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Ecoles d'ingénieurs : comment les entreprises attirent les étudiants

Voici toutes lestechniques des entreprises pour draguer les étudiants sortant d'écoles d'ingénieurs

Dans les écoles d’ingénieurs, la forte proximité avec les entreprises est partie intégrante de l’ADN. Une relation à formes multiples, qui bénéficie aux étudiants tout au long de leur parcours – enseignements professionnels, projets industriels, stages, etc. Pour les entreprises, l’enjeu est de transformer l’essai par le recrutement de jeunes talents, grâce à une panoplie d’actions innovantes.

Le 28 mai prochain, 4 000 étudiants et jeunes diplômés sont attendus pour mouiller le maillot au stade Charléty, à Paris. Plusieurs dizaines d’établissements d’enseignement supérieur ont été sélectionnés pour participer à des épreuves d’athlétisme et à une compétition de football, lors du 3ème "Challenge du monde des grandes écoles et universités". L’occasion pour les jeunes de se mesurer entre eux dans une ambiance conviviale, bien sûr, mais surtout l’opportunité de trouver un emploi ! Derrière le challenge officiel se cache un second défi, celui de se faire remarquer par les huit grandes entreprises partenaires : Alcatel-Lucent, Bouygues Telecom, Carrefour, GDF Suez, Logica, Nestlé, Schneider Electric et Vallourec. Lors de la précédente édition, leurs représentants avaient rencontré et échangé avec plus de 1 500 candidats potentiels.

Ce type d’événement, qui se révèle de plus en plus incontournable, répond à différents besoins, évoqués lors de la conférence de presse. Pour Jérôme Barbier, directeur du recrutement de Bouygues Telecom, « le challenge permet d’aller à la rencontre des étudiants et de leur donner envie de nous rejoindre ». Du côté de Logica ou de Vallourec, l’objectif est de faire connaître les métiers et les défis industriels de leurs secteurs d’activité. On le voit, les attentes sont différentes : besoins de recrutement importants, recherche de nouveaux profils, montée en notoriété...

Si des événements de ce type sont utiles, ils restent ponctuels. Les entreprises ont donc besoin de nouer des relations étroites et durables avec des écoles généralistes ou spécialisées. Ces partenariats sont bénéfiques aux deux parties. Du côté des écoles, les liens privilégiés avec les entreprises sont l’assurance de proposer des formations en phase avec les besoins économiques et industriels. Pour les entreprises, c’est le moyen de disposer en permanence des compétences techniques et des expertises recherchées.



Des relations à géométrie variable

Tous les partenariats ne se ressemblent pas. Ils vont de la simple offre de stages à la collaboration pédagogique poussée, de l’implication dans le conseil de perfectionnement au financement d’une chaire. Par exemple, Ionis Education Group déploie une palette très diversifiée d’actions avec les entreprises, dans le cadre de partenariats renforcés. À côté des classiques offres de stages et d’emploi prioritaires, et des intervenants professionnels venus présenter un métier ou une nouvelle technologie, les étudiants sont directement mis à contribution. « Des entreprises proposent à nos étudiants de tester leurs nouveaux produits et de proposer des améliorations, explique Fabrice Bardèche, vice-président du groupe privé. Ils se voient aussi confier la réalisation de projets industriels, sous la supervision des enseignants, et participent à des missions de recherche et des études de projet. »

Dans les deux écoles d’ingénieur du groupe, d’autres formes de relation existent. EPITA, tournée sur l’informatique, propose chaque année quatre conférences animées par des représentants d’entreprise. La dernière en date, qui portait sur les outils de lutte contre le spam et la contrefaçon, a réuni le directeur juridique et le chargé de la sécurité sur internet de Microsoft. La seconde école, ESME Sudria, invite des entreprises lors de la présentation des projets de fin d’année, qui peuvent aider les étudiants à développer les prototypes les plus prometteurs.

