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Des savoirs aux compétences, les écoles bougent...

Mettre en situation les étudiants, les sortir de leur zone de confort... voici les nouvelles méthodes pédagogiques des écoles

Aujourd’hui, les grandes écoles ne peuvent plus se contenter de transmettre des connaissances : il s’agit aussi de développer chez les étudiants les compétences transversales dont ont besoin les entreprises.

Se mettre dans la peau du responsable des urgences d’un centre hospitalier, découvrir le management sous pression dans un bâtiment de la Marine nationale, créer une start-up en une semaine dans la Silicon Valley : la centaine d’étudiants venus du monde entier pour suivre le Global MBA de l’EDHEC Business School s’attendaient-ils à se confronter à ces situations atypiques ? Rien n’est moins sûr.
Pour autant, ils apprécient de sortir ainsi de leur zone de confort, comme le confirme Benoit Arnaud, directeur d’EDHEC Executive Education : « Ils sont très marqués par ces séminaires qui visent à expérimenter des solutions dans un environnement inconnu. C’est une autre manière de transmettre, qui doit être complétée par un décryptage de l’expérience et une réflexion sur les plans d’action. » L’objectif de ce “management augmenté” est d’aider les étudiants à changer de perspective, à faire face à la complexité des situations, pour« rechercher des ressources, des idées, des approches différentes afin de les résoudre ».

Priorité au développement de compétences


Cet exemple illustre la manière dont les grandes écoles répondent aujourd’hui aux nouvelles attentes des entreprises. « Les entreprises qui intègrent nos diplômés du programme Grande École nous adressent des messages forts : ce sont des têtes bien faites mais certaines compétences, notamment leur capacité d’adaptation, ne sont pas au niveau des exigences actuelles », explique Pierre-Yves Sanséau, professeur à Grenoble École de Management. Et ce qui vaut pour la formation initiale vaut également pour les professionnels qui reviennent sur les bancs de l’école, à l’image de ceux de l’International MBA de NEOMA Business School, dispensé à Paris.
La pédagogie de ce programme s’appuie sur une approche en phases successives – et complémentaires –, tournée sur la réalité vécue par les dirigeants d’entreprise : “découvrir et évaluer”, “valider et optimiser”, “développer et globaliser”, “augmenter la valeur et revisiter le business model”. « Elles correspondent à ce que les étudiants doivent comprendre et maîtriser pour diriger efficacement une entreprise ou une business unit », estime Raymond Ouellet, directeur du MBA. Le programme prévoit également une mission de consulting, à réaliser en groupe : il s’agit d’identifier une entreprise qui a un objectif de développement à l’international, par exemple un groupe agroalimentaire italien cherchant à pénétrer le marché asiatique. « C’est le fil rouge du MBA, qui accompagne les étudiants tout au long du cursus et doit déboucher sur des recommandations précises », ajoute Raymond Ouellet.

Serious game et stratégie marketing


Adaptables, réactifs, créatifs… Les managers d’aujourd’hui doivent disposer de nombreuses compétences transversales. De nombreuses formations privilégient donc les mises en situation professionnelle et leurs retours d’expérience. Une manière efficace, mais qui n’est pas la seule… Et si un serious game était le meilleur moyen pour comprendre que le marketing est au cœur de la stratégie d’entreprise ? Lors de la dernière rentrée des mastères spécialisés de Toulouse Business School, les étudiants se sont mis dans la peau d’entrepreneurs lançant une compagnie aérienne grâce à une version bilingue et adaptée d’Airlines-Manager, un jeu proposé par Playrion.
Tout au long de cette création d’entreprise virtuelle, les étudiants ont pu mettre à l’épreuve leurs capacités d’écoute, de prise de décision, d’organisation. Pour Jacques Digout, responsable de la chaire marketing digital de l’école, « le premier objectif est de leur faire prendre conscience de l’importance d’une stratégie marketing appropriée. Nous avons ponctué le jeu de challenges opérationnels, par exemple déterminer une identité chromatique en phase avec le positionnement de la compagnie. » La dernière demi-journée a été consacrée aux alliances, « nécessaires pour développer son marché ».

Étudiants et expérimentateurs


Du côté de Grenoble École de Management, la dynamique va encore plus loin : non seulement les étudiants bénéficient d’innovations pédagogiques, mais ils participent à leur mise en œuvre en les testant. Depuis deux ans, des élèves volontaires du programme Grande École contribuent à ce qui sera, sans doute, l’avenir des méthodes d’apprentissage. Pour eux, l’année débute avec un séminaire d’une semaine en montagne, avec au programme escalade, challenges, courses d’orientation, etc. « Ils découvrent le travail en groupe, l’importance du leadership ou encore du feedback », expose Pierre-Yves Sanséau, à l’origine du Parcours Ulysse.
L’expérience se poursuit avec un stage de découverte en entreprise de quatre semaines, « avant que leur perception ne soit “contaminée” par les cours ». Mais la véritable révolution est ailleurs : l’introduction de l’apprentissage par problèmes dans tous les cours. « Par groupe de douze à quinze personnes, les étudiants découvrent les matières à travers des problèmes concrets. Ils doivent prendre conscience de ce dont ils ont besoin pour les résoudre, puis rechercher les informations pertinentes avant de réfléchir ensemble pour apporter des solutions », détaille Pierre-Yves Sanséau.


