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Bachelor : les atouts de ce nouveau diplôme

Décryptage de l'ADN des Bachelors : porte d'entrée dans l'entreprise ou premier diplôme...

Depuis plusieurs années, le bachelor connaît un essor important en termes d’offre et de demande. Porte d’entrée dans l’entreprise ou premier diplôme avant une poursuite d’études, la formation ne manque pas d’atouts, aux yeux des étudiants comme des entreprises.

Chargé de mission événementiel, assistant chef de produit, community manager, chargé de développement RH, conseiller financier, créateur d’entreprise : les débouchés professionnels d’un bachelor proposé par une business school ou une école spécialisée sont aussi nombreux que variés. Les recruteurs ne s’y trompent d’ailleurs pas, comme le révèle un sondage réalisé à la fin 2012 par l’Ifop pour le concours Atout +3 (dix grandes écoles de commerce françaises) : 39 % d’entre eux citent les stages et l’expérience professionnelle parmi les forces de ce programme, 21 % mentionnent sa dimension internationale et près d’un sur huit met en avant sa complémentarité avec le master en école de commerce.

Cap sur la professionnalisation


« Sa très forte professionnalisation est un élément majeur de l’attractivité du bachelor », confirme Anne-Catherine Guitard, responsable du programme bachelor de Kedge Business School. Seul bémol : la notoriété de cette formation n’est pas encore assurée. D’après ce même sondage, près d’un recruteur sur cinq ne la connaît pas et, parmi ceux qui pensent l’avoir identifiée, seule une minorité la situe à bac +3, tandis que 13 % pensent qu’il s’agit d’un diplôme étranger reconnu en France.
Revenons sur l’origine et les spécificités du bachelor. Tirant son nom de son homologue américain – le Bachelor Degree, équivalent universitaire de la licence –, il s’inscrit dans la réforme de l’enseignement supérieur au niveau européen : l’organisation LMD, pour licence, master, doctorat. « Depuis une dizaine d’années, les formations bac +2 et bac +4 disparaissent au profit d’un standard international, précise Jonathan Azoulay, directeur de Pôle Paris Alternance. Le bachelor a un objectif clair de professionnalisation, en mettant l’accent sur les fondamentaux et une coloration sectorielle ou fonctionnelle via ses spécialisations. » Des spécialisations le plus souvent proposées en troisième année.

L’opérationnel dans les gènes


Cette dimension opérationnelle fait partie du patrimoine génétique du bachelor. Alors que les programmes de master débouchent sur des responsabilités managériales et stratégiques, le bachelor forme plutôt des “middle” managers, autrement dit des profils plus orientés terrain. Ce sont d’abord et avant tout les stages qui permettent aux étudiants de se confronter à la réalité du monde de l’entreprise. Généralement, chaque année se termine par un stage de deux à trois mois, comme autant d’occasions de se frotter à plusieurs secteurs d’activité et fonctions.

Pour Anne-Catherine Guitard, « la dynamique progressive des stages permet aux étudiants d’assimiler les enseignements et de les mettre en œuvre concrètement. Ils découvrent aussi les rouages internes des entreprises. Grâce à ces expériences, ils vont affiner leur projet professionnel, créer et développer un réseau et s’engager dans un métier ». L’alternance, proposée par de nombreuses écoles, permet de s’imprégner encore plus profondément de l’environnement économique d’un secteur et de la réalité des fonctions.

Immersion internationale


Dans le même esprit, concret et opérationnel, la pédagogie laisse une large part à la mise en pratique. « Les étudiants apprécient les travaux de groupe, la pédagogie par l’action, les études de cas et les mises en situation, explique Sylviane Fontana, directrice du programme bachelor de Toulouse Business School. Avec des jeunes sortis du lycée, il est également très important de mettre l’accent sur les “soft skills”, c’est-à-dire le savoir-être et le comportement. »
Une autre spécificité des programmes bachelor concerne leur dimension internationale marquée. Semestre ou année dans une université partenaire, langues étrangères, sensibilisation à l’interculturel : quelle que soit la manière dont ce sujet est valorisé par l’école, de façon plus ou moins forte, il fait indubitablement partie de l’ADN des cursus (lire ci-dessous l’interview d’Olivier Aptel). Formation reconnue à l’étranger, le bachelor attire aussi des jeunes d’autres pays qui viennent étudier en France. « Nous comptons environ 200 étudiants internationaux sur un total
de 1 200 étudiants », souligne Sylviane Fontana.

