôme. Elle s’adresse donc à des étudiants qui ont déjà une idée, plus ou moins précise, de ce qu’ils veulent faire. C’est surtout vrai pour les bachelors spécialisés dans un secteur d’activité. « En sortant du lycée, la plupart des étudiants n’ont qu’une idée très vague du métier qu’ils veulent exercer, reconnaît Maxime Gambini, directeur délégué de Sup de Co La Rochelle. En revanche, ils ont souvent des desiderata sur tel ou tel secteur qui les attire. » L’école a choisi de miser sur le management du tourisme avec un bachelor dédié, pour répondre à la grande diversité du secteur : transport, hébergement, restauration, agences de voyage et tour-opérateurs, etc.

Des secteurs d’activité en mutation

« Le développement des activités touristiques nécessite des profils bac+3 bien formés et offre un spectre très large de métiers », confirme Maxime Gambini, qui cite notamment l’essor des “revenue managers”, chargés de la politique tarifaire, très demandés par les entreprises. L’Emvol, qui dépend de l’ESC Troyes, déploie également une offre de programmes spécialisés dans le
tourisme. « C’est un secteur très porteur, qui a besoin de se professionnaliser en s’appuyant sur des diplômés de bachelor, indique Luc Florent, directeur de l’école. Pour répondre aux attentes des entreprises, le programme accorde une large place aux expériences professionnelles, via les stages, et une dimension internationale marquée. »
Comme Maxime Gambini, il met en avant le développement des nouvelles technologies et la montée en puissance des marchés émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, etc.). D’autres secteurs sont également en recherche de profils bachelors, comme l’aéronautique, la publicité ou le luxe. Parmi les six filières proposées aux étudiants de deuxième année, Toulouse Business School propose ainsi l’aviation. Un choix qui s’appuie sur deux postulats : la légitimité territoriale de l’école – l’aéronautique est très bien implantée dans le Sud-Ouest de la France – et la croissance de ce secteur, du fait du développement du trafic aérien international.

Un frein à la poursuite de carrière ?

L’École supérieure de publicité (ESP) a opté, pour sa part, pour quatre spécialisations de troisième année : stratégie communication-marketing, RP-événementiel, stratégie digitale, création.
« Chaque année, nous menons une enquête auprès des entreprises, pour nous assurer en permanence que nos programmes correspondent aux compétences recherchées, explique Christine Melous, directrice de l’école. Dans le secteur de la communication et de l’événementiel, de très nombreuses structures de type PME ont essentiellement besoin de profils bac +3, avec des perspectives d’évolution à la clé. » Premier exportateur mondial, fort de 200 000 emplois en France, le luxe est également présent dans les offres de bachelor. L’École internationale de marketing du luxe de Paris (EIML) propose logiquement un programme bachelor depuis plusieurs années. Pour Annabel Bismuth, la directrice académique du réseau GES, dont dépend l’école, « les débouchés sont nombreux, qu’il s’agisse de la vente et du merchandising, de la communication ou du marketing digital. Pour développer les compétences de nos étudiants, nous allons enrichir notre offre de séminaires thématiques (œnologie, joaillerie, etc.) ».

Si la dimension spécialisée du bachelor apporte une plus-value en termes d’insertion professionnelle, n’y a-t-il pas un risque concernant l’employabilité à long terme ?
« La reconversion peut être compliquée, estime Jonathan Azoulay. La principale solution est la formation continue, qui permet d’élargir son horizon. Dans tous les cas, les diplômés de bachelor ont les bases pour changer de voie ou prendre des responsabilités managériales. » De plus, comme le rappellent à la fois Maxime Gambini et Christine Melous, les spécialisations liées à un secteur d’activité attirent essentiellement des jeunes passionnés. Et c’est avec la passion que l’on fait les plus belles carrières !

G.M.


