En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies et leur communication à des tiers, afin de vous offrir contenus et publicités liés à vos centres d'intérêt.OkEn savoir plus

Accueil > Orientation > Universités

« L'apprentissage doit rester attractif pour les entreprises, sans quoi elles risquent de se désengager »

Annie Bellier, vice-présidente de l’université de Cergy-Pontoise, revient sur le potentiel de l'apprentissage et les risques sur sa pérennité.

Depuis sa création en 1991, l'université de Cergy-Pontoise a fait des relations entreprises un des piliers de sa stratégie. L’apprentissage, qui en fait naturellement partie, concerne désormais 10 % des étudiants et plus de 60 formations. Annie Bellier, vice-présidente de l’université, revient sur le potentiel de cette formule et les risques qui pèsent sur sa pérennité.

Annie Bellier, vice-présidente en charge de la professionnalisation et des relations avec les entreprises de l’université de Cergy-Pontoise

Comment s’est structurée votre politique d’apprentissage, une formule qui concerne 10 % des étudiants de l’université de Cergy-Pontoise ?


Elle est directement liée à l’histoire de l’université. Des établissements comme le nôtre doivent trouver leur place face aux mastodontes parisiens. Grâce à ses liens étroits avec les collectivités territoriales et les entreprises du bassin de Cergy-Pontoise, l’université a développé des formations essentiellement professionnelles. Toutes ces parties prenantes partagent les mêmes objectifs : que les jeunes diplômés trouvent un emploi, et que les entreprises bénéficient des profils dont elles ont besoin. Le développement de l’apprentissage s’inscrit donc dans une vision à la fois sociale et économique.

Quels sont les différents atouts de l’apprentissage ?


Ils sont de plusieurs natures. Pour les étudiants, cette formule facilite l’insertion dans l’emploi et permet de développer un réseau professionnel. La dimension “ascenseur social” est également très importante.
Les bénéfices concernent également l’université : l’apprentissage permet de financer une partie de la formation. Un élément non négligeable, d’autant plus sous l’effet des contraintes budgétaires actuelles. Lorsque nous créons une formation, nous sommes attentifs, avec nos partenaires des CFA, au modèle économique pour s’assurer qu’elle soit viable et pérenne.

Sur quels principes se fondent, justement, votre modèle économique en matière d’apprentissage ?


Plusieurs éléments y contribuent. La priorité est d’évaluer le coût de la formation, ce qui n’est pas toujours facile. La Région, qui subventionne l’apprentissage, pose des limites aux maquettes pédagogiques. Par exemple, la prise en charge du financement d’un master est de 400 heures par an. Il faut s’y plier dans la mesure du possible et s’adapter, par exemple en jouant sur le nombre d’heures de présentiel, nécessitant la présence d’un enseignant, et celles au cours desquelles les étudiants travaillent de façon autonome sur des projets.
Un autre élément à prendre en compte concerne les entreprises, qui interviennent également dans le financement des formations. Selon le diplôme concerné, les entreprises intéressées sont plutôt des groupes ou des PME, dépendent de secteurs d’activité plus ou moins dynamiques. L’université ne rentre pas systématiquement dans ses frais, mais a besoin d’une forte participation aux coûts fixes.

Quels sont, selon vous, les principaux freins au développement de l’apprentissage ?


À l’heure actuelle le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dote deux fois moins les apprentis que les autres étudiants. Le fait de supprimer toute dotation les concernant serait catastrophique : le déficit serait accentué par chaque nouvelle création de diplôme. Cette menace mettrait à terre le modèle économique, déjà fragile. La situation est déjà tendue du fait de la baisse, d’année en année, de l’engagement de la Région.
Une autre limite est liée aux choix des pouvoirs publics. Le fait de se centrer exclusivement sur les niveaux inférieurs après avoir privilégié l’enseignement supérieur serait contre-productif. En effet, le système doit rester attractif pour les entreprises et leur permettre de trouver les compétences qu’elles recherchent. Sans quoi elles risquent de se désengager, et tout le monde serait perdant.

Comment concevez-vous les formations que vous proposez en apprentissage ?


L’université de Cergy-Pontoise dispose aujourd’hui d’une offre de plus de 60 formations en apprentissage, du DUT au doctorat. Pour décider de la conception et du lancement d’une formation, nous nous appuyons sur les perspectives pour les futurs diplômés. Quels sont les débouchés possibles ? Les secteurs activité en tension ? Le potentiel de pérennisation de la formation ? Or il n’est pas simple d’obtenir une vision des métiers à moyen terme de la part des entreprises. C’est à nous de mener un travail de prospective, avant de travailler sur la maquette pédagogique avec des professionnels de CFA, experts de la pédagogie par l’apprentissage. La logique est donc centrée sur les débouchés, ce qui n’empêche pas une exigence sur les contenus, le développement de l’esprit critique et la culture générale – l’un des points forts de l’université.



