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Brevet série Pro 2019 : le corrigé de l'épreuve de français (1ère et 2ème partie)
Le premier corrigé du Brevet pour les séries pro est désormais disponible : pour les 3 parties de l'épreuve de français en Série Pro DNB 2019
Premier corrigé du Brevet pour les séries pro en ce Lundi 1 juillet, l'épreuve de français en deux parties. Il est désormais disponible sur notre site !

Rappel : l’épreuve de Français du brevet des collèges se découpe en deux temps depuis 2017.

Un sujet qui correspond bien à la réforme du brevet, puisqu’il se divise comme attendu en deux parties distinctes, l’une présentant des questions de compréhension sur le texte et invitant les élèves à réfléchir sur son lien avec l’image, et une autre spécifiquement consacrée à la grammaire, nouveauté de cette session, et comprenant la réécriture. En revanche, il s’avère assez difficile : en effet, les questions sur le texte font appel à des qualités d’interprétation assez fines et celles de grammaire auront sans doute désarçonné certains élèves.

1re partie – Travail sur le texte littéraire et l’image


Un sujet assez traditionnel dans sa forme, puisque organisé en deux parties distinctes, l'une proposant des questions de grammaire et comprenant la réécriture, et l'autre présentant des questions de compréhension sur le texte et invitant les candidats à réfléchir sur son lien avec une image. Les questions de grammaire, plutôtclassiques, auront nécessité des connaissances assez précises de la part des élèves ; toutefois, elles restent tout à fait réalisables pour tout candidat bien préparé à l'épreuve. Quant aux questions de compréhension, elles portent sur un texte et une image globalement accessibles et semblent relativement abordables, quoique certaines demandent des compétences d'analyse assez fines.

Les réponses doivent être entièrement rédigées et justifiées par le recours à des citations du texte.

Grammaire et compétences linguistiques


1. a) Le pronom « la » renvoie au groupe nominal « une croûte » (l. 11).
b) « en » reprend « le pain » (l. 13).
c) « il » reprend également le groupe nominal « le pain » (l. 13) – la proposition « tu verras ce qu'il vaut » a d'ailleurs déjà été utilisée auparavant, l. 15.
d) « l' » reprend « ce qu'il vaut » (l. 26).
e) « eux » reprend « les patrons » (l. 33)

2. Réécriture :
a) « J'eus d'abord une espèce de vénération, puis ça m'ennuya ; je commençai à prendre le dégoût des monuments romains. »
b) « Elle sentait la graine et le grain.
Les culasses de blé s'affaissaient et se tassaient comme des endormis […]. Il y avait dans l'air la poussière fine de la farine et le tapage des marchés joyeux. C'était ici que les boulangers ou les meuniers, ceux qui faisaient le pain, venaient s'approvisionner. »

3. a) Le mot « vénération » est formé à partir du radical « vénér » auquel a été ajouté le suffixe « ation ». (Il est formé sur le même modèle que le nom « admiration », formé à partir du radical « admir » et du suffixe « ation ».)
b) Le verbe de la même famille, signifiant « respecter, admirer » est le verbe « vénérer » ; l'adjectif signifiant « digne d'être respecté, admiré » est « vénérable ».


Compréhension et compétences d'interprétation


4. a) Après un temps de « vénération » (l. 4), le narrateur éprouve de l'ennui et du dégoût face à la porte de la ville, sans doute essentiellement parce que la regarder est synonyme pour lui de passivité et de monotonie ; il semble également ne rien apprendre véritablement en l'observant. Elle est d'ailleurs peu décrite, à peine sait-on qu'elle est « en pierre » (l. 2), signe donc qu'il y a peu à dire dessus selon lui. Elle évoque uniquement pour le narrateur un temps passé, reculé, éloigné du sien, celui des « monuments romains » (l. 5), l'Antiquité donc.
b) Il s'intéresse au contraire à « la rue » (l. 6), intérêt d'ailleurs souligné par l'exclamation, en raison tout d'abord des odeurs qui s'en dégagent : « Elle sent la graine et le grain » (l. 6). Or, ces odeurs déclenchent en lui le souvenir évoqué dans la suite du texte, à savoir l'épisode de la croûte de pain et l'injonction de son père à ne jamais jeter le pain et à toujours se souvenir de sa valeur. Il observe également « les boulangers ou les meuniers » (l. 9) qui y viennent : il s'intéresse donc au mouvement de cette rue, à l'agitation et à la vie qui y règne. Contrairement à la porte d'entrée, la rue semble ainsi ancrée dans le quotidien du jeune garçon, dans sa réalité.

