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Covid-19 : faut-il un remboursement partiel des frais de scolarité ?
Cours à distance, locaux inaccessibles : des étudiants d'écoles de commerce / d'ingénieurs demandent le remboursement partiel des frais de scolarité.
Des étudiants en école de commerce ou d'ingénieurs, obligés de suivre leurs cours à distance en raison de l'épidémie de Covid-19, réclament, notamment au travers d'une pétition de plus de 18 000 signataires, le remboursement d'une « partie de leurs frais de scolarité ».

Ce problème d'injustice des frais d'inscription déjà soulevé lors du premier confinement revient en force avec le reconfinement imposé depuis le 29 octobre. Une pétition, en ligne depuis le 10 novembre, d'étudiants et de parents issus de 23 écoles de management, réclame « un remboursement partiel des frais de scolarité », qui atteignent, selon les établissements, entre 7 000 et 15 000 euros à l'année. La pétition a déjà rassemblé 18 648 signatures ce jeudi 19 novembre à la mi-journée.

Des cours de moins bonne qualité dénoncé par les étudiants.


Les étudiants pointent du doigt des cours mons qualitatif et l'accès aux locaux impossibles comme par exemple les bibliothèques ou associations : "nous payons plus cher que nos prédécesseurs pour des cours de moins bonne qualité : la généralisation du distanciel pose des problèmes de concentration et donc d'assimilation des cours, mais aussi pose de sérieux problèmes pour les travaux de groupes, nombreux en école. Sans oublier, que les restrictions ont pu faire que les élèves n'aient pas pu librement avoir accès aux installations de l’école qu'ils payent pourtant."
Les étudiants dénoncent aussi le non accès aux cursus internationaux qui représente l'une des plus grosses plus-value de ces écoles. Mais aussi tous les autres coûts de la vie étudiante qui continuent à devoir être payés et parfois pour rien comme le logement, et le manque de petits jobs étudiants pour financer ces études.

Des coûts encore plus importants revendiqués par les grandes écoles


De leur côté les grandes écoles ont répondu à ces pétitions et questions de leurs étudiants par le dialogue mais aussi une lettre ouverte de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) pour expliquer que leurs coûts sont déjà très limités contrairement par exemple aux Etats-Unis mais aussi que les cours à distance sont plus chers pour elles et délivrent un savoir équivalent. Voici un extrait de leur lettre ouverte publiée le 12 novembre :
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les cours à distance ne coûtent pas moins cher que les cours en présentiel. Dans les faits, ils coûtent même plus cher, et il est ici important de souligner que le surcoût n’a pas été répercuté dans les frais de scolarité. Pourquoi ce surcoût ? Car les écoles françaises ont massivement investi non seulement dans les mesures sanitaires mais aussi et surtout dans des nouvelles technologies éducatives, dans le réaménagement de leurs espaces pédagogiques, pour mettre en place des cours en distanciel qui soient interactifs, qualitatifs et qui permettent aux étudiants aussi de travailler en groupes où qu’ils soient, en France ou dans le monde. Les professeurs se sont formés depuis mars dernier, et notamment cet été, pour délivrer des cours, d’abord hybrides, puis à distance de très bonne qualité. Les cours sont assurés par les professeurs avec les mêmes objectifs de qualité que s’il n’y avait pas la covid-19. A la fin de l’année dernière, les étudiants avaient le même niveau de connaissances et de compétences que leurs prédécesseurs. Il en sera de même pour ceux de cette année : les maquettes des programmes sont respectées, ce sont les modalités de délivrance des enseignements qui changent pour partie avec le distanciel. Mais leur diplôme aura une valeur équivalente.

Pour certains étudiants, le coût d'une école de commerce est surtout le coût de son réseau et de sa notoriété qui lui permettent ensuite de trouver rapidement un emploi bien payé...
Si nous devions réduire les frais de scolarité, cela reviendrait à dire que tout ce qui est mis en place par les écoles doit s’arrêter et que la promotion des étudiants actuels sera véritablement une génération sacrifiée puisque les recruteurs ne les embaucheront pas. C’est impossible à envisager pour nos établissements.


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Par LE PARISIEN - Le 19.11.2020