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Ecoles d'ingénieurs : des scientifiques adaptés au monde de l’entreprise
Les stages, la vie associative et les projets en groupe, gages d'une insertion professionnelle réussie
Les écoles d’ingénieurs françaises forment des scientifiques qui sont aussi préparés à être opérationnels rapidement en entreprise. Les stages, la vie associative et les projets en groupe, gages d'une insertion professionnelle réussie.

La formation d’ingénieurs « à la française » ne se cantonne pas aux seules disciplines scientifiques. « Tous les élèves abordent les langues et cultures, le management, le droit, l’économie, la finance… » explique Régis Vallée, président de la commission formation de la Conférence des grandes écoles et directeur de l’EIVP (Ecole des ingénieurs de la Ville de Paris). Les élèves développent, d’autre part, leurs compétences professionnelles par des mises en situation : gestion de projet réel, vie associative et stage.

Les entreprises prennent part aux enseignements


Si les écoles d’ingénieurs connaissent les attentes des recruteurs, c’est parce que des professionnels prennent part à leur gouvernance et à leurs enseignements, accueillent leurs élèves en stage. « Ils relaient leurs besoins concrets sur les contenus des cours et les comportements attendus chez un ingénieur, affirme Christian Lerminiaux, président de la Conférence des directeurs d’école française d’ingénieurs et de l’UTT (université de technologie de Troyes). Ce retour est un gage de l’employabilité, et donc du bon placement de nos diplômés. »

Des compétences dopées par des problématiques réelles…


La formation est très axée sur la pratique du métier d’ingénieur. « Cela passe notamment par la pédagogie par projets, ces derniers étant définis par les entreprises elles-mêmes, qui vont ensuite appliquer les solutions proposées par les étudiants », explique Régis Vallée. Ce système permet d’acquérir des compétences de travail en équipe et de faire le lien entre les disciplines abordées en cours. Le retour sur le travail réalisé valide l’acquisition des bases du métier d’ingénieur. Etre opérationnel, c’est aussi savoir « faire travailler les autres », pour Michel Petitprez, de l’INP Toulouse. « Nous demandons à chaque élève un engagement citoyen. Car une personne engagée dans la société saura s’engager dans l’entreprise et en équipe. »



Le futur professionnel se révèle aussi dans la gestion de projets associatifs. « Nos élèves y développent leurs qualités humaines et d’organisation, observe Christian Lerminiaux. Ils apprennent des choses basiques comme gérer un budget ou un contrat. »

… et par des stages


La formation d’ingénieur se caractérise par ailleurs par des périodes en entreprise : stages, année de césure ou apprentissage. Elles sont considérées comme une première expérience par les recruteurs. « Ce sont des moments d’acquisition des codes des relations humaines dans l’entreprise », insiste Régis Vallée. Tester des modes de management et d’activités permet d’affiner son projet personnel. « Chaque expérience fait l’objet d’un retour sur les compétences et réalisations de l’élève », explique Michel Petitprez. Le développement des cursus en apprentissage va aussi dans ce sens. Les apprentis ingénieurs constituent aujourd’hui 10% des effectifs des écoles contre 2% il y a cinq ans.

Définir son projet personnel


Ces dispositifs pédagogiques visent tous à accompagner l’élève dans la construction de son projet professionnel et personnel et « à trouver un métier en adéquation avec sa personnalité », souligne Christian Lerminiaux. Mettre en relation ses expériences en entreprise, travaux de groupe, échanges avec les professionnels et professeurs conduit l’élève à cerner ses compétences personnelles et ses envies. « Il est important de mener l’introspection dès la première année », explique Michel Petitprez, car s’il a mûri son choix et se sent « à sa place », le jeune diplômé sera d’autant plus opérationnel et efficace.


TEMOIGNAGE

Quang HOANG
24 ans, élève en dernière année à Supaéro (groupe Isae)


« J'ai appris à mettre au point des solutions »

Comment avez-vous construit votre projet professionnel ?
J’ai beaucoup travaillé en prépa pour intégrer une école généraliste de premier rang, et ainsi me donner du temps pour définir mon futur parcours professionnel. J’ai testé mes envies en menant des projets, pris conseil auprès de professeurs, de professionnels et du service carrières de Supaéro. J’ai aussi la chance de faire partie des premiers élèves à préparer un double diplôme avec HEC. En fin de 2e année, je savais que je voulais, comme 20% des diplômés de Supaéro, débuter dans le conseil ou la finance.

Qu’est-ce qui vous sera utile en entreprise ?
Les cours techniques, même si je n’exerce pas un métier spécialisé. Avoir abordé différentes disciplines permet de s’adapter rapidement à de nouvelles problématiques, avec le regard de l’ingénieur mariant approche globale, rigueur et capacité à entrer dans le détail.

Dans quelles activités avez-vous développé des compétences professionnelles ?
Réaliser des projets confiés par des entreprises permet de se tester sur des cas réels, d’apprendre à mettre au point des solutions, première aptitude de l’ingénieur. Sur le plan personnel, l’engagement associatif est très formateur. J’ai ainsi acquis des compétences pratiques comme la communication, la négociation, l’organisation d’événements; et des qualités humaines de travail en équipe, de solidarité. Après un stage dans l’humanitaire, je pense réaliser une mission en entreprise pour parfaire ma formation.


Dossier réalisé par Ariane Despierres-Féry
en partenariat avec Le Journal des Grandes Ecoles
Article paru dans le Parisien Economie, édition du lundi 8 octobre 2012.
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Par Contact - Le 11.10.2012