5. Dans ce passage, le narrateur perçoit la rue au travers de trois sens. Tout d'abord, il recourt à l'odorat, comme le suggère le verbe « sent » (l. 6). Mais il utilise également l'ouïe, à travers le terme « tapage » dans l'expression « le tapage des marchés joyeux » (l. 8), ainsi que la vue, lorsqu'il décrit « la poussière fine de la farine » (l. 8) qui envahit l'air ou les « culasses de blé [qui] s'affaissent et se tassent comme des endormis » (l. 7: on notera d'ailleurs ici l'emploi de la comparaison qui rend la description plus visuelle).

6. a) La figure de style employé à la ligne 30 est une comparaison.
b) Cette comparaison est construite autour de l'outil de comparaison « comme ».
c) Cette comparaison est double, puisque les joues des apprentis boulangers sont comparées à de la farine et que leur barbe est comparée à de la croûte, mais les deux parties qui la composent renvoient à un même comparant : le pain. Ainsi, ils sont assimilés au produit alimentaire qu'ils fabriquent et pour lequel le narrateur a tant de respect. Cette comparaison, même si elle montre que les « mitrons » (l. 28) se salissent en travaillant, a donc ici un caractère avant tout mélioratif.

7. a) L'attitude du père envers son fils est inhabituelle, comme le signale notamment l'emploi de l'expression « pour la première fois » (l. 18). En effet, le narrateur est accoutumé à de la « colère » (l. 19) chez son père mais, « ce jour-là » (l. 24), il s'adresse à lui calmement, « avec dignité » (l. 19). La comparaison des lignes 11-12 insiste d'ailleurs sur le caractère inédit de cette attitude : « Il ne m'a pas parlé durement comme il le fait toujours. »
b) Sans doute le père change-t-il d'attitude à ce moment pour être en adéquation avec le message qu'il cherche à transmettre à son fils, à savoir le respect du pain, d'une part, et le respect de ceux qui sont dans le besoin d'autre part. De plus, c'est par ce changement d'attitude, si singulier aux yeux de l'enfant, qu'il rend la leçon d'autant plus marquante, frappante, ce que le narrateur souligne d'ailleurs justement : « Ce qu'il me dit des pauvres me saisit aussi et je dois peut-être à ces paroles, prononcées simplement ce jour-là, d'avoir toujours eu le respect […] de ceux qui ont faim » (l. 23-25). On relève également le même type de remarque de la part du narrateur aux lignes 18-19 : « Cette observation, qui […] me fut faite sans colère, mais avec dignité, me pénétra jusqu'au fond de l'âme. »
c) Le père donne ce jour-là deux leçons à son fils. Tout d'abord, il lui enseigne « le respect du pain » (l. 10 et 19-20), qu'il ne faut pas jeter, parce qu'il ne faut pas gaspiller la nourriture, bien sûr, mais aussi parce qu'il est la récompense d'un dur labeur (« c'est dur à gagner », l. 13). Il lui apprend également le respect et l'aide qu'il faut apporter aux plus démunis, à ceux qui sont dans le besoin : « si nous en avions trop, il faudra le donner aux pauvres « (l. 14). Ainsi, le narrateur nous explique qu'il a « toujours pris la défense de ceux qui ont faim » (l. 24-25). En lui enseignant la valeur du pain (« tu verras ce qu'il vaut », l. 15 et 26), il lui inculque donc des valeurs humaines, de générosité notamment.

8. a) Cette campagne publicitaire représente une série de personnages de contes ou de fables dont les aventures sont liées à de la nourriture, thème également présent dans le texte de Jules Vallès (le corbeau de La Fontaine et son fromage, Blanche-Neige et la pomme, le Petit Poucet et les miettes de pain qu'il a semées pour retrouver son chemin, Cendrillon et sa citrouille transformée en carrosse, et enfin Peau d'âne et sa galette destinée au prince) et détourne leur histoire pour en tirer une leçon invitant les consommateur à éviter tout gaspillage alimentaire. En effet, les vignettes sont toujours suivies d'une forme de slogan qui n'est pas sans évoquer l'enseignement du père dans notre extrait de L'Enfant : par exemple, « Ne laissez pas tomber les bons produits » peut renvoyer à l'épisode où le jeune garçon jette sa croûte de pain, que le père s'empresse d'aller « ramasser » (l. 11) car « il ne faut pas jeter le pain » (l. 13) puisqu'il peut venir un jour à manquer. De même, les phrases « Gaspiller le pain peut vous perdre » et « Ne pas gâcher rend plus riche » mettent en garde contre le gaspillage alimentaire, leçon similaire à celle du texte : il faut « avoir le respect du pain » (l. 10), « Tu en manqueras peut-être un jour, et tu verras ce qu'il vaut » (l. 15). Le narrateur du texte de Vallès est dès lors comme le Petit Poucet de la campagne publicitaire : il « a compris combien le pain est précieux ».
b) Cette campagne publicitaire utilise la parodie, et donc le registre humoristique, pour faire passer son message. En effet, elle a recours à une série de vignettes associant dessin et texte, dans lesquelles sont repris des personnages de contes ou de fables célèbres et dont les histoires sont détournées pour en tirer une morale différente de celle proposée dans le texte initial. Les dessins représentent ces personnages ou des objets les évoquant (la bague par exemple pour Peau d'âne), et sont illustrés chaque fois par deux phrases, l'une prenant la forme d'un conseil adressé au personnage en question (« Maître Corbeau ne laissera plus tomber son fromage » par exemple) et l'autre prenant la forme d'un slogan. Ainsi, le corbeau de la fable de La Fontaine devra-t-il non plus se méfier de la flatterie, mais ne pas laisser « tomber les bons produits » ; ainsi Blanche-neige est-elle invitée à préférer les « fruits et légumes moches », Cendrillon à « cuisiner » les restes, Petit-Poucet et Peau d'âne à ne pas « gâcher » ou « gaspiller » la nourriture.

