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Examens & antisèches : les nouvelles méthodes de triches

Calculatrice, smartphone, montres : l'antisèche s’est modernisée !

Dans le nanar culte de Claude Zidi, « Les sous-doués passent le bac », les candidats rivalisent d’ingéniosité pour berner les examinateurs. Ils ont aujourd’hui trouvé plus fort qu’eux : les fraudeurs des années 2010.

A près de trois semaines du baccalauréat, ces ados rusés mais inconscients sont prêts à dégainer leurs armes high-tech, leur iPhone, leur Blackberry ou leur baladeur MP3. Ces stratagèmes donnent un sacré coup de vieux aux coups d’œil par-dessus l’épaule de la première de la classe. Les contrevenants, qui risquent très gros dans la salle d’examens, sont bien plus nombreux à déployer leur arsenal en cours.

Dans de nombreux établissements, on assiste au boom de l’usage de téléphones sophistiqués durant les contrôles même si ce phénomène est loin de toucher tous les élèves. Certains établissements ont décidé de sanctionner durement la tricherie, à l’instar du lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient (Morbihan), qui vient de modifier son règlement intérieur. L’élève démasqué lors d’une interro peut dorénavant être condamné à trois jours d’exclusion. « Depuis un mois, six de ces mesures disciplinaires ont été prononcées », recense le proviseur Alain Collas. Les collèges ne sont pas épargnés. « J’ai pris un élève en flagrant délit qui avait son cours photographié dans son mobile », confie un prof de physique en Gironde. Au ministère de l’Education, aucune directive n’a été envoyée à ce jour pour contrer cette tendance. « Quand il est question de tricherie à l’école, tout se fait au niveau local », justifie-t-on rue de Grenelle.

La « pompe » la plus répandue, c’est celle commise à la maison. Les jeunes surfeurs n’hésitent pas à pratiquer le copier-coller sur la Toile pour alimenter leurs devoirs, un exposé.
Depuis quelques mois, l’académie de Bordeaux teste dans sept lycées et trois collèges le logiciel antiplagiat Compilatio qui passe au peigne fin les copies et donne instantanément un pourcentage de similitude avec les millions de textes disponibles en quelques clics.

TRICHE : LES SANCTIONS
En classe, l’élève pris en flagrant délit de triche risque de façon graduée une note revue à la baisse, un mot dans son carnet, une convocation des parents, un avertissement de conduite et le conseil de discipline menant à l’exclusion. Au bac, le candidat démasqué dont la fraude est avérée s’en sort au mieux avec un blâme et l’annulation de l’épreuve correspondante. Dans les cas les plus graves, les sanctions administratives prévoient une interdiction de passer le bac pour une durée maximale de cinq ans et de s’inscrire, cette fois-ci de manière définitive, dans un établissement public de l’enseignement supérieur.

Il existe enfin des sanctions pénales. La « substitution d’identité » lors d’une épreuve est par exemple passible d’une peine d’emprisonnement et d’une amende jusqu’à 45 000 €


Smartphone, Calculette, Montre... les techniques et témoignages

« Le téléphone, c’est mieux que l’antisèche classique »
Antonin en 1re S, triche mais ne s’est jamais fait prendre


Antonin, en 1re S (scientifique) dans un lycée de bonne réputation du sud de Paris, prend la tricherie avec philosophie. « Pour moi, peu importent les moyens, ce qui compte c’est le résultat. Si j’ai un 19/20 en ayant truandé, ça reste un 19/20, je n’ai aucun problème de conscience avec ça », martèle l’ado de 16 ans devant les grilles de son établissement, un casque audio volumineux sur les oreilles. Lors des devoirs surveillés (DS), il « profite largement » de son Nokia, surtout de son forfait Internet illimité. « Une fois, en géo, j’avais une carte à remplir. J’ai été sur Google Earth pour récupérer les noms des pays et des mers, ça m’a bien aidé », se félicite-t-il. Lors d’un contrôle de français, il n’hésite pas à surfer sur Wikipédia, l’encyclopédie en ligne, pour tout connaître de Flaubert ou de Voltaire. Avant certaines interros, il photographie ses cours avec son mobile qui est équipé d’un « bon zoom ». Avec sa machine « planquée » entre sa trousse et sa copie, il met enfin à contribution ses copains lors des DS de maths. « Je demande par SMS les réponses aux exos, soit à un camarade qui est dans la même salle que moi soit à un pote à l’extérieur », dévoile-t-il.
Parfois, il doit revoir ses plans. « Quand le prof exige qu’il n’y ait pas de trousse sur la table, c’est plus compliqué. Heureusement qu’il reste la poche pour dissimuler le téléphone… » souffle-t-il. Le fraudeur n’a jamais été pris. « Les profs ne se doutent de rien, je ne me suis pas encore fait cramer. Le téléphone, c’est mieux que l’antisèche classique sur un morceau de papier. Parce qu’une feuille, ça fait du bruit », avertit-il.
Dans son cas, la triche high-tech n’a pas fait de miracle. « Je redouble », lâche-t-il.

« Je ne m’en servirai pas au bac, c’est trop risqué »

Dans sa classe, il jure qu’il n’est pas le seul à exploiter, sans foi ni loi, le filon des nouvelles technologies. « Sur 35 élèves, il y en a 20-25 qui ont déjà tapoté sur leur téléphone lors d’un contrôle. Il y a juste 5 ou 10 surdoués qui peuvent s’en passer », recense-t-il. Ce garçon s’est imposé une limite dans l’utilisation de son mobile. « Je ne m’en servirai pas au bac, c’est trop risqué », promet celui qui, dans quelques semaines, va plancher lors de l’épreuve anticipée de français.

A quelques mètres de là, Adrien, lui, préfère exhiber son iPod, le baladeur numérique d’Apple. Sur l’écran apparaissent des applications qui peuvent lui rendre pas mal de services. Ici un dictionnaire français-anglais, là le célèbre Bescherelle capable de conjuguer en un temps éclair des milliers de verbes. « Pour ne pas se faire piquer par les profs, on se place un peu plus loin que le deuxième rang. Et ça passe », constate-t-il. Attention, tous les enseignants ne tombent pas dans le panneau! « Une prof de sciences de la vie et de la terre exige qu’on laisse les portables sur son bureau avant un DS. Elle avait été alertée un jour par une élève qui, durant son cours, ne prenait pas de notes mais entrait directement les leçons dans son iPhone! » témoigne-t-il. Son autre arme — qui est légale celle-ci lors des examens de mathématiques — c’est sa calculette, la TI 89. « Grâce à un logiciel, elle va me résoudre les fonctions du second degré pas à pas, c’est-à-dire avec le raisonnement, applaudit-il. Ensuite, il suffit de recopier… »

Et même une montre
Dans sa boutique et sur son site Internet de gadgets high-tech, Jean-Philippe Labeille a un produit qui connaît ces jours-ci un pic des ventes : la montre-téléphone. A l’approche des examens, des candidats kamikazes prêts à débourser entre 120 et 250 € se laissent tenter par cet objet à la James Bond qui donne bien plus que l’heure. Avec sa fonction photo, il immortalise sur l’écran des principes philosophiques ou des formules de chimie.

Vincent Mongaillard

Cet article a été publié dans le Parisien / Aujourd'hui En France du lundi 23 mai 2011


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