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Bien choisir son séjour linguistique

C’est le moment de chercher, pour un départ l'été prochain. Mais quelle formule pour quel âge, et à quel prix ?

Louis, 10 ans, rêve de prendre l’Eurostar pour Londres, parce qu’il « aime bien les pays anglais ». Il sera bientôt comblé : ses parents, Christophe et Maud, s’apprêtent à lui offrir son premier voyage linguistique en solo, cet été. Pendant ce temps, maman, infirmière, et papa, conducteur sur les chantiers, seront au boulot, heureux de savoir leur progéniture « occupée utilement » durant les grandes vacances. Thomas, le grand frère de 12 ans, va aussi boucler sa valise. Il y glissera un maillot de bain : quitte à apprendre les verbes irréguliers, l’ado préfère que ce soit « à Malte, pour le soleil ». On n’y pense pas toujours, mais l’île méditerranéenne est, elle aussi, anglophone.

CHERCHEZ MAINTENANT



La classique quinzaine en Grande-Bretagne reste un must, mais les alternatives se multiplient. On peut partir en immersion dans une famille, choisir un séjour en collège qui ressemble davantage à une colonie de vacances. Les plus studieux optent pour le « one to one » (avec des cours particuliers) quand d’autres préfèrent des vacances à thème : équitation, tennis, théâtre, danse… « La tendance est au voyage à la carte. Les parents recherchent des séjours qui sortent des sentiers battus, parce que leurs enfants ont déjà voyagé et vu beaucoup de choses », constate Anne-Geneviève Richard, administratrice de l’Office, un organisme de certification regroupant une quarantaine d’agences labellisées pour leur fiabilité. « Mais pour avoir du choix, il ne faut pas tarder à réserver », met en garde Benoît Lissowski, responsable de voyages dans le groupe CEI.

NE REGARDEZ PAS QUE LE PRIX



Les CAF, beaucoup de comités d’entreprise et de mairies distribuent des aides. « Pour deux semaines en Angleterre, avec un hébergement en famille, il faut compter 1 300 € tout compris, explique Laetitia Taesch-Laribière, de l’organisme Silc. Mais les prix peuvent grimper à 5 000 €, pour six semaines en Australie, avec beaucoup d’activités. » Quel que soit votre budget, adaptez le séjour au profil de l’enfant : « Les plus jeunes, à partir de 6 ans, et les personnalités introverties préféreront un hébergement collectif, pour ne pas se sentir isolés », recommande Laetitia Taesch-Laribière. Ceux qui ont besoin de contacter souvent papa et maman éviteront les destinations lointaines avec un fort décalage horaire. Ceux qui attendent de vrais progrès banniront les séjours de moins de deux semaines, peu profitables sur le plan linguistique. « Dans tous les cas, n’attendez pas de miracle : un séjour ne rend pas bilingue, c’est avant tout une occasion offerte au jeune d’utiliser ce qu’il a appris en cours », précise Benoît Lissowski.



ATTENTION AUX CHARLATANS



Vérifiez le sérieux de l’organisateur du séjour, en vous assurant qu’il possède des certifications et labels de qualité, comme ceux de l’Office ou de l’Unosel. Posez aussi des questions. Combien y aura-t-il d’accompagnateurs ? L’enfant aura-t-il une vraie chambre, avec un lit et un bureau ? Les cours durent-ils une heure ou quarante-cinq minutes ? Un référent sera-t-il joignable sur place ? Une fois ces questions pratiques résolues, pensez à… transmettre toutes ces informations utiles à votre enfant, le premier concerné. « C’est important de le féliciter et le rassurer, insiste Michel Tessel, contrôleur à l’Office. Il faut lui dire que c’est normal d’avoir des petits coups de blues loin de chez soi, mais aussi qu’il va vivre une expérience formidable. Qu’il ouvre grands ses yeux et ses oreilles : partir seul à l’étranger, c’est comme aller au théâtre ! »

Lycéens, ils sont partis un an



Dans la famille des voyages linguistiques, il y a aussi les aventures au long cours, en immersion dans la vie d’un pays pendant trois mois, six mois, voire un an. Un grand saut qu’Amaury et Elisabeth ont expérimenté quand ils étaient lycéens. Lui est parti au Japon ; elle, en Chine, pendant toute une année scolaire. Aujourd’hui âgés de 23 et 24 ans, ils l’assurent : cette expérience a littéralement changé leur vie.

Dépasser ses limites

« L’aspect linguistique est presque secondaire, comparé au développement personnel qu’apporte une immersion à l’étranger, estime Amaury. On part avec une vision, une paire de lunettes pour voir le monde. Quand on rentre, on en a deux. » Elisabeth, comme Amaury, ne parlait pas un mot de la langue de son pays d’accueil quand elle a débarqué dans sa famille. Elle est devenue presque bilingue en une année à Nankin : autant dire que l’année lui a été profitable scolairement, même si elle a passé son bac un an plus tard que ses camarades de lycée, de retour en France. « Surtout, je me suis transformée, j’ai dépassé mes limites », explique-t-elle avec un grand sourire. Elisabeth a vaincu sa timidité et a appris « à prendre des décisions plus vite ». Amaury a trouvé sa vocation pendant ses voyages : il vient d’intégrer une start-up… spécialisée dans l’apprentissage des langues en général, et du japonais en particulier.



Article de Christel Brigaudeau dans Le Parisien du 29 mars 2017


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Le Parisien
07.04.2017

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