Autre exemple, l’ECE, qui implique les entreprises dans son conseil de perfectionnement. « Nous cherchons une proximité marquée tout au long du cursus des étudiants, précise Nelly Rouyrès, directrice adjointe de l’école. Elle assure notamment un enseignement de pointe, par l’animation d’options et de cours. » Les entreprises partenaires peuvent également aider les étudiants dans leur recherche d’emploi, par des ateliers de rédaction du CV et de présentation lors des entretiens d’embauche. Pour aller plus loin, certaines d’entre elles parrainent une promotion. « Bouygues, Thalès ou Bull ont opté pour cette voie, ce qui leur permet de se faire mieux connaître des futurs diplômés, estime Nelly Rouyrès. Elles s’offrent ainsi un point d’entrée privilégié à travers des workshops ou des visites de sites. En général, le parrainage débouche sur une vingtaine d’étudiants en stage et une promesse d’embauche pour une dizaine d’élèves. »

L’entrepreneuriat dans l’ADN

Si toutes les écoles d’ingénieurs sont impliquées dans le tissu économique régional et national, une partie d’entre elles ont véritablement l’ADN de l’entreprise. À l’école des Mines d’Alès, l’entrepreneuriat est au cœur de la formation. « L’école a été pionnière dans la pédagogie entrepreneuriale, avec la création d’un incubateur dès 1984, le développement des missions en entreprise et des séminaires de créativité », explique Alain Dorison, son directeur. La première pierre de l’Hôtel d’Entreprises, le 29 novembre dernier, va ajouter une nouvelle corde à son arc. Conçu comme un acteur du développement économique local, il va permettre d’accompagner une vingtaine d’entreprises durant cinq ans, à compter de leur création. Pour Alain Dorison, « l’Hôtel d’Entreprises est aussi un outil pédagogique pour les étudiants, qui vont côtoyer les créateurs tout au long de leur aventure. » Et du côté des start-ups innovantes, c’est également l’assurance de disposer de diplômés de l’école pour combler leurs futurs besoins de recrutement.

Ce type de synergie, qui dépasse le cadre du partenariat classique, confirme la volonté (et le besoin) des écoles d’ouvrir le maximum de portes professionnelles à leurs étudiants. Le taux d’insertion reste bon, puisque 76 % des diplômés de la promotion 2009 étaient en situation d’emploi moins de deux mois après leur sortie de l’école, d’après l’enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles. Mais ce pourcentage se montait à 84 % pour la promotion 2008, preuve que la crise économique n’a pas totalement épargné les jeunes ingénieurs.

Autre signe des temps, les écoles cherchent à ouvrir les horizons de carrière, alors que les diplômés restent très conservateurs dans leurs préférences : un grand groupe, connu et international. Pourtant, des parcours professionnels passionnants existent dans les PME, marquées par une forte culture de l’innovation et des process plus souples, ou dans des grandes entreprises peu connues mais proposant des produits ou des services à haute valeur ajoutée.

Le réseau d’anciens, un atout

Avec 1 400 entreprises partenaires, l’ESIA couvre un spectre assez large pour satisfaire toutes les opportunités de carrière. Une relation étroite qui s’explique naturellement, selon Louis Jouanny, vice-président de l’école : « L’ESIA est la seule école qui appartient aux anciens élèves. Cette spécificité nous assure un réseau très riche, impliqué en permanence dans la vie de l’école et des élèves. » Chaque année, 400 anciens interviennent en tant que tuteurs, pour suivre et encadrer la réalisation de projets d’étudiants. Le réseau d’anciens assure l’insertion professionnelle de 15 à 20 % des diplômés, et les stages de fin d’études de 9 mois constituent une pré-embauche dans 40 à 70 % des cas.

