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Entrepreneurs avant même d’être diplômés

Les étudiants entrepreneurs sont de plus en plus nombreux : 2 exemples pour vous donner des ailes

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Arnaud Gautier vend des bracelets avec un QR code, qui, une fois scanné avec son smartphone, permet de découvrir la carte de visite virtuelle de son propriétaire.

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A l’âge où leurs copains multiplient les stages étudiants, ils ont lancé leur entreprise. Sans argent, sans réseau, sans expérience mais avec le culot de la jeunesse et la volonté d’être indépendants.

« Vous êtes le patron et vos employés sont en maternelle ? » Des blagues de ce type, Jonathan Haddad en a essuyées un certain nombre. Cet étudiant en BTS de communication vient de créer une marque de tee-shirts cousus de tissus évoquant le voyage. Il fait partie de ces jeunes qui n’attendent pas d’être diplômés pour sauter le pas et créer leur entreprise. Selon l’Agence pour la création d’entreprise (APCE), les moins de trente ans représentent 24 % des créateurs et les moins de vingt-cinq ans 9 % des 550 000 nouveaux entrepreneurs français de 2012 (sondage APCE « Les jeunes créateurs d’entreprise en France ».).

« Leur nombre augmente et les projets qu’ils présentent sont de plus en plus qualitatifs, explique Jean-David Chamboredon, président du fonds d’investissement Isai. Un quart des projets que nous finançons ont été initiés pendant les études de leurs fondateurs. »

Plus d’un jeune sur deux souhaite créer sa boîte


Rejoindre un grand groupe fait moins rêver la nouvelle génération. Plus d’un jeune sur deux souhaite créer sa boîte, 13 % envisagent de le faire dans les deux ans (Selon le sondage réalisé par l’Institut Think pour l’APCE et Cerfrance à l’occasion du salon de l’entrepreneur).

Le point commun de tous ces entrepreneurs en herbe ? La peur de l’échec ne les empêche pas de dormir. Stéphanie Dambron s’est lancée dans la restauration rapide indonésienne, il y a deux ans, alors qu’elle était encore à Science Po Paris. « Aujourd’hui, mes amis diplômés ont de beaux jobs bien payés, ils disent tous vouloir se mettre à leur compte mais ce sera bien plus difficile pour eux », estime-t-elle.

La vraie difficulté pour ces étudiants-businessmen reste de convaincre les banquiers . « Ma demande de prêt a été refusée quand j’ai présenté mon business plan, je suis revenu en jean-baskets prétextant que j’en avais besoin pour mes études et on me l’a accordé », raconte Romain Sarels qui vient de lever plus d’un million d’euros pour sa start-up Pubeco.

Les mises de départ nécessaires sont très diverses : de 1 000 € pour Jonathan Haddad et ses tee-shirts à 150 000 € pour Stéphanie Dambron, la pro du fast-food. Son premier restaurant parisien fait salle comble au déjeuner mais elle ne gagne toujours pas correctement sa vie. Pour elle, comme pour la majorité des jeunes entrepreneurs, l’essentiel n’est pas là. Le désir de plus gros revenus ne vient en effet qu’en troisième position des moteurs des jeunes créateurs (31 %) loin derrière l’envie d’être indépendant (71 %). En attendant, la grande fierté de Stéphanie est d’avoir embauché trois personnes en CDI.

« Je n’avais pas beaucoup d’argent mais mon idée a plu »


Arnaud GAUTIER, 4e année à l’école de commerce Novancia, inventeur du QR code sur bracelet

« Au début, mon père ne soutenait pas mon projet d’entreprise, de peur que je ne finisse pas mes études. Finalement, il est associé au capital », explique Arnaud Gautier. Depuis dix-huit mois, cet étudiant de 22 ans vend des bracelets sur lesquels est gravé un QR code, qui, une fois scanné avec son smartphone, permet de découvrir la carte de visite virtuelle, le compte Facebook ou Twitter de son propriétaire.

