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Fiche métier : Expert de la cybersécurité, une filière encore rare

Le nombre de créations d’emplois dans ce domaine serait quatre fois supérieur à celui des diplômés.

Les spécialistes de la sécurité des systèmes d’information (SSI) seraient des oiseaux rares… Selon le rapport du sénateur Jean-Marie Bockel sur la cyberdéfense (juillet 2012), les formations dédiées ne couvriraient qu’un quart des besoins de recrutement, estimés actuellement à 1000 par an (200 pour les administrations et 800 pour le secteur privé).
En effet, après les avoir un temps minimisées, les entreprises (banques, assurances, défense, etc.) comme les pouvoirs publics sont désormais conscients de la nécessité de se prémunir contre les attaques informatiques et recrutent à dessein.

Formation


Pour se spécialiser dans le domaine, encore faut-il trouver sa formation : les universités comptent moins d’une dizaine de masters SSI, et du côté des écoles d’ingénieurs, riches dans le domaine de l’informatique, des télécommunications et des réseaux, une poignée seulement offrent une véritable spécialisation en cybersécurité. Entre autres : Télécom Sud Paris, l’Epita Paris, l’Université de technologie de Troyes (UTT) et, depuis de la rentrée 2013, l’Ecole nationale supérieure d’ingénieurs Sud-Bretagne (Ensibs), qui accueille 25 étudiants en alternance dans sa filière cyberdéfense.

Les frais de scolarité varient selon les établissements : 450 € par an dans les universités, 800 € dans les écoles d’ingénieurs publiques (UTT, Télécom SudParis) ou de 5700 € à 7600 € dans les écoles privées (Epita). Quelques écoles, parmi lesquelles Télécom Bretagne en partenariat avec Supélec ou l’Ensta ParisTech, ont mis en place par ailleurs des masters spécialisés (MS). Ces formations, en un an après un bac + 5, labellisées par la Conférence des grandes écoles (CGE), sont payantes (7500 € pour le MS cybersécurité de Télécom Bretagne et Supélec) et chaque promotion ne compte pas plus d’une douzaine d’étudiants par an.

La sélection est de rigueur pour accéder aux formations : sur épreuves ou sur dossier, directement après le bac pour certaines écoles d’ingénieurs, comme l’Epita, après un bac + 2 pour d’autres, comme l’Ensibs, ou encore après une licence pour les masters. Dans tous les cas, la spécialisation en cybersécurité n’intervient qu’en fin de cursus, le plus souvent en dernière année (bac + 5), voire à bac + 6 pour ceux qui choisissent un MS. « Le sujet nécessite de fait une certaine maturité, estime Sébastien Bombal, responsable de la majeure systèmes, réseaux, sécurité (SRS) au sein de l’Epita Paris. Il ne s’agit pas seulement de maîtriser des techniques, mais surtout d’avoir une approche globale de l’organisation de l’information au sein de l’entreprise. »

Informatique, sociologie des organisations, analyse du risque, gestion de crise sont autant de matières abordées.
Les enseignements informatiques ne représentent donc qu’une partie du programme (environ un tiers pour le master SSI de l’UTT). L’intelligence économique, la sociologie des organisations, l’analyse du risque, la gestion de crise sont autant de matières également abordées, en s’appuyant sur des cas pratiques. « On étudiera par exemple la mise en place d’un programme de continuité d’activité en cas d’incident informatique », cite Patrick Lallement, responsable du master SSI à l’UTT.

Rémunération


Dans toutes les formations, un stage long (cinq ou six mois) est souvent le prélude à une embauche définitive. Les salaires de départ avoisinent ceux des jeunes ingénieurs (35000 € brut par an) mais progressent très vite jusqu’à 40000 €, voire 60000 € annuel. Stratégique, la cybersécurité a en effet un prix…

TEMOIGNAGE

« J’ai reçu six offres de stage »


Antoine Kubica, 23 ans, titulaire d'un diplôme d'ingénieur et du master sécurité des systèmes d'information de l'université de technologie de Troyes (Aube)

Depuis l’adolescence et son premier PC, Antoine Kubica est passionné d’informatique et c’est sans hésitation qu’il rejoint après le bac l’université de technologie de Troyes (UTT), une école d’ingénieurs qui dispose d’une spécialisation en systèmes d’information et en télécommunications. « En troisième année, j’ai découvert le sujet de la sécurité informatique, qu’il m’a paru vital de bien maîtriser », raconte-t-il.

« Je m’attendais à une formation très technique. En fait, elle s’est révélée plus large, ce qui m’a beaucoup plu »

Antoine choisit donc de préparer, en plus de son diplôme d’ingénieur, le master en sécurité des systèmes d’information (SSI) de l’UTT. « Je m’attendais à une formation très technique, décrit-il. En fait, elle s’est révélée plus large, ce qui m’a beaucoup plu ». Pour son stage de fin d’études, le jeune homme envoie une quinzaine de candidatures et reçoit six propositions. Son choix se porte sur Theresis, le laboratoire d’innovation de Thales Services, qui lui offre la possibilité de préparer, à la suite de son stage, une thèse de doctorat dans le cadre d’une convention industrielle de formation par la recherche (Cifre). Diplômé du master depuis la mi-mars, Antoine est donc aujourd’hui doctorant et poursuit des travaux de recherche appliquée sur la sécurité dans le domaine du cloud computing. « Je ne peux pas les détailler, car les projets sont confidentiels », s’excuse-t-il. Sur son salaire, il est aussi discret, « mais il est supérieur au minimum légal de 23484 € brut par an prévu pour les thésards Cifre ». En revanche, il ne cache pas son objectif : après sa thèse et quelques années d’expérience, il aimerait devenir responsable de la sécurité des systèmes d’information en entreprise.


Dossier réalisé par Laurence Merland Agence Accroche-Com’
paru dans le Parisien Economie du lundi 25 mars 2013

Métiers liés : Expert en sécurité informatique, Ingénieur télécoms et réseaux,


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Le Parisien
02.04.2013

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