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Et si on supprimait le bac...

Une épreuve qui coûte cher et dont l’intérêt est contesté depuis 130 ans ! Qu’est-ce qu’on attend pour changer ?

« Un consensus national est accordé à cet examen », s’est réjouie Florence Robine, directrice générale des affaires scolaires, en présentant la session 2015 du bac, qui débute aujourd’hui avec la dissertation de philosophie pour les sections générales et technologiques et le français pour les pros.

C’est oublier un peu vite que ce rite républicain de la société française est régulièrement battu en brèche… et cela depuis très, très longtemps : « Le premier à suggérer de supprimer le baccalauréat a été le ministre de l’Instruction publique Armand Fallières en 1885 ! raconte l’historien de l’éducation Claude Lelièvre. Même Jules Ferry voulait réformer cet examen, qui nuisait selon lui à la qualité de l’enseignement parce qu’il favorisait le bachotage plus que la réflexion. » Et pourtant, il dure ! Aujourd’hui, ce chantier « lourd et difficile » n’est pas d’actualité. « Il faut éviter les grands soirs », insiste Florence Robine, plutôt favorable à « un subtil équilibre entre contrôle continu et effort final ». Et si enfin on avait le courage de bousculer cette institution?

Ça coûterait moins cher


Le ministère de l’Education chiffre l’organisation du bac à 57,84 M€ pour 2014. Ce qui comprend les frais de déplacement, la rémunération des correcteurs et examinateurs, les frais d’organisation… Mais en 2013, le SNPDEN, le principal syndicat des personnels de direction, présentait une addition bien plus salée : 1,4 milliard par an. Pour la première fois, ce calcul prenait en compte le montant des trois semaines d’enseignement perdues par tous les lycéens, soit environ 8 % de l’année scolaire !

On travaillerait jusqu’à fin juin


Le bac est gourmand en forces vives (les examinateurs) et en locaux, pour accueillir et encadrer au même moment quelque 684 734 candidats. Et pendant que la majorité des lycées, et certains collèges, sont réquisitionnés, les autres élèves bullent à la maison. François Fillon, ancien ministre de l’Education qui avait en 2004-2005 essayé, sans succès, de réformer le bachot, revient à la charge avec ce même argument. « Le baccalauréat devrait être plus solide dans son contenu et plus simple dans son organisation », propose-t-il dans une lettre aux enseignants publiée sur son blog. Il suggère « quatre épreuves, avec un niveau d’exigence accru, passées début juillet pour ne pas supprimer chaque année des semaines de cours ».

Ça ne changerait rien pour les études supérieures


La Fidl, principale organisation lycéenne, regrette que « le bac n’ait plus aucune valeur pour l’orientation, puisque tout se joue avant, sur les bulletins de 1 re et de Terminale, comme le relève Ahmed Saddi, l’un des porte-parole de l’association. Fanny, une bonne élève qui passe son bac ES avec un avis « très favorable », vient de le comprendre, dans la douleur. Elle devrait décrocher l’examen sans grande difficulté, et pourtant, elle n’ira pas forcément dans la filière de son choix l’an prochain. Bien avant le bac, le 8 juin, les résultats du système national d’admission post-bac APB sont tombés : elle est en liste d’attente pour son premier choix, un BTS audiovisuel, et n’a été retenue que pour la fac, en administration économique et sociale (AES). « Je révise pour avoir 10, a-t-elle déclaré avec dépit à ses parents, puisque la mention, ça ne sert plus à rien, c’est seulement pour faire plaisir aux parents ». Même aigreur chez les bac pro. « Le bac seul ne sert plus sur le marché de l’emploi, on demande maintenant des BTS », note Ahmed Saddi.

Ce serait la fin d’un moment collectif


« On parle du bac, alors qu’on devrait parler des bacs, qui n’ont rien à voir entre eux et qui sont devenus une sorte de certificat de fin d’études secondaires, au lieu d’être le premier diplôme de l’enseignement supérieur, constate l’historien Claude Lelièvre. En fait le bac n’existe pas, c’est un mythe ! Et on ne peut pas supprimer un mythe. » Les lycéens, malgré le stress, ne le veulent pas, « parce que c’est le seul examen qui nous met tous sur un pied d’égalité, quel que soit notre lycée d’origine », argumente Ahmed Saddi, de la Fidl. Valérie Marty, présidente de la fédération de parents PEEP, tient aussi à « cet examen relativement juste et bienveillant », qui « représente quelque chose pour les familles. C’est un rite de passage ».

TEMOIGNAGE

« Il faudrait ne garder que 3 ou 4 épreuves », Florence Delannoy, secrétaire générale du Syndicat des personnels de direction (SNPDEN)

PROVISEUR dans l’académie de Lille, Florence Delannoy, représentante du Syndicat des personnels de direction, milite pour un bac allégé.

Votre étude, en 2013, chiffrait le bac à 1,434 Md€. C’est un coût énorme…


FLORENCE DELANNOY. Oui, et il est toujours d’actualité. Ce que ne chiffre jamais le ministère de l’Education, c’est le coût humain du bac. Il y a la mobilisation en amont de tout le personnel pour préparer les sujets, mais surtout les trois semaines de cours que l’on enlève aux élèves de la seconde à la terminale. Et c’est davantage encore quand il y a des bacs pros ou des BTS dans les lycées : là, les épreuves ont commencé au lendemain des dernières vacances. Tous les ans, on fait du calendrier scolaire un psychodrame, pour fixer la rentrée au 1 er septembre, pour que les élèves aient 36 semaines de cours… Mais personne ne s’offusque de ces trois semaines d’enseignement en moins. N’oublions pas que l’année scolaire s’achève, normalement, cette année le 4 juillet.

Faut-il supprimer cet examen ?
Le supprimer, peut-être pas, il a un rôle symbolique et la société française n’est pas prête. Mais le réformer, oui. On pourrait alléger la part des épreuves terminales. Il y en a de plus en plus et on n’en supprime jamais. Il faudrait n’en garder que trois ou quatre et basculer une part plus importante en contrôle continu. Ces propositions circulent aussi bien à gauche qu’à droite, tout le monde y pense, mais personne n’ose se lancer.

Que faut-il garder alors ?
Les candidats au bac des séries ES, par exemple, ont aujourd’hui des dissertations dans quatre épreuves. On pourrait en conserver une seule, qui permettrait d’évaluer les compétences à disserter et pour le reste, on pourrait évaluer les connaissances avec des QCM (questionnaires à choix multiple), sur des temps courts, comme en médecine. Cela permettrait en plus de limiter la fraude et les fuites, car il est plus difficile de tricher avec ce type d’épreuve.

Sert-il encore à quelque chose ?
Aujourd’hui, le taux de réussite est de 95 % si l’on compte les redoublants qui décrochent leur bac à la deuxième tentative. Le bac, c’est surtout la première validation pour avoir le droit de poursuivre des études supérieures. Mais on ne sait plus ce qu’il évalue comme compétence. L’enseignement supérieur sélectionne les élèves bien avant le bac, sur dossier, avec les deux premiers bulletins de terminale. L’examen ne fait que valider ces sélections. Un mauvais élève qui réussit son bac n’aura aucune offre pour poursuivre ses études. Et les mentions n’apportent plus rien. Avant, on entrait directement à Sciences-po Paris avec une mention bien, ce n’est plus le cas.


Véronique Maribon-Ferretet Christel Brigaudeau

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