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Coronavirus : étudiants infirmiers et à fond mobilisés dans la lutte contre l'épidémie

Argenteuil : Maëlle, Louisa, Steve... ces étudiants infirmiers qui affrontent le Covid-19

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Des élèves de l’Institut de soins infirmiers Camille-Claudel sont venus renforcer les équipes de l’hôpital Victor-Dupouy pour faire face à l’épidémie de Covid-19.

Leurs études pour devenir soignants ne sont pas encore achevées mais ils font déjà partie de cette « première ligne », face au Covid-19. A Argenteuil, la plupart des étudiants de l'Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) Camille-Claudel, sont venus renforcer les équipes de l'hôpital Victor-Dupouy, dont ils dépendent.

« Nous avons eu des volontaires dès le début du confinement », indique Anne-Marie Corp, directrice de l'Ifsi. Les programmes de stage ont ensuite été modifiés pour qu'ils puissent aider les établissements. 85% des étudiants sont allés faire leur stage à l'hôpital, les autres sont allés en maison de retraite, et quelques-uns en service de soins infirmier à domicile (Ssiad).

«On est pris dans l'engrenage et on s'y met à fond»


Steve, en deuxième année, s'est porté volontaire pour aider un service de réanimation Covid-19 de l'hôpital. « J'appréhendais pas mal avant d'arriver. C'était un contexte inédit, confie-t-il. Et puis rapidement, on est pris dans l'engrenage et on s'y met à fond. »

Il se rend compte rapidement que les informations qui circulaient sur l'état des services correspondent à la réalité. « J'avais vu des vidéos avec des services saturés, des équipes à cran, des patients mis sur le ventre. On a retrouvé un peu ces éléments », se souvient-il.

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Argenteuil. Steve s’est porté volontaire pour aider l’hôpital dès le début de la crise. DR

Il découvre aussi une équipe soudée et pleinement investie qui lui fait rapidement confiance. « En tant qu'étudiant, on se retrouve à faire des choses décisives comme la préparation d'injectables », confie-t-il. Certains de ces médicaments permettent de maintenir les patients endormis.

Il aide aussi à retourner les patients sur le ventre, une procédure qui permet aux malades intubés d'être mieux oxygéné. C'est ce qui est pratiqué quand l'action du respirateur n'est plus suffisante.

«On fait abstraction des émotions»


Beaucoup de patients n'arrivent pas à remonter la pente mais il y a aussi ceux qui sortent « C'est toujours gratifiant. Ça donne un coup de boost au moral », ajoute-t-il. La mort n'est toutefois jamais loin.

« C'est clairement pas facile à gérer, mais on est la tête dans le guidon. On fait abstraction des émotions pour se concentrer sur les patients. » Il est arrivé à ses collègues de fondre en larmes dans leur voiture après une garde. Steve redoute que beaucoup craquent quand la crise commencera à s'estomper.

Très anxiogène pour les personnes âgées


Louisa est en première année d'étude après une carrière de 22 ans comme aide médico-psychologique. Dès le début de la crise, elle a proposé son aide, pendant une semaine de vacances, à un Ehpad, près de chez elle à Argenteuil, elle continue d'y aller le week-end en plus de son stage en service de soins infirmiers à domicile (Ssiad). « J'ai une amie qui y travaille. Elle m'avait dit qu'il y avait des besoins », se souvient-elle. Parmi le personnel, beaucoup ont été testés positif au coronavirus.

Elle aide à fournir les soins, à la prise de médicaments, la prise de tension, l'observation de l'état de santé, mais surtout à proposer une écoute. « Ces personnes âgées ont un grand besoin de soutien psychologique », insiste-t-elle. Les règles du confinement les ont coupés de leurs proches.

Des contacts via une tablette numérique ont lieu de temps en temps. Le personnel évite de les exposer aux chaînes d'information en continu où le débit de mauvaises nouvelles les alarme énormément. « C'est tellement anxiogène. Ils se disent que ça ne va jamais finir. Pour eux, c'est la fin du monde », souligne-t-elle. Il faut veiller à ce qu'ils ne se laissent pas aller ou qu'ils aient la tentation d'en finir.

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Accompagner jusqu'à la fin


Depuis le début de l'épidémie, une dizaine de résidants sont décédés du virus. L'un d'eux, âgé de plus de 80 ans, est revenu de l'hôpital à l'Ehpad pour passer ses dernières heures dans un univers familier. Les autres ont été soignés sur place car leur transfert n'était pas possible. Louisa a vu trois d'entre eux partir. « Vous vous sentez complètement inutile. La personne est en souffrance et vous devez l'accompagner jusqu'à la fin », s'émeut-elle.


Argenteuil. Louisa est venue aider le personnel d’un Ehpad à côté de chez elle. DR

Maëlle, étudiante en 3e année, a été volontaire pour renforcer un autre service de réanimation Covid-19 dès le 17 mars. « Il y avait un besoin car ils commençaient à être sous l'eau », se souvient-elle. Ayant déjà effectué un stage en réanimation en première année, elle savait un peu à quoi s'attendre. Il y avait alors beaucoup moins de patients. « On s'est retrouvé un avec surcroît de patients avec un besoin d'attention continu, et puis il faut gérer les familles, elles sont très inquiètes. Notre moral aussi est mis à rude épreuve », souligne-t-elle.
«On se soutient entre collègues»

Elle a pour rôle d'être « runner ». Pendant qu'un soignant s'occupe d'un patient dans une chambre, elle reste à l'extérieur de cette zone contaminée et s'occupe de tout ce dont a besoin son collègue.

« Comme j'ai déjà de l'expérience, ça m'arrive de rentrer dans la chambre pour m'occuper du patient. J'ai la chance de pouvoir le faire », confie-t-elle. Elle se dit fière d'être utile. Heureuse d'exercer déjà le métier auquel elle se destine. Le moral tient bon. « On se soutient entre collègues. Et puis l'hôpital a mis en place une cellule psychologique », ajoute-t-elle.

Depuis quelques jours, elle observe que la situation s'améliore, mais elle sait que la crise est loin d'être passée. « On dit que qu'il y a moins d'entrées en réanimation mais nos hôpitaux sont saturés de patients Covid-19. Et ces patients peuvent voir leur état se dégrader à tout moment », insiste-t-elle.


Argenteuil. Maëlle

Thibault Chaffotte



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