« Nous cherchons aussi de nouveaux moyens pour faciliter les échanges entre les entreprises et les futurs diplômés, précise Louis Jouanny. Le colloque d’une semaine à la neige pour les étudiants de 4e année est ouvert aux entreprises. Apple ou Atos Origin y participent régulièrement. L’intérêt est de se rencontrer dans un autre environnement, propice à la proximité et aux discussions informelles. » Les forums de recrutement, organisés dans la plupart des écoles, facilitent également ce lien direct et concret et permettent aux étudiants de découvrir des métiers et des secteurs d’activité. « Chaque année à la mi-octobre, nous organisons un campus day, témoigne Jean Soma, responsable de la communication de l’EFREI. Environ 80 entreprises, représentant tous les secteurs, reçoivent les étudiants sur des stands dédiés et nouent un premier contact, voire leur proposent un entretien d’embauche sur place. Les élèves de 4e année bénéficient d’offres de stage de fin d’études, souvent dans une optique de pré-embauche, alors que les étudiants de dernière année découvrent des offres d’emploi. »



Du diplômé au porte-parole de l’entreprise

Autre tendance forte, la présence d’ambassadeurs dans les écoles. Pour Louis Jouanny, « les entreprises ont tout intérêt à s’appuyer sur des anciens qui parlent les deux langues – celle de l’école et celle de l’entreprise. » La Société Générale ou GDF Suez s’appuient ainsi sur des réseaux de collaborateurs qui reviennent dans leur école d’origine pour présenter les débouchés et les secteurs d’activité. Une stratégie efficace, comme le prouve L’Oréal dont le réseau de 150 ambassadeurs a permis de recruter 450 cadres en 2008. En décembre 2009, le groupe pétrolier Total a lancé son programme avec 60 jeunes cadres, dont plus de la moitié dans des écoles d’ingénieurs.

Ce choix s’explique par une étude menée par Total auprès de 2 500 étudiants, qui a confirmé la notoriété du groupe mais a aussi révélé la méconnaissance des activités, considérées comme des métiers du passé.

Pour compléter le programme Campus Ambassadeurs, des étudiants et des cadres dirigeants sont également sollicités pour être les porte-parole du groupe dans les écoles. Si les méthodes classiques de recrutement sont toujours utilisées, les entreprises rivalisent d’imagination pour attirer les meilleures recrues. Pour rester performantes et compter dans la compétition économique mondiale, elles ont bien compris l’importance de gagner la guerre des talents. Pour les groupes les plus cotés auprès des étudiants, la partie n’en est que plus facile.
Pour la seconde année, EADS et Veolia Environnement sont en tête des “employeurs idéaux” pour les élèves ingénieurs, d’après l’enquête Universum 2010. Google, Thalès, EDF, Areva ou Dassault Aviation ont également les faveurs des futurs diplômés, profitant de leur intérêt marqué pour l’énergie, l’aéronautique et les technologies de la communication. Pour les autres entreprises, dont la notoriété est insuffisante ou dont le secteur d’activité n’attire pas spontanément, l’enjeu est de premier ordre.

Innover pour recruter :

« Avec l’évolution de la pyramide des âges, ce sont les entreprises qui se battent pour les diplômés et plus l’inverse, analyse Louis Jouanny. On remarque ce renversement de la demande par l’intérêt des chasseurs de tête pour les jeunes diplômés. Les responsables des ressources humaines viennent à la rencontre des étudiants dès la 3e année, leur offrent des stages techniques pour découvrir l’environnement et les fidéliser avec les stages de longue durée, en dernière année. » L’assurance, pour les entreprises, d’estimer la valeur des jeunes professionnels et de les former avec leurs outils et leurs méthodes...

Les actions de proximité, comme les forums du recrutement, sont plébiscitées par les étudiants et les diplômés. C’est une étude du cabinet Quatre vents qui le confirme, à partir d’un questionnaire rempli par plus de 3 000 jeunes en 2010. Ses résultats sont riches d’enseignement pour les DRH ! Plusieurs critères de sélection entrent en jeu lorsqu’un jeune s’intéresse à une entreprise : ses offres d’emploi et le secteur d’activité, mais aussi la qualité et l’image des produits et services ou le prestige de l’entreprise. D’autres éléments entrent en compte, mais seulement chez un jeune sur cinq : la solidité des entreprises, la politique RH ou la dimension éthique.

