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Bizutage : «Il voulait m'humilier», une campagne de sensibilisation pour éviter les dérapages

Le bizutage a beau être interdit depuis plus de vingt ans, des étudiants, comme Arthur, en sont toujours victimes. Témoignage.

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Le bizutage, comme ici celui des élèves infirmiers à Cahors (Lot), en 2016, est interdit par la loi depuis 1998. PHOTOPQR/La Dépêche du midi/Marc Salvet

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Ils ont obtenu leur bac et sont heureux d'avoir intégré le cursus universitaire, la classe prépa ou la grande école de leur choix. Pour resserrer les liens au sein de la communauté étudiante, un week-end d'intégration (WEI) les attend bientôt et ils s'en réjouissent.

Attention. Sous couvert de partager un moment ensemble, en dehors du cadre de l'école, se déroulent encore trop souvent des « animations » — en réalité un bizutage pourtant interdit par la loi depuis 1998 — qui ne sont autres que de l'alcool imposé aux participants, des jeux dangereux et aussi des violences sexuelles.

C'est sur ce dernier point que le Collectif féministe contre le viol (CFCV), l'école E-Artsup et Ionis Education — qui regroupe plus de 28 000 étudiants en commerce, marketing, gestion, finance… — ont travaillé main dans la main pour lancer ce mardi une campagne de prévention (diffusée sur les réseaux sociaux ainsi que sur les sites cfcv.asso.fr et https://www.e-artsup.net/, numéro d'appel gratuit : 0 800 059 595, si vous êtes témoin ou victime d'un bizutage : 116 006).



AGENDA> Conférence ce mardi 1er octobre à 17h à Paris

Ces violences sont souvent minimisées par l'encadrement scolaire, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement tues par les victimes. Depuis 2014, le CFCV a reçu 88 témoignages de victimes prises au piège lors d'une soirée étudiante ou d'un week-end d'intégration, dont 49 viols.

«Il voulait m'humilier»


« À quoi cela aurait servi d'en parler ? » s'interroge Arthur (le prénom a été changé), qui n'a pas relayé les agressions et les humiliations qu'il a subies lors d'un week-end d'intégration organisé il y a trois ans. À l'époque, le jeune homme vient d'emménager à Lyon pour suivre sa formation dans une école d'ingénieurs. « Cela faisait quinze jours que la rentrée était passée. J'avais sympathisé avec plusieurs filles lorsque l'une d'elles m'a parlé du week-end d'intégration. Je n'étais pas très motivé mais elle m'a convaincu : On va faire la fête, boire des coups et surtout, c'est important pour s'intégrer. »

L'événement est prévu en Auvergne, dans un grand domaine, avec d'autres écoles d'ingénieurs. Aux manettes, les étudiants des classes supérieures. « J'ai vite compris que le fil rouge du week-end allait être l'alcool et, je dois bien le reconnaître, j'ai pas mal bu. »

L'ambiance est d'abord jugée plutôt sympa par Arthur. Jusqu'à cet épisode : « Je suis homosexuel, très efféminé et je l'assume. Lors de la première soirée, je me suis fait draguer par un mec qui voulait en réalité m'humilier. Il a fini par me dire devant l'assistance : Tu crois vraiment que j'ai envie d'embrasser un pédé ? Ses potes étaient morts de rire. »

Refuser, pas si facile


Deuxième jour, l'heure du bizutage. « Nous devions effectuer une sorte de parcours militaire, galérer dans la boue… Mais par la suite, les organisateurs sont venus fouiller dans les chambres pour récupérer nos sous-vêtements. Ils nous ont demandé de défiler avec. Dans mon sac, j'avais de la lingerie féminine. Je me suis dit : Je m'en fous, je vais le faire la tête haute. Je les ai toisés mais ça les a encore plus énervés. Avec le recul, je trouve cela idiot. J'aurais dû refuser. »

Refuser, pas si facile. Les quelques filles qui ont dit « non » ont été insultées et se voyaient opposer le fameux argument massue : « Tu ne rentreras jamais dans le moule de l'école. » « Les mecs de première année, eux, déambulaient en boxer sans problème. J'ai été maltraité comme les filles. Il y avait beaucoup de sexisme et d'homophobie là-bas », analyse le jeune homme.

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« Lorsque je défilais, ils tiraient sur ma culotte. Plus je leur disais d'arrêter, plus ils le faisaient. Après cela, j'ai tout de suite quitté les lieux en stop », précise-t-il. S'est-il confié à des proches ? « A ma sœur jumelle et à quelques amies seulement. Je me sentais coupable d'avoir bu et de ne pas m'être opposé à leurs directives immédiatement. »

Une culpabilité inversée qui rend furieux le docteur Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne. « La honte n'a rien à faire du côté des victimes ! Pour que tout cela cesse, il faut qu'elles parlent car ce silence protège les agresseurs. Quant à l'établissement, il doit prendre des sanctions et le faire savoir. »

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