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Formations à distance : bientôt 100 nouveaux campus
Enseignement supérieur On pourra plus facilement étudier sans quitter sa ville.
Donner la possibilité à des jeunes ruraux éloignés des facs de suivre un cursus à distance, c’est la philosophie des campus connectés. Un dispositif expérimenté depuis la rentrée, que la ministre de l’Enseignement supérieur compte étendre. En déplacement aujourd’hui à Nice, Frédérique Vidal devrait, selon nos informations, annoncer une enveloppe de 25 millions d’euros supplémentaires.

Si la somme peut paraître dérisoire au regard du budget alloué à l’enseignement supérieur (25,1 milliards d’euros), elle permettra tout de même de passer de treize campus connectés à une centaine. « Deux mille étudiants supplémentaires vont en profiter », se félicite-t-on dans l’entourage de la ministre. L’appel à projets devrait être lancé d’ici à la fin de l’année. Toutes les villes pourront être candidates, précise-t-on.

A Nevers, une des communes pilotes, la nouvelle est applaudie. Dix-neuf étudiants y bénéficient de cours à distance. Jules est inscrit en psycho à Clermont-Ferrand, Louise en licence d’AES (administration économique et sociale) à Besançon, Léa en bachelor à Lyon. « Ici, jusqu’à présent, le seul cursus universitaire possible, c’était la licence de droit que propose une antenne de la fac de Dijon », souligne Virginie Gonzalez, qui a mis entre parenthèses sa carrière de proviseure adjointe pour coordonner le projet. Désormais, une trentaine de formations sont possibles.

Dans un incubateur



Léa n’était pas particulièrement intéressée par le droit mais, faute d’alternative, s’y était inscrite. Après une licence obtenue l’an dernier, elle voulait bifurquer en école de commerce. « D’un point de vue financier, le cursus à distance était une nécessité pour moi. Et puis, je ne voulais pas m’éloigner de ma famille ni de mon conjoint », témoigne la jeune femme de 21 ans.

Si les étudiants du campus connecté n’ont pas eu besoin de quitter leur petite ville, ils ne travaillent pas pour autant seuls chez eux devant un ordinateur. Ils bénéficient d’un espace de 140 m 2, mis à disposition par l’agglomération au cœur d’un incubateur de start-up. Des salles dans lesquels toutes les semaines passent leurs tuteurs, professeurs dans l’enseignement supérieur. En contrepartie, l’Etat s’engage à verser une subvention de 50 000 € à la collectivité et 1 000 € par étudiant pendant trois ans.

Alors, plus besoin de mettre les pieds dans un amphi ? Pas vraiment, puisque les 19 étudiants nivernais devront se déplacer pour passer leurs partiels. De son côté, le ministère rappelle qu’« à terme, l’objectif est que ces jeunes puissent finir leurs études au sein d’un établissement d’enseignement supérieur ». A Nevers, on espère surtout enfin inverser une tendance propre aux zones rurales reculées : selon l’Insee, seuls 38,7 % des 18-24 ans de la cité bourguignonne sont scolarisés, contre 52,4 % au niveau national.

Joffrey Vovos

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Par LE PARISIEN - Le 05.11.2019