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Interview de Geneviève Fioraso : Le numérique à la fac… c'est FUN ?

12 millions d’euros financeront le développement des MOOCs pour révolutionner l'enseignement à la fac

orientation universites Interview de Geneviève Fioraso : Le numérique à la fac… c'est FUN ? 12 millions d’euros financeront le développement des MOOCs pour révolutionner l'enseignement à la fac moocs, ministre Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

La ministre de l’enseignement supérieur vient d’annoncer un grand plan numérique pour la fac : France Université Numérique (FUN). L’objectif est de nous replacer dans la course avec une sérieuse remise à niveau sur le plan digital, au niveau des usages, des équipements ou encore des MOOCs. Geneviève Fioraso répond à nos questions.
MOOCs = Massive Open Online Course (Base de données de cours en ligne)

Les facs made in France sont-elles en retard (vs USA ou reste de l’Europe) ?


80 % des établissements américains proposent des cours en ligne, contre 3 % des universités françaises. Mais il existe des initiatives innovantes en France que je découvre, régulièrement, lors de mon Tour de France des Campus. France Université n’a pas pour vocation de se substituer aux actions des sites universitaires mais de les accompagner, de donner à notre offre numérique de formation une visibilité internationale pour tous, étudiants, lycéens, salariés, grand public.

Selon vous, quand serons-nous « assez » équipés pour disposer de cours modernes dans les universités ? Est-ce la mission de FUN ?


L’objectif est qu’en 2017, 100 % des étudiants disposent de cours numériques de qualité, à chaque étape de leur parcours. Pour relever ce défi, 500 postes seront fléchés sur le quinquennat pour le numérique. 12 millions d’euros du programme des investissements d’avenir, gérés par le CGI, financeront le développement des MOOCs sous la forme d’appels à projets successifs en encourageant les établissements à recourir aux innovations de nos start-ups. Enfin, pour inscrire le numérique dans l’aménagement des Campus d’@venir, une convention a été signée entre le Ministère et la Caisse des dépôts en avril dernier.

On dit souvent que nos Smartphones sont plus puissants que les premiers ordinateurs qui nous ont amené sur la lune. Alors, pensez-vous que bientôt notre mobile nous aidera en cours ?


La plateforme France Université Numérique est conçue pour être accessible sur tout support (smartphone, tablette, ordinateur…). Mais l’objectif n’est pas de remplacer les cours par un smartphone mais plutôt de développer de nouvelles pédagogies, plus interactives, plus personnalisées, notamment en premier cycle. L’enjeu de France Université Numérique est aussi de former les équipes pédagogiques, de les accompagner pour que le numérique soit un allié des enseignants, au service de pratiques pédagogiques innovantes, de la réussite étudiante.

La création d’une fondation vise-t-elle également à collecter des fonds d’une manière innovante ou imagine de nouvelles formes de partenariats avec le privé ?


La fondation, France Université Numérique, exercera une mission de service public car elle aura pour finalité de faire rayonner nos savoirs, d’être un outil de coopération, et d’ouvrir l’accès aux enseignements supérieurs à tous les publics (étudiants, lycéens, salariés, grand public) mais aussi aux publics empêchés (prisonniers, personnes handicapées). Mais elle aura également pour mission de développer des partenariats avec l’écosystème privé : éditeurs, intégrateurs de solutions, spécialistes des infrastructures. Elle sera stimulatrice d’innovation et de recherche, en encourageant les établissements à recourir aux innovations de nos start-ups. Il fallait une impulsion nationale. Mais l’enjeu est bien de mobiliser tous les acteurs académiques, privés et de susciter et accompagner les initiatives sur le terrain, existantes ou en projet dans toute leur diversité.

La mise en place d’une plateforme de MOOC soulève des questions, notamment chez les acteurs privés. Etait-ce la bonne méthode ? On a une fois de plus l’impression que les entreprises spécialisées ne sont pas associées. Une vieille tradition française ?


Une première plateforme mutualisée sera disponible 7 jours sur 7, ouverte 24 heures sur 24. Dès la rentrée de janvier 2014, une vingtaine de MOOCs seront accessibles dans des disciplines très diverses : mathématiques, histoire, biologie, technologies, numérique, santé, philosophie, développement durable, physique, management. Dans un deuxième temps, cette plateforme expérimentale s’ouvrira à des partenariats avec tous les acteurs de l’écosystème, publics comme privés. Pour lancer le mouvement, il faut un Etat stratège, mais il est au service des initiatives qui servent les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche : former, qualifier, innover, créer des start-ups, nouer des partenariats avec le milieu économique.

Orientation, réussite, formation, attractivité : n’avez-vous pas l’impression de prêter au numérique toutes les vertus ? Finalement, améliorer la pédagogie ne serait-ce pas déjà un objectif prioritaire ?


Tout est lié ! En faisant du numérique un levier de la rénovation pédagogique, l’enjeu est d’accompagner toutes les étapes du parcours de réussite de l’étudiant : orientation, formation initiale, insertion professionnelle et formation continue. Et, cela renforcera l’attractivité de l’Université française dans le monde, dans un contexte mondial de développement rapide de l’e-éducation. C’est aussi un formidable outil de rayonnement et de diffusion de la francophonie au service d’un projet solidaire. La pédagogie est bien au cœur de cette transformation numérique ! Le numérique est un outil au service d’un projet politique développé par la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche du 22 juillet 2013.

Ne faut-il pas prévoir une participation des étudiants ou des familles avec un Etat qui veille à l’équité (notamment pour les familles moins riches) ?


Dès la rentrée de janvier 2014, une vingtaine de MOOCs seront accessibles gratuitement pour les étudiants, mais aussi les lycéens. La question de l’accès payant se pose plutôt pour la formation continue qui représente un marché de 32 milliards d’euros. Aujourd’hui, les établissements d’enseignement supérieur n’y participent qu’à hauteur de 4 %. Il faut faire mieux : la loi en cours sur la formation professionnelle en est l’opportunité.

Pourquoi sépare-t-on encore Education et supérieur alors même que les usages sont identiques ? Ne faudrait-il pas une vision d’ensemble ?


Le Gouvernement a adopté le 28 février 2013 une feuille de route ambitieuse sur le numérique. La priorité fixée par le Président de la République concerne bien la jeunesse, l’école et l’université, sans distinction. Ensuite chaque Ministère a la charge de mobiliser ses acteurs et partenaires pour inscrire le numérique au cœur de sa stratégie.

Article issu du Cahier Spécial Etudiant du Parisien du 14 octobre 2013


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Gilbert
14.10.2013

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