Ce qu’en disent les diplômés


« Je suis devenue responsable hébergement grâce à mon stage de troisième année »
Lorraine Genay, diplômée de l’Emvol 2013, responsable adjointe chez Huttopia


« Je ne voulais pas faire de longues études. Le bachelor Emvol répondait donc à mes attentes : un diplôme en tourisme très international, des intervenants professionnels et des stages obligatoires. Au bout de trois ans, je pouvais capitaliser jusqu’à un an d’expérience ! Pour mon stage de fin d’études, j’ai intégré Huttopia, une entreprise partenaire de l’école. Ce jeune concepteur de vacances nature connaît un formidable développement, notamment à l’étranger, et offre des carrières très intéressantes. Pendant six mois, j’ai appris le métier de responsable de camping : accueil, hébergement, administration, etc. Un quotidien prenant qui nécessite d’aimer le contact et de faire preuve de polyvalence. À la fin de mon stage, on m’a embauchée en tant d’équipière polyvalente, puis responsable adjointe pour le site de Millau. Grâce à l’Emvol, je travaille désormais dans l’univers que je souhaitais ! »

« Pour travailler chez les Anglo-Saxons, mon bachelor m’a beaucoup aidé »
Jérémy Chapuis, diplômé de Pôle Paris Alternance 2008, SEM Executive chez Nokia Londres


« Mon bachelor en communication interactive de Pôle Paris Alternance en poche, j’ai enchaîné les postes : protect manager Europe chez Venise, une web-agency de Paris, gestionnaire de campagne Google chez Populis, puis des sites web France chez Lenovo, en Irlande. Aujourd’hui, je travaille pour Nokia à Londres, en tant que market engagement manager. À la tête de quarante personnes, je gère l’optimisation des sites web de Nokia dans le monde. Jamais je n’aurais gravi aussi rapidement les échelons sans mon bachelor. J’avais envie de terrain, de challenges et d’autonomie : ce diplôme était parfait ! Ma spécialisation web m’a fourni des bases solides, que j’ai approfondies dans mes divers jobs. En troisième année, j’ai fait mon alternance chez Nokia, qui m’a offert un poste formidable. Et puis, le bachelor est reconnu à l’étranger et me permettra de réaliser mon rêve : travailler aux États-Unis. »


Du côté des recruteurs


Estelle Raoul, directrice senior chez Page Personnel
« Les entreprises n’ont pas encore identifié la formation bachelor »


« Les recruteurs recherchent des profils bac +2 ou bac +3 très opérationnels, ayant déjà une expérience professionnelle grâce aux stages ou à l’alternance. Soit justement les caractéristiques des bachelors. Si les entreprises ne nous sollicitent pas directement pour des diplômés de bachelor, nous pouvons facilement les orienter vers ces profils en mettant en avant leurs atouts. Les candidats ont donc tout intérêt à mettre en valeur leurs compétences, en les illustrant concrètement par des liens directs avec leurs stages et leurs expériences. Les spécialisations peuvent également faire la différence en termes d’insertion professionnelle. Toutefois, les recruteurs n’ont pas encore réellement identifié la formation bachelor.
Les écoles ont sans doute une responsabilité dans cette relative méconnaissance. Elles doivent être plus proactives, aller vers les entreprises pour présenter les programmes et leurs spécificités – la dimension professionnalisante, l’ouverture internationale, etc. Si certains diplômés peuvent être tentés de poursuivre en master, les entreprises ont besoin de profils bac +3, et tout étudiant n’a pas l’ambition d’occuper des responsabilités managériales. Le bachelor est un diplôme de bonne qualité, qui mérite d’être mieux valorisé et reconnu. »


Dossier spécial Bachelor du Parisien Etudiant


Le Palmarès des Bachelors, le classement fondé sur des critères simples et clairs.
« Le bachelor peut offrir d’aussi belles carrières qu’un bac+5 » - Interview de Claire Souvigné, directrice du bachelor de l’Inseec Business School
L’ADN des bachelors : décryptage des atouts du bachelor.
Bachelor : un diplôme en vogue, les raisons du succès
Un bachelor en quatre ans à l'EM Lyon : interview de Patrice Houdayer
Bachelor : des spécialisations de plus en plus nombreuses + l'avis des recruteurs
Les Bachelors ont la fibre internationale + parcours d'un étudiant à NY.

Métiers liés : Webmaster, Chef de projet informatique, Commercial, Community Manager,


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03.03.2014

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