Le robot de téléprésence du LearningLab a été particulièrement utile à Simon, étudiant à l’École Centrale de Lyon, lors de son hospitalisation suite à un accident de montagne. Il a pu suivre les cours et assurer son rôle de chef d’équipe dans le cadre d’un projet de groupe. « Le recours à ces robots nous ouvre à de nouvelles opportunités », explique Jean-Pierre Berthet, citant l’exemple d’un professeur de Harvard qui a ainsi pu prendre part “physiquement” à une conférence organisée sur le campus lyonnais.

Vers un modèle pédagogique hybride


Ces innovations pédagogiques ne sortent pas de nulle part. Elles sont le résultat des réflexions qui agitent les grandes écoles pour faire évoluer les enseignements et renforcer leur appropriation par les étudiants. En 2013, l’EM Normandie s’est ainsi dotée d’un observatoire de la pédagogie et des métiers de demain, impliquant enseignants-chercheurs, représentants d’entreprise, responsables de cabinets de recrutement et directeurs des ressources humaines. EMLyon Business School et l’École Centrale de Lyon ont créé il y a deux un LearningLab. Comme l’explique Jean-Pierre Berthet, directeur de la stratégie numérique de l’École Centrale de Lyon, « c’est un laboratoire d’innovation pédagogique qui se veut lieu d’expérimentation, de recherche et d’appropriation dans trois directions : les méthodes pédagogiques, le rôle des nouvelles technologies et les espaces d’apprentissage. »
Parmi les concrétisations, on peut signaler la mise en œuvre de salles de cours totalement modulables en fonction des besoins et équipées des dernières technologies, ou encore le recours à un robot de téléprésence (cf photo et légende ci-dessus).
L’intérêt de ces différentes initiatives vient aussi du fait qu’elles ont vocation à essaimer. « Le Parcours Ulysse pourrait, à terme, irriguer les autres programmes de Grenoble École de Management », avance Pierre-Yves Sanséau tandis qu’Airlines-Manager va être intégré au programme MBA de Toulouse Business School et devrait être joué simultanément par plusieurs équipes, sur les différents campus de l’école, grâce aux outils collaboratifs à distance. De leur côté, EMLyon Business School et l’École Centrale de Lyon ont inauguré en novembre le LearningLab Network, associant une vingtaine d’écoles et universités à leur initiative. Alors, les enseignements “vieille école” sont-ils une espèce en voie de disparition ? Pas si vite, prévient Jean-Pierre Berthet : « La tendance est à l’hybridation, à la recherche d’équilibre entre des formes d’apprentissage classiques et innovantes qui contribuent au même objectif : le développement de compétences. »

G.M

3 questions à Tawhid Chtioui de l'ICD

Depuis septembre 2014, Tawhid Chtioui est directeur de l’ICD. Une école dont le projet pédagogique et l’approche humaine l’ont particulièrement séduit.

Pourquoi miser sur la pédagogie dans votre école ?
Actuellement, les écoles de commerce préfèrent s’orienter vers la recherche, la production de connaissances. À l’ICD, nous pensons qu’un équilibre est nécessaire entre recherche et pédagogie. Aujourd’hui, le paradigme même de l’entreprise évolue, la dimension humaine devient plus forte, autour de domaines nouveaux comme l’économie de partage ou les nouvelles technologies. Il peut y avoir un déphasage par rapport aux méthodes d’apprentissage et au monde de l’entreprise si l’on ne prend pas en compte de nouvelles formes de travail.

Comment y répondez-vous ?
En plus des stages de fin d’année, un tiers de notre budget va vers la mise en place de projets, de mises en situation afin que les étudiants mobilisent leurs compétences. Cette année, nos étudiants de deuxième année travaillent avec Chronopost et Newman pour proposer un plan de développement, réaliser des études de marché, etc. Toutes ces expériences permettent de dépasser la dimension théorique de l’apprentissage.

Les méthodes pédagogiques sont-elles une pratique d’avenir pour les écoles de commerce ?
Les organismes d’accréditation prennent conscience du besoin de développer un modèle plus équilibré et créent des classements qui valorisent ces méthodes. Aujourd’hui, la connaissance est partout, notamment avec les MOOC (Massive Open Online Courses) et les étudiants privilégient désormais aussi un projet pédagogique. 30 % des métiers de 2020 n’existent pas encore. Notre rôle est d’étudier les profils qui seront les plus recherchés et nous nous devons d’adapter nos cours pour répondre aux besoins.
> Propos recueillis par Nathan Gallo.


Retrouvez notre dossier complet spécial MBA/Masters...


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LE PARISIEN
08.12.2014

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