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Fiche Métier : Ergonome

Le métier d’ergonome attire de plus en plus d'étudiants pour le plus grand bien-être des salariés

"Améliorer les conditions de travail, aussi bien du point de vue de la santé que du confort, tout en maintenant la fiabilité des systèmes de production",
c’est la mission d’un ergonome, selon Marie-Françoise Valax, responsable du master ergonomie et facteurs humains du centre universitaire Champollion à Albi (Tarn).

Face à la hausse des risques psychosociaux et des troubles musculo- squelettiques (TMS), le métier d’ergonome attire de plus en plus. Chaque année en France, au moins 200 étudiants obtiendraient leur diplôme dans l’un des 16 masters 2 (bac + 5) recensés : « Ils travaillent sur deux grands champs de la connaissance : les caractéristiques physiques, physiologiques, mentales et sociales de l’homme au travail, ainsi que la méthodologie pour transformer les organisations de travail », explique Bernard Dugué, responsable du master d’ergonomie de l’université Bordeaux-II.

Des cursus spécialisés dans les technologies numériques
Beaucoup ont déjà une licence ou un master 1 en psychologie ou sociologie du travail, d’autres viennent du secteur de la santé (infirmier), du domaine de la prévention des risques ou sont diplômés en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps).

L’arrivée des nouvelles technologies de l’information dans l’activité professionnelle a fait émerger de nouveaux profils d’étudiants de formation ingénieur en informatique ou en linguistique. Et, pour faire face à ces nouveaux défis, des cursus plus spécialisés ont été lancés, comme celui de Paris-VIII en ergonomie et technologie de l’information et de la communication, celui de Nice Sophia-Antipolis en ergonomie des technologies numériques et, enfin, celui de Toulouse le Mirail. Cette université propose un master professionnel avec une mention en ergonomie cognitive et une autre en ingénierie linguistique (ou linguistique informatique).

Celle-ci prépare particulièrement à améliorer les systèmes documentaires complexes (bases de données notamment) ainsi que les terminologies utilisées : « Nous travaillons beaucoup avec l’aéronautique où les documentations sont extrêmement lourdes », illustre Marie-Paule Pery- Woodley, l’une des responsables. Le but est de rendre accessibles et le plus compréhensibles possible des masses de documents. L’ergonomie cognitive s’attaque, elle, aux produits technologiques, utilisés dans le monde du travail ou par le grand public. «Le but est de comprendre le besoin d’information et les logiques d’utilisation afin d’adapter au mieux les dispositifs, poursuit Marie-Paule Pery-Woodley .

« Bref adapter la machine à l’homme plutôt que l’homme à la machine.» Là encore, l’aéronautique avec les cockpits d’avion est un secteur très demandeur, tout comme la téléphonie mobile et les éditeurs de logiciels. Le métier d’ergonome a donc le vent en poupe. La législation, avec l’obligation de prévention des risques professionnels, y est pour beaucoup. D’où une excellente insertion des diplômés (la quasi-totalité trouve un CDI ou CDD après un an) soit au sein de grandes entreprises (industrie automobile, nucléaire, transport, agroalimentaire), soit à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) dans des cabinets de consultants spécialisés comme Sécafi, Alpha, Stimulus ou encore Anact.
Et selon le type d’employeur, le salaire mensuel de départ oscille entre 2 000 et 3 000€ brut.

Céline UGUEN, 30 ans, ergonome au sein du cabinet Inditec, Pantin (Seine Saint Denis)

« En divisant par cinq le nombre d’accidents, j’ai la preuve du bénéfice de mes interventions »

« Je ne chôme pas ! » Céline Uguen enchaîne les missions. Au départ ergothérapeute, elle a découvert l’ergonomie lors d’un stage : « je voulais surtout agir dans la prévention », se souvient-elle. Avec son niveau bac+3, plus un Deug en économie de la santé, elle intègre la licence en ergonomie et physiologie du travail à l’université de Nancy, puis le master 2 en ergonomie des systèmes complexes à Bordeaux-II. Diplômée en 2005, elle est embauchée par un cabinet de conseil de Nantes (Loire-Atlantique), avant même la fin de son cursus. Elle y restera jusqu’en mars 2010, date à laquelle elle rejoint son employeur actuel, le cabinet Inditec. Dans l’industrie agroalimentaire, elle est ponctuellement intervenue, durant quatre ans, pour faire évoluer l’outil de production.

« Nous avons réussi à diviser par cinq le nombre d’accidents et par trois le nombre de déclarations de maladies professionnelles. J’ai la preuve du bénéfice de mes interventions », se réjouit-elle. Adaptation et curiosité sont, pour elle, les qualités premières pour être ergonome : elle passe d’une grande plate-forme aéroportuaire à un mastodonte de l’électricité en passant par des centres de maintenance, et a, pour interlocuteurs, autant les ouvriers que les manageurs.

Céline Uguen voit l’avenir de son métier sereinement. « L’impact des nouvelles technologies provoque des demandes de la part des entreprises », dit-elle. Et de citer une intervention sur l’automatisation d’un atelier où une seule personne doit désormais gérer la production avec une tablette tactile et un ordinateur. Se pose la question du nombre de tâches à faire simultanément : « On a une confiance aveugle dans la technologie, mais on ne se pose pas assez la question de son utilisation. »

Plus d'informations sur les métiers du paramédical.



MANUEL JARDINAUD - Cet article est issu du supplément éco du Parisien, du 7 février 2011

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