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Fiche Métier : Ambulancier, c’est d’abord une vocation

Les postes d'ambulancier sont à pourvoir, pour des personnes désirant être proche des gens

Le vieillissement de la population et la hausse des hospitalisations de jour les rendent indispensables. Près de 3 000 postes d'ambulancier sont à pouvoir chaque année. Assurer le transport en urgence de blessés est une de leurs principales missions. Mais ce n’est pas la seule. Les ambulanciers doivent aussi accompagner les femmes enceintes, les malades, les personnes handicapées ou les personnes âgées dans leurs trajets pour se rendre à l’hôpital, au centre de rééducation ou à la maison de retraite. Ces anges gardiens passent la majeure partie de leur temps au volant de leur véhicule. Ils doivent veiller à la sécurité et au confort de leurs passagers, qu’ils connaissent parfois par leur prénom.

Deux niveaux de qualification

Le métier exige beaucoup de sang-froid. Lors d’interventions d’urgence, l’ambulancier peut en effet être amené à administrer les premiers secours ­— massages cardiaques, assistance respiratoire —, seul ou en collaboration avec les équipes d’aide médicale.
« Plus qu’un métier, c’est une vocation, exigeante, tant physiquement que psychologiquement. Les salariés travaillent souvent en heures supplémentaires pour assurer les gardes de nuit de 20 heures à 8 heures, le dimanche et les jours fériés, en plus du travail de jour », explique Bernard Boccard, président de la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA). On compte actuellement 47 000 ambulanciers en France.

Et chaque année, 3 000 postes sont à pourvoir, principalement en Ile-de-France et dans les grandes villes. La profession a donc de beaux jours devant elle. « Le vieillissement de la population, la fermeture des plateaux techniques des hôpitaux qui augmentent le nombre de transports interhospitaliers, l’hospitalisation de jour et l’absence de garde de nuit chez les médecins favorisent la croissance de la demande de transport sanitaire », poursuit Bernard Boccard, lui-même ambulancier depuis trente-cinq ans.
Pour exercer cette profession, il existe deux niveaux de qualification. Le premier, celui d’auxiliaire ambulancier, s’acquiert après une formation de soixante-dix heures. Le second, plus complet, permet d’accéder au diplôme d’Etat, à l’issue d’une formation de six cent trente heures (environ cinq mois), comprenant des stages pratiques à l’hôpital et en entreprise. Cette dernière coûte environ 5 000 €.

Pour prétendre à ces diplômes, il est nécessaire d’être titulaire du permis de catégorie B depuis au moins trois ans. Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas uniquement d’un métier d’hommes : les femmes représentent en effet 40% des ambulanciers salariés.
Une fois diplômés, les professionnels exercent en grande majorité dans le secteur privé — qui comprend en France 4 800 entreprises —, mais aussi dans le secteur associatif — par exemple la Croix-Rouge — ou dans la fonction publique hospitalière, au sein du service mobile d’urgence et de réanimation (Smur).
Après quelques années, le conducteur ambulancier peut évoluer vers un poste de coordinateur en charge des appels et des plannings de déplacements (il devient alors ambulancier régulateur) ou se mettre à son compte, sous réserve d’obtenir un agrément préfectoral de transport sanitaire. Une passerelle existe également pour devenir aide-soignant (à l’issue d’une formation complémentaire de trois cents heures).
Un ambulancier titulaire du diplôme d’Etat gagne en moyenne entre 1 316 € net en début de carrière et 1500 € en fin de carrière, selon la Chambre nationale des services d’ambulances. Loin d’une sinécure, c’est ici l’attention portée aux autres qui prime…


Témoignage de Domingos LOURIERO,
52 ans, ambulancier régulateur, Paris (IX e)

La moustache grisonnante ne parvient pas à dissimuler le sourire franc de Domingos, à pied d’œuvre dès 7 heures chaque matin. Il y a tout juste quinze ans, ce fringant quinquagénaire enclenchait le feu bleu et la sirène deux tons de son ambulance pour parer à sa première urgence médicale.
« J’ai toujours été attiré par ce milieu. Petit, je rêvais d’être médecin, mais je n’ai pas pu faire les études, explique-t-il. A 35 ans, après une période de chômage, j’ai saisi l’occasion de me former et de passer le diplôme d’Etat d’ambulancier. Pendant deux mois, j’ai retrouvé les bancs de l’école, avant de faire mon stage aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. J’ai su que c’était ma vocation. J’avais fait le bon choix. »
Domingos apprécie avant tout d’être au contact des personnes qu’il transporte. « Il faut aimer aider les gens, parler avec eux… On accompagne certains malades sous dialyse ou en chimiothérapie pendant plusieurs années. » Bien qu’il soit confronté à la maladie, à la mort parfois, il exerce son métier avec cœur. « Souvent, nous sommes les seuls à permettre aux personnes âgées de sortir un peu de leur appartement. A l’occasion d’une visite chez le kiné, chez un médecin spécialiste… Ces relations régulières créent des liens d’amitié très forts. »
Il a également la charge des plannings de déplacements, au sein de l’entreprise Ambulances de Maubeuge qui compte sept salariés.
Après quinze ans d’ancienneté, il touche 1800 € net.
Même si son salaire n’est pas mirobolant, Domingos est heureux, et n’échangerait sa place « pour rien au monde ».


EN SAVOIR PLUS : les contacts
Fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP), organisation professionnelle représentative.
Tél. 02.23.40.17.17 ou Le site du FNAP
Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), qui fédère 1500 entreprises adhérentes sur le territoire national.
Tél. 01.43.27.56.74 ou Le site de la Chambre nationale des services d'ambulances
Fédération nationale des artisans ambulanciers (FNAA).
Tél. 01.48.60.38.37 ou Le site de la fédération nationale des artisans ambulanciers
Fédération nationale des transporteurs sanitaires (FNTS).
Tél. 05.59.23.29.00 ou Le site de la fédération nationale des transporteurs sanitaires.

À VISITER
Salon national de l’ambulancier : les vendredi 24 et samedi 25 juin au Centre international de Deauville (Calvados). Les candidats pourront s’informer sur tous les aspects de la profession. Renseignements auprès de la Fédération nationale des ambulanciers privés au 02.23.40.17.17.

Dossier réalisé par Virginie Belle , au sein du Parisien Eco du 2 mai 2011

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