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Brexit & Erasmus : 4 questions sur le départ du Royaume-Uni du programme

Après l’année scolaire 2021-2022, les étudiants britanniques et européens souhaitant étudier au Royaume-Uni ne bénéficieront plus du programme Erasmus

Brexit & Erasmus : 4 questions sur le départ du Royaume-Uni du programme - brexit, uk, universite

Une étudiante traverse la grande cour de Trinity College, un des bâtiments de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni. AFP/Justin Tallis

Par Paméla Rougerie

Des mois de négociations, et les aspirations de milliers d'étudiants mises à mal. Ce jeudi, les négociateurs du Royaume-Uni et de la Commission européenne sont enfin parvenus à un accord encadrant la sortie du pays de l'UE, qui doit se finaliser à la fin de l'année.

Cet accord, qui touche à de nombreux points stratégiques (comme l'économie, la sécurité, ou encore l'environnement) met aussi fin à la participation du pays au programme Erasmus, qui permet des échanges d'étudiants entre pays membres de l'Union européenne (ainsi que d'autres voisins européens non-membres) depuis 1987.

Que signifie cette décision ?


Le Premier ministre Boris Johnson a confirmé jeudi le départ du Royaume-Uni du programme Erasmus, qui a profité à environ 55 000 étudiants et jeunes travailleurs britanniques en 2019 (contre 108 000 Français). Les étudiants britanniques ne pourront donc plus obtenir de bourse de l'Union européenne pour étudier sur le continent, et les étudiants européens ne pourront plus accéder aux établissements britanniques grâce à un financement de l'UE. Seuls les étudiants issus d'établissements nord-irlandais, qui bénéficient d'un accord avec l'Irlande, membre de l'UE, seront exemptés de ces limites, précise la BBC.

Il n'y aura cependant pas d'arrêt brutal des échanges Erasmus début 2021. En principe, ceux déjà prévus et/ou validés avant l'année 2020 ne sont pas annulés, même s'ils se déroulent après la fin de la période de transition. « Cela signifie que les personnels et les étudiants peuvent achever leurs périodes de mobilité et recevoir des fonds jusqu'à la fin de l'année académique 2021-2022 », explique Universities UK, l'organisation représentant les universités britanniques.

Qui a pris cette décision et pourquoi ?


C'est une « une décision du gouvernement britannique », a expliqué Michel Barnier, le négociateur en chef pour l'Union européenne, jeudi soir. Pour Boris Johnson - qui, au début de l'année, avait pourtant assuré que le programme Erasmus n'était pas menacé - l'enjeu était surtout financier. Le Royaume-Uni « perdait trop d'argent » dans ce programme, en raison, selon lui, du nombre trop important d'Européens venant étudier au Royaume-Uni.

Par quoi Erasmus va-t-il être remplacé ?


Le Premier ministre a annoncé la mise en place d'un programme « propre au Royaume-Uni », intitulé « Alan Turing », en hommage au célèbre mathématicien britannique. Selon lui, ce programme, dont le fonctionnement reste à préciser, permettra aux étudiants britanniques d'accéder aux universités européennes mais aussi « aux meilleures universités du monde ».

Pour l'instant, il n'est pas question pour le Royaume-Uni d'aider financièrement les étudiants étrangers, et notamment européens, à venir étudier au Royaume-Uni. En juin dernier, il avait déjà été annoncé que les étudiants européens allaient, dès 2021, devoir payer des frais de scolarité aussi élevés que les autres étudiants étrangers en Angleterre, soit plus de 10 000 euros l'année. Reste à savoir si ces mesures s'appliqueront aussi aux Pays de Galles et en Ecosse avec la fin d'Erasmus dans tout le pays.

Quelles réactions cette annonce a-t-elle suscitées ?


De nombreuses voix se sont élevées contre cette décision, comme Michel Barnier, qui, en annonçant le départ du Royaume-Uni du programme, a exprimé ses « regrets ». Auprès de la BBC, Adam Tickell, le vice-chancelier de l'université du Sussex, en Angleterre, a fait part de sa « tristesse » face à la perte d'un « programme dont les fondations d'origine ont été posées dans le Sussex ». « Au fil des années, le programme Erasmus a transformé les vies de milliers de jeunes », a-t-il ajouté.

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Du côté des universités britanniques, l'organisation Universities UK s'est dite déçue, tout en saluant le prochain projet du Premier ministre pour la mobilité des étudiants britanniques. « Nous demandons au gouvernement britannique de clarifier rapidement les points de cette alternative nationale au programme Erasmus +, et souhaitons qu'elle soit ambitieuse et entièrement financée », écrit l'organisation dans un communiqué.

Dans un rapport délivré en 2019, la Chambre des Lords britannique s'était déjà inquiétée des conséquences de la fin du programme Erasmus dans le pays. Selon les parlementaires, un programme d'échange national serait difficilement à la hauteur des opportunités offertes par le programme européen. Ils soulignaient aussi que la fin d'Erasmus risquait « d'affecter disproportionnellement les personnes issues de milieux défavorisés ».

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