Pour trouver un emploi, l’immense majorité des diplômés consultent les sites web des entreprises. Un jeune ingénieur sur deux recourt également aux sites de recherche d’emploi. Autre constat, l’utilisation des réseaux sociaux est en pleine expansion. Mais les jeunes n’hésitent pas à croiser les sources : forums de recrutement, interventions de dirigeants et de professionnels dans l’école, etc. Ce qui ressort de l’étude est l’importance, pour les entreprises, d’être sur plusieurs fronts sans négliger un vecteur d’information. Faire preuve d’imagination et d’audace devient une nécessité...

De la compétition sportive au salon virtuel

Première option, l’entreprise peut voir les choses en grand, en s’offrant un immense salon du recrutement dédié à ses propres besoins. Depuis quatre ans, EDF organise ainsi l’Energy Day, avec à chaque fois plus de 500 offres de stage et des entretiens de pré-recrutement. En 2008, le groupe avait ainsi choisi le Stade de France pour attirer un millier d’étudiants et de diplômés des quatre coins de l’Hexagone.
Autre solution, la compétition sportive. Dans le même esprit que le challenge du monde des grandes écoles et universités, évoqué plus haut, le raid Total Central Paris est une course dédiée aux jeunes ingénieurs. Pour la 12e édition, en 2010, 200 concurrents se sont affrontés durant cinq jours en Ariège. En dehors des épreuves sportives, ils pouvaient échanger avec des représentants d’une quinzaine d’entreprises, parmi lesquelles Casino, Air France ou Michelin.
Après le sport, le réconfort ? Les recruteurs ont tout prévu, avec une nouvelle tendance qui apparaît : l’apéro-recrutement, ou la mode du speed-dating adaptée au monde de l’entreprise, et dans une ambiance conviviale. On remarque d’ailleurs le développement, depuis plusieurs années, du speed-dating professionnel dans les salons de recrutement ou dans les locaux des entreprises. Souvent, l’entreprise crée un mini-site dédié à l’événement et communique largement. Les candidats s’inscrivent sur le site et sont pré-sélectionnés. À eux, par la suite, de convaincre en 7 à 15 minutes et de montrer leur motivation, pour espérer obtenir ensuite un entretien d’embauche dans les règles de l’art...

Les entreprises ont bien compris l’importance de s’adapter aux habitudes de la génération Y, les fameux digital natives. Le recrutement virtuel connaît une forte percée, initiée il y a quelques années avec quelques expérimentations timides sur Second Life. Deux exemples récents, en 2010, confirment la tendance. En avril dernier, la RATP a ouvert pendant quelques jours un forum virtuel sur le web. L’objectif ? Mettre en relation 150 de ses ingénieurs avec des étudiants et des jeunes diplômés, présenter les métiers et expliquer les possibilités d’évolution professionnelle. Pour l’entreprise, il s’agit de récupérer des CV qui correspondent à ses attentes, et de recevoir des candidats qui auront une idée précise des spécificités de ses métiers.

Au-delà de la qualité, la quantité est également attendue !

En effet, la moitié des cadres de l’entreprise seront partis à la retraite à l’horizon 2014. De nombreuses opportunités sont donc ouvertes aux diplômés. Le second exemple, à plus grande échelle, concerne les étudiants de neuf grandes écoles de management et d’ingénieurs, mais aussi des jeunes professionnels en recherche d’emploi. Le forum Catalyz, salon virtuel du recrutement, s’est tenu cinq jours en décembre. Au programme, 11 000 offres de stages et 17 000 postes proposés (dont 3 500 pour Cap Gemini, 3 000 pour GDF Suez et 2 300 pour Alten), et des chats avec une centaine de DRH et d’opérationnels. La première édition a été un succès, avec 5 000 inscrits. Preuve est faite qu’en matière de recrutement, les nouvelles recettes ont la cote. G.M.



Cet article est issu du supplément éco du Parisien, du 7 février 2011


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14.02.2011

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