2e partie – Dictée


Les articles de pêche aussi se vendaient à Pannesac.
Tout ce qui avait des tons vifs ou des couleurs fauves, gros comme un pois ou comme une orange, tout ce qui était une tache de couleur vigoureuse ou gaie, tout cela faisait marque dans mon oeil d’enfant triste, et je vois encore les bouchons vernis de rouge et les belles lignes luisantes comme du satin jaune.
Avoir une ligne, la jeter dans la fraîcheur des rivières, ramener un poisson !
Un poisson pris par moi !
Il portait toute mon imagination sur ses nageoires !

D’après Jules Vallès, L’Enfant, 1881.

Avant de commencer la dictée,on inscrira au tableau de manière lisible :
Pannesac
pois
D’après Jules Vallès, L’Enfant, 1881

3e partie – Rédaction


Sujet A : Sujet d'imagination


Un sujet très traditionnel, qui reprend le genre autobiographique du texte initial. Les candidats sont en effet invités à raconter, comme dans l'extrait étudié en première partie, « un souvenir marquant de leur enfance […] dans lequel les sens ont joué un rôle important ».

On attendra donc tout d'abord des élèves qu'ils respectent les codes propres au genre autobiographique, à savoir un texte mené à la première personne, employant le système des temps du passé pour le récit du souvenir (situé dans l'enfance) et celui des temps du présent pour les passages renvoyant au moment de l'énonciation.
L'énoncé du sujet insiste également sur l'importance qui devra être accordée aux sensations (il précise d'ailleurs les cinq sens auxquels le candidat doit penser) et on attendra donc que le texte accorde une large place à la description de ces sensations, en faisant donc appel au lexique approprié.
De plus, puisque le sujet précise que ce souvenir doit avoir été « marquant », on peut également espérer que le candidat aura expliqué en quoi il a été si important pour lui, quel enseignement il a pu par exemple en tirer.

Sujet B : Sujet de réflexion


Là encore, le sujet est plutôt classique et reprend assez clairement le thème de la première partie de l'épreuve, à savoir le gaspillage alimentaire, qu'il restreint toutefois ici au gaspillage observé à la cantine : il s'agit en effet de rédiger une lettre ouverte à l'ensemble des élèves du collège pour les sensibiliser à cette question et « les pousser à modifier leur comportement ».

Le texte donc devra prendre la forme d'une lettre et en respecter les codes, notamment la présence d'une formule d'appel ainsi que d'une formule de politesse ou de congé, et les élèves devront également veiller à respecter la situation d'énonciation imposée (emploi de la première personne – chaque candidat devient l'émetteur de sa propre lettre – adresse aux camarades du collège). Afin de respecter l'anonymat de la copie, le sujet stipule toutefois que devront être évitées toute signature ou mention de noms tels que celui de l'établissement ou de camarades.

Le contenu de la lettre devra par ailleurs être organisé en parties clairement distinctes. Les élèves devront donc :
- sensibiliser les autres élèves à la question du gaspillage alimentaire, par exemple en décrivant ce que chacun peut observer dans la cantine du collège et en signalant sa propre indignation face à ce phénomène ;
- développer plusieurs arguments pour les inciter à changer de comportement, chaque argument faisant l'objet d'un paragraphe ;
- proposer une rapide conclusion permettant de clore la lettre.
Exemple d'arguments : ne pas gaspiller la nourriture permet de faire des économies, de protéger l'environnement en limitant la pollution (éviter la profusion des déchets, économiser l'énergie nécessaire pour les traiter, etc..), on peut aussi, pourquoi pas, envisager d'évoquer le travail supplémentaire et inutile que ce gaspillage impose au personnel de la cantine, etc.

Comme pour le sujet précédent, il est bien sûr attendu des élèves qu'ils soignent particulièrement leur expression.

Le sujet complet de français du Brevet série pro 2019 est disponible ici

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Par LE PARISIEN - Le 01.07.2019