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L'agroalimentaire recrute des jeunes diplômés

75 % des recrutements concernent des jeunes diplômés... de bac+2 à bac+5.

Résistant tant bien que mal à la crise (5000 postes menacés selon l'Ania) mais n’hésitant pas à faire confiance aux jeunes, l’industrie agroalimentaire souffre d’une pénurie de main-d’œuvre (30000 embauche par an). 75% des recrutements sont des jeunes et la mobilité est un sérieux atout.

Le secteur agroalimentaire est boosté par le Bio, les directives de santé, et les mutations de consommation


Et si la prolifération des taboulés préparés, des pizzas surgelées et des barquettes micro-ondables dans les réfrigérateurs des Français avait aidé l’industrie agroalimentaire à faire face à la crise ? Certes, le budget pour l’alimentation des ménages diminue (il est aujourd’hui de 12 % du budget total), mais la mutation des habitudes alimentaires a permis de maintenir l’activité. « L’augmentation de la demande pour le prêt à l’emploi a transféré les opérations de préparation des cuisines aux entreprises. Les tâches de confection se font de plus en plus à l’intérieur de l’usine, ce qui nécessite de la main-d’œuvre, souligne Gilles Recour, directeur général d’Agropole, technopole spécialisée dans l’agroalimentaire. Quant aux directives de nutrition santé et à la hausse du bio, elles boostent les efforts en recherche et développement. »

30 000 embauches par an


Alors que d’autres secteurs sont particulièrement touchés par la conjoncture, l’automobile notamment, l’agroalimentaire trône toujours à la première place des industries françaises. Forte de 157 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle représente actuellement 500 000 emplois pour 13 000 entreprises et se veut le premier employeur industriel dans certains bassins régionaux (Bretagne, Aquitaine, Pays de la Loire), où elle cumule parfois jusqu’à 20 % des emplois locaux.

« Si la crise est tout de même palpable, le secteur embauche 30 000 personnes par an, dont plus de 2 000 postes de cadres, en raison d’un turnover de l’ordre de 5 %, et 57 % des emplois concernent des ouvriers », expose Morgan Oyaux, directeur des affaires sociales au sein de l’Association nationale des industries alimentaires. Pour accéder à l’emploi, l’alternance et l’apprentissage restent des voies privilégiées, quels que soient les postes visés. Ce système répond en effet au besoin des entreprises, les métiers de l’agroalimentaire demandant de bonnes connaissances du terrain. « Le taux d’intégration de nos apprentis est supérieur à 80 % », se félicite ainsi Marie-Hélène Quemener, directrice de l’institut de formation régional en industrie agroalimentaire (Ifria) Bretagne.



75 % des recrutements concernent des jeunes diplômés


Quant aux postes qualifiés, si l’expérience est évidemment un atout, le secteur n’en fait pas une condition sine qua non pour l’embauche, au contraire. « Chaque année, 75 % des recrutements concernent des jeunes diplômés allant de bac + 2 à bac + 5, à qui nous n’hésitons pas à confier des responsabilités », appuie Michel Erard, DRH France pour Mondelez International (anciennement Kraft Foods). Particulièrement prisés : les lauréats des écoles d’ingénieurs en agroalimentaire.

Le secteur a un déficit d'image


Problème, cette attirance n’est pas toujours réciproque. « Il n’est pas rare de voir des diplômés se tourner vers d’autres filières à la sortie de l’école. Notre industrie souffre d’un déficit d’image », relate Morgan Oyaux. La raison ? A l’image de Lactalis (premier groupe laitier mondial), implanté en Mayenne, les locomotives du secteur ont — à de rares exceptions près — leur siège social en milieu rural. Faire carrière dans l’agroalimentaire implique donc une mobilité qui peut refroidir certains jeunes urbains.

De même, bien que 97 % des entreprises soient des PME, les grands groupes monopolisent l’attractivité, et la concurrence pour s’y faire une place est féroce. Une situation qui a au moins le mérite de favoriser la promotion interne.

« La difficulté pour les entreprises à recruter du personnel qualifié les incite à faire progresser les collaborateurs déjà présents. Voilà pourquoi on trouve beaucoup d’anciens ouvriers qualifiés à des postes d’encadrement », avance Marie-Hélène Quemener. Preuve que, malgré sa réputation de secteur aux métiers pénibles et prônant la productivité à outrance, l’agroalimentaire offre de réelles perspectives de carrière au sein des entreprises.

Article publié le 19 novembre 2012 au sein du supplément éco du Parisien/Aujourd'hui en France

Complément : Le 16 novembre 2012 - L'Ania tire la sonnette d'alarme : selon elle, 5000 emplois et 12 entreprises (TPE et PME) seraient menacés dans l’industrie agroalimentaire (en incluant la fermeture Doux) dû à la hausse des taxes sur la bière et la hausse des coûts des matières premières...


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20.11.2012

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