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Fiche Métier - Fleuriste : un créatif qui a le sens du commerce

Le fleuriste doit avoir la main verte mais il doit aussi posséder des compétences commerciales. 80% des points de vente sont encore indépendants.

Présentation du Métier de Fleuriste. Malgré la concurrence grandissante des réseaux sous enseignes et de la grande distribution, les fleuristes indépendants dominent encore le marché.

En France, ils sont environ 14 000, soit près de 80% des points de vente de fleurs. "Le secteur est relativement dynamique", constate Farell Legendre, trésorier de la Fédération nationale des fleuristes de France. "Chaque année, on observe un accroissement très léger du nombre de fleuristes indépendants. Les fermetures sont généralement compensées par des ouvertures."

Si elles sont nombreuses, ces boutiques emploient peu de personnel mais accueillent souvent des apprentis, non comptés dans l’effectif.
En effet, la porte d’entrée dans le métier est le CAP fleuriste (certificat d’aptitude professionnelle).
Proposé par environ 80 établissements en France, il aborde en deux ans les différentes facettes de la profession : du soin des végétaux à la réalisation de compositions florales en passant par la vente (accueil, factures, livraisons, etc.). L’apprenti peut décider soit de poursuivre ses études, en préparant un brevet professionnel ou un brevet de maîtrise, soit d’entrer dans la vie active.

Être en boutique, ou être à son compte ?


En boutique traditionnelle, chez une enseigne franchisée ou dans la grande distribution, le fleuriste fera ses premières armes avant de créer son entreprise, s’il le souhaite. Un cas de figure fréquent. Les salaires étant relativement bas en début de carrière 1 398 € brut par mois pour un employé sans qualification, la création d’entreprise peut être un moyen d’augmenter ses revenus. Un cadre dirigeant peut en effet gagner, selon la convention collective, environ 3 300 € brut mensuels.
Toutefois, se mettre à son compte ne s’improvise pas. «Un fleuriste complet doit avoir suivi au moins quatre ans de formation et pratiqué le métier pendant la même durée chez différents professionnels, indépendants et réseaux sous enseignes», prévient Farell Legendre.
Il reconnaît volontiers que c’est un métier de passion mais qui demande beaucoup d’abnégation.
Alors qu’un salarié travaille trente-cinq heures, un fleuriste indépendant peut travailler jusqu’à quatre- vingts heures par semaine.
L'activité du fleuriste est rythmée par les fêtes calendaires : fête des mères, des grands-mères, toussaint, la Saint-Valentin comme Noël, et dépend des aléas climatiques... De même, il "travaille" un produit périssable et doit donc veiller à optimiser ses stocks pour éviter les pertes.
Des exigences et conditions de travail que le jeune créateur d’entreprise doit garder à l’esprit. Reste que le plaisir de créer des compositions florales originales compense largement ces contraintes inhérentes au métier.
Pour preuve : la profession séduit les jeunes 500 apprentis formés par an à l’Ecole des fleuristes de Paris et des personnes en reconversion professionnelle.
«Chaque année, environ 200 personnes suivent une formation qualifiante pour se reconvertir au métier de fleuriste», confirme Joseph Hocine, de la chambre syndicale des fleuristes d’Ile-de-France.

TEMOIGNAGE

Stéphane JEAN,
41 ans, gérant du Jardin Saint-Jérôme, Toulouse (Haute-Garonne)


Après avoir travaillé pendant cinq ans sur le maïs transgénique au sein du groupe Novartis, près de Toulouse (Haute-Garonne), Stéphane Jean a décidé de changer de voie.
C’était il y a onze ans. Grâce à un congé individuel de formation, il a ainsi suivi un CAP fleuriste. Ce métier, il le connaissait déjà mais ne l’avait pratiqué qu’en dilettante. «Quand j’étais étudiant, je tenais le week-end le magasin d’une amie. A l’époque, je voyais ce métier comme un passe-temps», raconte-t-il.
Pendant un an, il a partagé son temps entre théorie sur les bancs de l’école et pratique au magasin Jardin Saint-Jérôme, dans le centre-ville de Toulouse.
«La gérante m’a montré ce que j’aimais dans ce métier, c’est à dire une façon de travailler la fleur et le contact avec les clients.»
Sa formation terminée, il a saisi l’opportunité de reprendre la boutique où il a fait ses armes. A l’époque, les banques étaient prêteuses car le contexte économique était favorable et le magasin reconnu.

Le passe-temps est devenu un travail à plein-temps avec des journées souvent denses. «Je me lève à 5 heures du matin et je finis ma journée à 20 heures. Je travaille six jours sur sept.»
Environ trois fois par semaine, Stéphane Jean s’approvisionne en fleurs coupées au marché d’intérêt national (MIN) de Toulouse.
Tous les deux mois, il va en Hollande et en Belgique pour acheter des plantes et des éléments de décoration.
Grâce à un système d’abonnement à la semaine mis en place avec des hôtels, des restaurants ou des boutiques de prêt-à-porter, Stéphane Jean vit relativement bien de son activité : il gagne entre 2 000 € et 2 500 € net par mois.
Et si la crise ne l’a pas épargné, il a su s’adapter en proposant notamment des bouquets à 20 €. Onze ans après sa reconversion, sa passion est toujours aussi vivace. Il la transmet à des apprentis et stagiaires, accueillis régulièrement dans son magasin.


EN SAVOIR PLUS
À CONSULTER
- Un site proposé par l’interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage : www.tonavenirenvert.com
- Un guide pratique distribué gratuitement par la MAPA,mutuelle d’assurance dédiée aux artisans et aux commerçants : www.memometier.com/fleuriste2009/presentation09.html
À CONTACTER
- Fédération nationale des fleuristes de France, Paris (XIXe). Tél.01.40.40.25.00. www.fnff.fr
- Chambre syndicale des fleuristes d’Ile de France et Ecole des fleuristes, Paris (XIXe), tél.01.53.38.60.53. (chambre) et 01.53.38.60.60. (école) www.lesfleuristes.com
- Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, Paris (XIVe),
tél.01.53.91.09.09 ww.valhor.com
À LIRE
«S’installer dans les métiers des fleurs», de Guillaume Duprez, édition du Puits Fleuri, 2010,286 p.24€.
«Guide des fleurs coupées et des feuillages : connaître, choisir, conserver» de Jean-Charles Beunas, éditions du Rouergue,2010, 175 p.25 €.

Dossier réalisé par Marie Lepesant
Article paru dans le Parisien Economie du lundi 26 mars 2012

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20.04.2012

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