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Etudiant-entrepreneur : tout ce qu'il faut pour se jeter à l’eau

Tout ce qu'il faut savoir pour devenir étudiant-entrepreneur et monter sa boite.

Lancés à la rentrée 2014 pour stimuler l’entrepreneuriat chez les moins de 28 ans, les Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite) ont attribué l’an passé le statut d’étudiant-entrepreneur à 2 448 jeunes, contre 1 427 en 2015. Une goutte d’eau par rapport aux 2,5 millions d’étudiants. Mais le désir d’entreprendre chez les jeunes dans notre « start-up nation », chère à Emmanuel Macron, est bien réel.

Selon une étude de l’Agence France Entrepreneur (AFE), « l’entrepreneuriat est le meilleur choix de carrière » pour 52 % des 18-30 ans, qui se jettent à l’eau de plus en plus tôt : l’an passé, 8 % des créateurs avaient moins de 25 ans, contre 6 % en 2006.

C’est le cas de Loïc Douis, qui a fondé un bureau d’études à 23 ans. Tout juste diplômé de l’école d’ingénieurs SIGMA à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le major de promo continue de jouir des « avantages » du statut, grâce au diplôme d’établissement étudiant-entrepreneur (D2E), plébiscité par les créateurs qui viennent de finir les études. « Rester étudiant pendant un an, c’est garder mes 350 € de bourse par mois. Cela me permettra de faire grandir l’activité sans sortir un salaire », savoure-t-il.

Parcours du combattant



D’autres initiatives se multiplient. Sur le point d'être lancée, la plate-forme Kangae « propose des contenus ciblés pour sensibiliser » les 15-25 ans à l’esprit d’entreprendre. Au Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee), on accompagne les 18-30 ans depuis 2009, quel que soit leur niveau de formation. Pour son fondateur, Dominique Restino, ces jeunes apportent leur pierre à l’économie. En 2015, on estimait que leurs entreprises pouvaient déboucher sur la création d’1,2 million d’emplois.

Entreprendre en suivant des cours ou à la fin des études est difficile, reconnaissent 96 % des jeunes sondés par le Moovjee. À moins de bénéficier du réseau des parents, l’étudiant se lance, comme ses aînés, dans un parcours du combattant. Mais moins armé. Car, si les emplois du temps sont aménagés, les étudiants-entrepreneurs, aussi matures soient-ils sur les bancs de la fac, font encore l’apprentissage de la vie active.


Statut d’étudiant-entrepreneur : mode d’emploi



Pour qui ?


Le statut d’étudiant-entrepreneur est ouvert aux bacheliers de moins de 28 ans, inscrits dans une université ou une grande école liée à l’un des 29 Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite), rattachés au ministère de l’Enseignement supérieur.

Pour postuler.


Connectez-vous au site Internet etudiant-entrepreneur.beta.gouv.fr.

Pour l’obtenir.


Vous devrez convaincre un jury, composé de responsables pédagogiques, d’entrepreneurs et d’investisseurs.

Comment ça se passe ?


Une fois le statut accordé, vous bénéficierez d’aménagements de cours, d’un accompagnement sur-mesure (double tutorat avec un prof et un business angel), d’un accès à un espace de coworking, à un incubateur…

En complément.


Le Diplôme d’établissement étudiant-entrepreneur (D2E), programme d’un an permettant d’acquérir les bases en marketing, finance ou gestion et de conserver les avantages du statut étudiant (bourse, couverture sociale, transports…). Frais d’inscription : 500 € maximum.



Success stories



Le surdoué


Mark Zuckerberg, PDG de Facebook
« Maman, je t’avais toujours dit que je reviendrai et que j’aurai mon diplôme. » La promesse a été tenue par Mark Zuckerberg, qui a reçu en mai dernier son parchemin, à titre honorifique, treize ans après avoir créé Facebook dans sa chambre d’étudiant d’Harvard (Etats-Unis). Le milliardaire américain de 33 ans avait quitté le célèbre campus après seulement deux années d’études en sciences informatiques et psychologie. Objectif : faire grandir son bébé. Le réseau social compte aujourd’hui plus de 2 milliards de membres et s’est imposé parmi les dix premières capitalisations boursières au monde.

« Je n’allais pas trop en cours »


Nicolas Simon, président à 24 ans de Wandercraft
Cinq ans après son lancement, la start-up parisienne Wandercraft vient de convaincre cinq fonds, dont Bpifrance, d’injecter 15 M€ dans son projet : commercialiser un exosquelette capable de faire marcher des paraplégiques.

À sa tête, Nicolas Simon, 29 ans, et deux associés, ex-camarades de l’École polytechnique à Palaiseau (Essonne). « L’histoire a débuté en 2011, raconte l’ingénieur. À l’époque, on était cinq de la même promo, tous à l’étranger pour notre dernière année. On se voyait sur Skype pour concevoir le prototype. » En échange à l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni), l’étudiant, issu d’une famille de céréaliers, « décide de sortir du cadre de l’école » pour entreprendre.