Insertion ou poursuite d’études


À quel profil d’étudiants correspond le bachelor ? À la différence des BTS et des DUT, en deux ans et orientés vers un domaine précis, il aborde les principales fonctions de l’entreprise – développement commercial, management, marketing, etc. Un atout pour l’employabilité à long terme, et qui répond aux attentes des recruteurs. « Nos formations sont très proches du monde de l’entreprise, précise Sandrine Lacombe, directrice de l’EGC Rodez. Le tissu économique local est en attente de middle managers bien formés, adaptables, capables d’évoluer et polyvalents. » Un avis partagé par Sébastien Arcos, directeur du programme bachelor de l’Idrac Lyon : « En période de crise, le choix d’une filière longue peut faire hésiter certains étudiants. De plus, les PME sont très demandeuses de profils opérationnels comme ceux que forment les bachelors. »

Or si la demande existe du côté des recruteurs, de nombreux diplômés choisissent de poursuivre leurs études pour viser un master.
« Deux tiers de nos étudiants optent pour cette solution », confirme Anne-Catherine Guitard. Un dévoiement de la philosophie du bachelor ? Au lieu de répondre aux besoins des entreprises, deviendrait-il une porte d’entrée vers un diplôme de plus haut niveau ? À l’image de Sébastien Arcos, plusieurs responsables de bachelor proposent une autre façon d’envisager les choses : « Je conseille aux diplômés de s’insérer dans l’emploi, de travailler pendant quelques années et d’acquérir de l’expérience avant, s’ils le souhaitent, de se tourner vers un programme de type master ou MBA par la voie de la formation continue. » Un moyen de tirer pleinement profit de ces trois années d’études, avant de se lancer dans de nouvelles aventures professionnelles. n

G.M.

3 QUESTIONS À...


Olivier Aptel, directeur général de l’ESC Rennes

Pourquoi les programmes bachelor intègrent-ils une dimension internationale ?
Même si tous les diplômés ne se destinent pas à une carrière internationale, ils seront amenés à travailler dans des équipes interculturelles. Au sein de l’ESC Rennes, c’est même une marque de fabrique : 85 % des professeurs permanents sont étrangers, ce qui assure une diversité de contenus et de méthodes pédagogiques. Bilinguisme, séjours académiques à l’étranger, promotions composées d’étudiants de différents pays : pour tous les étudiants de notre International Bachelor Programme in Management (IBPM), l’immersion internationale se vit au quotidien.

L’IBPM bénéficie du visa de l’État. Quelle est la plus-value pour les étudiants ?
C’est une reconnaissance de la qualité du programme, évaluée selon plusieurs critères. Cette signature apporte un certain poids à la formation. En particulier, elle facilite la poursuite d’études pour ceux qui ont cet objectif.

Justement, comment expliquez-vous cette tendance ?
Les grandes écoles se sont développées grâce à leur offre en master, via le programme Grande École. Elles disposent donc d’infrastructures et de possibilités d’accompagnement qui profitent aux étudiants suivant une formation bachelor. Cette dimension, ainsi que l’appétence croissante des jeunes qui découvrent les fondamentaux de gestion et de management, explique cette orientation, choisie par environ deux tiers de nos diplômés.


Propos recueillis par G.M

Dossier spécial Bachelor du Parisien Etudiant


Le Palmarès des Bachelors, le classement fondé sur des critères simples et clairs.
« Le bachelor peut offrir d’aussi belles carrières qu’un bac+5 » - Interview de Claire Souvigné, directrice du bachelor de l’Inseec Business School
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LE PARISIEN
03.03.2014

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