Tout a commencé comme un jeu de geek. Le jeune étudiant, alors en troisième année de son école de commerce parisienne, avait imprimé un QR code sur un tee-shirt. L’objet a fait fureur dans les soirées étudiantes. Et pour cause, il favorise les rencontres sur un mode ludique, en échangeant ce code plutôt que son numéro de téléphone. Et « l’argument compétition entre copain joue aussi, c’est à celui qui scannera le plus de codes dans la soirée », explique le jeune créateur.

Finalement, l’idée adaptée en bracelets, plus solides, plus discrets, séduit des professionnels, notamment du tourisme, qui en offrent à leurs clients. Un informaticien a d’ailleurs été associé à cette aventure. Pour l’heure, plus de 6000 profils ont été enregistrés.

Les motivations d’Arnaud Gautier sont simples : « J’avais envie de m’amuser, je n’avais pas forcément beaucoup d’argent mais mon idée a plu. » L’argent en question est du « love money », collecté auprès de la famille et des amis. Depuis, le jeune homme a déjà décliné plusieurs propositions de rachat. D’autres entreprises l’ont contacté pour le recruter. Il a refusé et s’est accordé une année sabbatique en 2012 pour développer ce projet.

Apprendre la finance ou le marketing quand on est déjà patron prend une tout autre saveur. Petit bémol, les cours, pensés pour de futurs cadres de grands groupes, ne sont pas toujours en phase avec la réalité des PME.


« C’est le moment de prendre des risques »


Laura CHAGNEUX, étudiante en master à la Grenoble école de management, cofondatrice de Kodicar



Et le grand gagnant est Kodicar ! C’est sur ces mots prononcés par le jury du concours Start-up week-end organisé par Rouen business school que la chance de Laura Chagneux et Yasemin Erbil a tourné. « Nous avions cinquante-quatre heures pour créer de toutes pièces un business model. Depuis, nous avons enrôlé un troisième associé et nous voyons les choses en grand », explique Laura Chagneux.

Les deux jeunes femmes sont parties d’un constat à la fois pratique et écologique, les rues de Grenoble (Isère) sont constamment encombrées de voitures qui ne transportent qu’un conducteur. Leur solution pour limiter bouchons et pollution : créer une application pour smartphone afin de partager des trajets, même très courts.

Le covoiturage est dans l’air du temps et les deux jeunes femmes sont pressées. « Tout va se jouer sur le timing, nous avons déjà vu des applications similaires aux Etats-Unis, en Italie, en Espagne. Nous voulons bien nous positionner sur le marché français », assure Laura Chagneux. Objectif, offrir une première version de l’appli Kodicar avant l’été.

Entrepreneuse et étudiante, l’alliance est une évidence pour Laura : « Pour l’instant, nous pouvons prendre des risques car nous n’avons rien à perdre ou presque : nous n’avons pas de crédit sur le dos, pas d’enfant à charge. »

Enjouées les deux jeunes femmes assurent qu’il est très facile d’entreprendre en France. Elles profitent de la venue d’intervenants professionnels dans leur école, comme l’un des fondateurs d’Accor, pour se créer un réseau, tester leur modèle, etc. Kodicar leur coûte très peu cher à développer : les associées ont simplement payé un designer puisque le programmateur, pièce maîtresse de leur projet, est devenu leur associé. Et pour leur communication, elles misent sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter. Chez Kodicar, on n’a pas d’argent, mais on a des idées.


Pratique : un salon où s'inspirer...


Le Salon des entrepreneurs a 20 ans
Mercredi 6 de 9 heures à 19 heures et jeudi 7 de 9 heures à 18h30, au palais des Congrès, porte Maillot (Paris XVIIe).
A noter : la conférence dédiée aux 18-30 ans mercredi 6 février de 16h30 à 18 heures en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME.
Plus d'infos ici sur le salon

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06.02.2013

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