« Nous voulions avoir la propriété intellectuelle. » Le diplôme ? « Je n’allais pas trop en cours. Le niveau étant moins élevé qu’à Polytechnique, j’ai bachoté trois semaines avant les examens et j’ai eu la mention. »

Jean-Louis Constanza, entrepreneur de 56 ans, a rencontré les acolytes un mois avant la création : « C’étaient déjà des entrepreneurs forts, ils ont grandi dans cette culture. » Séduit, celui qui est devenu directeur du développement se souvient avoir « apporté un peu d’expérience sur l’organisation et la communication, tel un expert senior ». Et Nicolas Simon de préciser : « Jean-Louis nous a aidés pour la première levée de fonds en nous présentant Marc Simoncini (Meetic) et Xavier Niel (Free). »

« Notre intuition est validée »


Farid Lahlou, Zafar Baryali et Massoud Ayati, fondateurs à 18 ans de la société Des bras en plus
Leur trio se forme dès la première année à l’EDC, école des cadres parisienne, et à la cité universitaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), où ils logent. On est en 2004, ils ont 18 ans. Pour payer leur loyer, ils travaillent dans la même entreprise de déménagement. « Tous les soirs, on débriefait sur les incohérences du secteur, la tarification, etc. », raconte Farid Lahlou. Peu à peu, ils identifient le potentiel énorme d’un marché qu’ils jugent « préhistorique et opaque ». Pendant que leur école les forme à la gestion, leur projet de proposer une autre solution de déménagement prend forme. Soirs et week-end, ils « tâtent le terrain, valident certaines idées ». Ils vont tout de même au bout de leur cursus. « Mes parents préféraient que je sois banquier que déménageur, raconte Zafar Baryali. À l’époque, dit-il, le diplôme était un passeport pour accéder aux grandes entreprises ». Les trois copains en ont décidé autrement. « Je ne suis pas né entrepreneur, précise Zafar, notre rencontre a été fondamentale ».

À 22 ans, diplôme en poche, ils concrétisent leur projet et lancent « Des bras en plus », en 2011, avec les 6 000 € qu’ils gagnent à un concours. Ce qu’ils proposent n’existait pas. « On est les premiers à permettre de réserver en ligne son déménagement, à la carte, selon son budget, expliquent-ils. C’était excitant de partir d’une feuille blanche ». Avec ses 40 collaborateurs, l’entreprise double son chiffre d’affaires cette année, à 6 M€ et 60 000 prestations. Tous les bénéfices sont réinvestis et elle ne compte que sur ses fonds propres. Et si c’était à refaire ? « Tout pareil, clament-ils à l’unisson, Notre intuition d’étudiants est validée ».

« Sans femme ni enfants, c’était le meilleur moment »


Nicolas Rohr et Frédéric Mugnier, créateurs à 21 ans de Faguo
Dès leur première année de master à l’ISTEC, une école de commerce parisienne, Nicolas Rohr et Frédéric Mugnier décident de concrétiser leur envie de créer une marque de prêt-à-porter. « On n’avait pas de femmes, pas d’enfants, pas d’emprunt. C’était le meilleur moment », raconte Nicolas Rohr.

Plutôt qu’effectuer leur stage en entreprise, ils mettent à profit ces 4 mois pour bâtir leur projet (étude de marché, calendrier des étapes, etc.), histoire de convaincre leurs parents et le directeur de l’école. Le feu vert obtenu, ils lancent, à 21 ans, leur marque Faguo, « sans aménagement spécifique d’emploi du temps mais beaucoup de compréhension », se souvient Nicolas Rohr. Ils décrochent leur diplôme. « Vous êtes fous, ce n’est pas sérieux, sécurisez vos diplômes, prenez de l’expérience… », entendent-ils beaucoup. « Vous avez de la chance de le faire maintenant », leur dit-on aussi. Pour vendre et se développer, ils s’appuient sur les réseaux sociaux et le crowdfunding, « cherchent des chemins différents ». Touche finale, leur engagement en matière de dévelop­pement durable avec 1’arbre planté par article vendu pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre.

Neuf ans plus tard, le bilan se traduit par 700 000 arbres, 7 boutiques — bientôt 8 —, à Paris et Lille, une distribution dans 23 pays, 45 personnes et l’entrée d’Eram au capital (49 %). Les fondateurs prévoient d’ici cinq ans d’avoir 40 boutiques en propre et de quadrupler leur chiffre d’affaires, de 9 M€.



Virginie De Kerautem, Cyril Peter


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Le Parisien

Le Parisien
10.11.2017

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