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Diététicien : un cursus court, dense et sélectif

Ce spécialiste de la nutrition informe et accompagne les personnes nécessitant un meilleur équilibre alimentaire.

Souvent confondu avec le nutritionniste qui est un médecin diplômé en nutrition, le diététicien est un technicien qui appartient à la grande famille des professions paramédicales. A ce titre, il informe et accompagne les personnes nécessitant un meilleur équilibre alimentaire : celles qui souhaitent perdre du poids — mais cela ne représente que 15% de l’activité, selon l’Association française des diététiciens et nutritionnistes (AFDN) — et surtout les malades victimes de problèmes cardio-vasculaires, de cancer… pour lesquels le suivi nutritionnel entre dans le processus de soin.

« Le diététicien travaille à partir d’une prescription médicale. Il est là pour faire un soin selon une démarche clinique validée par la Haute Autorité de santé », explique Florence Rossi, diététicienne à Marseille (Bouches-du-Rhône) et membre de l’AFDN, la première organisation professionnelle française de diététiciens.

En hôpital, dans les cantines, dans l’industrie agroalimentaire


Cette profession qui est en grande partie exercée dans des établissements médicaux (hôpital, clinique, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes…) est également présente dans d’autres secteurs. Ainsi, l’industrie agroalimentaire mais aussi les cantines scolaires ou les restaurants d’entreprise font de plus en plus souvent appel au diététicien pour élaborer les menus, contrôler l’hygiène du stockage des aliments ou conseiller les chercheurs dans l’élaboration de nouveaux produits alimentaires. Des perspectives très variées qui attirent chaque année de nombreux candidats. Leur formation se révèle difficile car elle est courte (deux ans pour décrocher le diplôme), dense et sélective. C’est en effet à l’issue d’un bac S ou ST2S que les candidats vont pouvoir postuler dans un établissement d’enseignement : soit un lycée technique, qui forme au BTS en diététique, soit un institut universitaire de technologie (IUT) qui permet de décrocher un diplôme universitaire de technologie (DUT) de génie biologique option diététique.

« Pour les titulaires d’un autre bac, il y a possibilité pendant un an de faire une classe de remise à niveau (NDLR : dans ces mêmes établissements), axée principalement sur la biologie et la biochimie. Par ailleurs, de nombreux candidats ont déjà fait une année après le bac (de médecine, de pharmacie…) », précise Delphine Suissa, directrice de Progress Santé, un établissement privé qui prépare au BTS diététique.

Commencent alors pour les élèves deux années où ils alternent heures de cours (33 par semaine en moyenne) et stages : « Il y a 5 stages obligatoires dont 2 dans la restauration collective, 2 en milieu hospitalier et 1 dans un secteur au choix », détaille Anne-Laure Meunier, responsable du BTS diététique du cours Diderot, dispensé dans plusieurs villes de France.

Cependant, malgré ces stages, le taux de réussite au niveau national reste faible (moins de 50%) à tel point qu’une réforme de l’enseignement est en cours qui, si elle aboutit, étalera la formation sur au moins trois ans (avec grade de licence) et la sanctionnera par un diplôme d’Etat. « D’ores et déjà, nous incitons nos étudiants à poursuivre sur une licence ou sur un diplôme universitaire que dispensent certaines facultés de médecine et qui permettent de se spécialiser sur un secteur ou une pathologie », note Delphine Suissa.

Un complément de formation que le diététicien pourra valoriser au moment d’exercer. Car l’échelle de salaire est assez large (de 1500 € net en début de carrière à 3000 € en fin de carrière) selon que le professionnel travaille dans le public, dans le privé ou en libéral.

TEMOIN
« Avec un bac ES, je suis d’abord passée par une classe de remise à niveau »



Jeanne ANNIC, 25 ans, diététicienne en Seine-et-Marne

L’intérêt de Jeanne Annic pour la profession de diététicien a commencé très tôt. Dès la classe de seconde, en effet, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 25 ans, s’est renseignée sur cette formation. « Ayant décroché un bac ES, je suis d’abord passée par une classe de remise à niveau avant d’intégrer un BTS spécialisé à Paris (NDLR : au sein du groupe privé Progress). Cette année de préparation est également l’occasion d’avoir une première approche du métier. Et cela m’a permis aussi de connaître tous les domaines dans lesquels nous pouvions travailler », explique-t-elle. Si elle reconnaît que la formation est difficile, elle estime néanmoins « qu’en travaillant régulièrement, c’est abordable. Il y a beaucoup de connaissances à acquérir mais c’est très enrichissant. Par ailleurs, nous apprenons beaucoup avec les stages ».

« Je fais des menus pour des crèches, des restaurants communaux et pour des personnes âgées à domicile, etc. »

Elle-même a été particulièrement marquée par l’une de ses expériences dans un centre de rééducation alimentaire pour personnes obèses. Un moment difficile mais qui lui a fait découvrir de nombreuses facettes du métier : « Il faut être très à l’écoute des gens, avoir un esprit d’équipe et être bien organisé. Mais c’est très gratifiant d’aider les personnes. »

A l’issue de sa formation, Jeanne a pris un statut d’autoentrepreneur qui lui permet de faire des consultations à domicile en Seine-et-Marne. Par ailleurs, trois mois après l’obtention de son diplôme, en octobre 2010, elle a signé un contrat à mi-temps avec un groupe de restauration collective. « Je fais des menus pour des crèches, des restaurants communaux et pour des personnes âgées à domicile, et je participe à des commissions de menus », résume-t-elle. Jeanne Annic donne également des cours dans son ancienne école. Une pluralité d’activités qui lui permet de toucher au minimum 1750 € net par mois et de penser à l’avenir : « Je voudrais me spécialiser dans l’alimentation de l’enfant et de l’adolescent. Pour cela, je compte suivre un cursus à l’université. » Ce complément de formation lui permettra d’appréhender de nouveaux pans de son métier.


Dossier réalisé par Florence Puybareau
Article paru dans le supplément éco du Parisien daté du lundi 21 octobre 2013

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06.11.2013

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