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Fiche Métier : 5 ans d'études pour devenir sage-femme

Comment devenir Sage Femme - Découvrez le métier de sage femme, sa formation, missions, expériences, rémunération...

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Méternité du centre Hospitalier de Poissy-Saint-Germain

Après une première année généraliste, les futures sages-femmes intègrent l’une des 35 écoles spécialisées par le biais d’un concours pour suivre un cursus de quatre ans.

Plus de 20000 sages-femmes exercent actuellement en France. Si leur fonction est souvent associée à la grossesse et à l’accouchement, différentes facettes de ce métier restent encore méconnues. Cette profession médicale, représentée par un ordre depuis 1945, n’a, par exemple, été ouverte aux hommes qu’en 1982 ! Et depuis 2009, avec la loi Hôpital, patients, santé et territoires, les sages-femmes ont vu leurs missions auprès des femmes renforcées.

« Elles peuvent en effet prescrire à toute patiente en bonne santé les différents moyens de contraception existants et proposer un suivi gynécologique de prévention (mammographie, frottis…) », précise Cécile Moulinier, secrétaire générale du Conseil national de l’ordre des sages-femmes. Ces tâches étaient auparavant réservées aux médecins généralistes et aux gynécologues obstétriciens. Le nombre de ces derniers devant diminuer d’ici à 2020, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée en mars 2012, les sages-femmes ont une place à prendre.

Concours Sage Femme


Pour exercer ce métier, le cursus est de cinq ans : la première année des études de santé (Paes), commune aux étudiants en médecine, odontologie (chirurgie dentaire) et pharmacie, et quatre ans de formation au sein de l’une des 35 écoles de sages-femmes présentes en France. « L’admission se fait par le biais d’un concours. Chaque année, entre 20 et 44 étudiants sont admis », explique Françoise Nguyen, sage-femme directrice de l’Ecole de sages-femmes Baudelocque à Paris.



Le cursus comporte deux phases de deux ans chacune : les étudiants obtiennent un diplôme de sciences maïeutiques, reconnu au grade de licence (bac + 3) depuis l’année dernière avant de décrocher le diplôme d’Etat de sage-femme. D’ici deux ans, il devrait être reconnu au grade de master. L’aboutissement de trente années de combat de la profession. « Cela permet de mieux négocier les équivalences mais aussi d’avoir une meilleure lisibilité du parcours universitaire, à l’international notamment », se réjouit Françoise Nguyen. De même, les sages-femmes pourront aller jusqu’au doctorat et apporter ainsi leur expertise dans la recherche en périnatalité.

Ces professionnelles peuvent être salariées dans un hôpital, une clinique privée, au sein des services de la protection maternelle infantile (PMI) ou en libéral. « Les salaires des sages-femmes libérales sont plus bas que ceux des infirmières, regrette Cécile Moulinier. Elles gagnent environ 23000 € brut annuel. Il faut toutefois noter que le tarif de la consultation est passé de 17 € à 21 € en septembre dernier. La majorité des sages-femmes libérales sont conventionnées. »

En ce qui concerne la fonction publique hospitalière, le salaire est de 1616 € brut par mois pour un débutant et de 2900 € brut en fin de carrière. Si la plupart des sages-femmes exercent dans des établissements hospitaliers, elles sont de plus en plus nombreuses à s’installer en libéral.

Témoin

Sage Femme : « Un métier difficile et fascinant »


Sophie GUILLAUME, 48 ans, sage femme cadre supérieure à l’hôpital Necker Enfants malades de Paris

« Dès le lycée, j’ai eu envie d’exercer ce métier. La naissance, ce moment à la fois magique et mystérieux, m’a toujours fascinée », raconte Sophie Guillaume. Une « fonction médicale avec une forte autonomie » qu’elle pratique depuis près de trente ans avec toujours autant de fascination et de passion. « Notre métier de sage-femme nécessite une résistance physique mais aussi une capacité à gérer le stress et les émotions, de l’empathie et bien sûr le sens des responsabilités », prévient-elle. Diplômée en 1985 à l’école de sages-femmes Pierre-Morlanne à Metz (Moselle), elle commence sa carrière par des remplacements dans différents hôpitaux. Elle décroche son premier poste de sage femme au sein de la maternité de Bastia (Corse). Si la formation prépare aux situations difficiles, les vivre est une autre histoire. « La première fois que l’on est confronté à la mort d’un prématuré ou à une interruption médicale de grossesse, il est parfois difficile d’accompagner les parents. Dans ces moments-là, être entouré d’une équipe est très important », raconte-t-elle.

« Résistance physique et empathie sont nécessaires »
Deux ans plus tard, elle choisit de se diriger vers l’enseignement. A la sortie de l’Ecole des cadres sages-femmes de Dijon (Côte-d’Or), ne trouvant pas de poste, elle démarre une activité en libéral à Marseille (Bouches-du-Rhône). Cette nouvelle aventure ne durera que six mois. Pendant sept ans, elle enseigne à l’école de sages-femmes de Poissy (Yvelines), puis à celle de Papeete (Tahiti) avant de revenir de nouveau en région parisienne. Après l’enseignement, place à l’encadrement. De 1998 à 2008, elle dirige une quarantaine de personnes à la maternité de l’hôpital de Poissy - Saint-Germain-en-Laye puis la totalité des effectifs, soit 400 personnes. « En 2000, nous avons enregistré 4500 naissances. Une première ! Il s’agissait de conserver une approche humaine », constate Sophie Guillaume. Et déjà un nouveau défi l’attend : le projet de reconstruction de l’hôpital Necker-Enfants malades.

Actuellement, sage-femme cadre supérieure, elle gagne 3200 € brut par mois. Pour cette femme engagée, la maturité dans le métier de sage-femme s’acquiert avec l’expérience de la vie.




En savoir plus sur le métier de Sage-femme

À CONSULTER
Le Conseil de l’ordre des sages-femmes : www.ordre-sages-femmes.fr .
L’Association nationale des étudiants sages-femmes : http://anesf.com.
L’Association nationale des sages-femmes libérales : www.ansfl.org.
Le Collège national des sages-femmes de France :www.cnsf.asso.fr.

À LIRE
« 50 Questions sur le métier de sage-femme », de Carène Ponte, Françoise Nguyen et Marie-Agnès Poulain, Ed. Elsevier Masson, 2011, 264 pages. 31 €.
« Au monde : Ce qu’accoucher veut dire. Une sage-femme raconte », de Chantal Birman, Ed. Points, 2003, 335 pages. 7,40 €.

Dossier réalisé par Marie Lepesant

Métiers liés : Puéricultrice, Sage-femme,


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Le Parisien

Le Parisien
09.10.2016

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