De quelle façon la situation économique a-t-elle impacté l’attitude des entreprises ?


Depuis deux ans, nous observons deux phénomènes. Les entreprises cherchant à sécuriser leurs recrutements, l’apprentissage s’impose comme une solution efficace pour “tester” le jeune sur un poste pendant un ou deux ans. Mais la médaille a un revers : les entreprises offrent de moins en moins de CDI, et certaines sont tentées de faire tourner des postes uniquement avec des apprentis, ce qui ne favorise pas l’insertion des étudiants concernés. Ce phénomène est un peu compensé dans les grands groupes : sous la pression des managers opérationnels qui insistent pour incorporer l’apprenti, on note une augmentation des CDD de longue durée.

Quels sont vos projets de développement en termes d’apprentissage ?


Nous cherchons à densifier nos formations en apprentissage, en accueillant le maximum d’étudiants pour atteindre les plafonds. L’autre objectif concerne la création de cursus entièrement en apprentissage. Souvent, seul le M2 propose cette formule ; l’idée est d’intégrer le M1, ce qui facilite la continuité pédagogique et le développement de compétences professionnelles.
Un autre axe de développement vise la filière professionnelle, qui serait accessible dès la première année d’études supérieures. Une solution de plus pour donner à chacun les moyens de réussir.


Réagir sur le Forum Universités

LE PARISIEN
16.12.2013

Retour au dossier Universités
Universités : « L'apprentissage doit rester attractif pour les entreprises, sans quoi elles risquent de se désengager »
Imprimer

Commentaires / Réactions

Réagir sur cet article via un commentaire dans notre forum

 

Universités : consultez aussi...

orientation
Soigner son orthographe fait aussi progresser en maths

Soigner son orthographe fait aussi progresser en maths

Une étude montre que l'entraînement à la grammaire et à la syntaxe aide à réduire l'échec universitaire.

Ma thèse en 180 secondes : avec eux, les sciences c'est facile.

Ma thèse en 180 secondes : avec eux, les sciences c'est facile.

La 4e saison de « Ma thèse en 180 secondes » vient de démarrer. Rencontre avec des lauréats de ce concours qui dépoussière l’image de la recherche.

Université : le tirage au sort autorisé pour la sélection des candidats

Université : le tirage au sort autorisé pour la sélection des candidats

Une circulaire parue ce jeudi 27 avril détaille les conditions à réunir pour procéder au tirage au sort des futurs étudiants lorsque la demande dépasse les capacités d'accueil.

IAE d'Aix : Des étudiants en management dans les pas des militaires

IAE d'Aix : Des étudiants en management dans les pas des militaires

Un groupe d’élèves d’un institut formant des cadres a pu s’immerger pendant trois jours dans un camp de l’armée. Objectif : observer comment on commande des soldats. Une véritable tendance.

Formation à distance : se former, obtenir un diplôme par correspondance...

Formation à distance : se former, obtenir un diplôme par correspondance...

Les cours par correspondance vous permettent d'obtenir tous types de diplôme, préparer des examens, ou simplement vous améliorer dans une matière... Présentation de ces méthodes, des avantages et l'organisation de ses formations.

Université : les filières sélectives, une alternative aux prépas

Université : les filières sélectives, une alternative aux prépas

Double cursus, licences bi-disciplinaires, partenariats avec des établissements étrangers… L’université multiple les formations d’excellence pour attirer les meilleurs étudiants et rivaliser avec les grandes écoles.

Ecoles à la Une

Coup de projecteur sur...

encoche
ESMAE - Ecole des professionnels du recrutement et de l’intérim
Devenez acteurs des métiers du recrutement et de l’intérim. Les fonctions...
ESRA - Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle
Le groupe ESRA est une école de cinéma (Paris, Rennes, Nice) proposant des...
EMC - Ecole supérieure des métiers de l'image, du son et du multimédia
Visez l’expérience, Vivez l’alternance. Créée en 1989 par Jean-Paul...

ANNUAIRE FORMATIONS

Mots clés
Domaine de formation


ZAPPING FLYERS

+ d'événements

Newsletter le Parisien Étudiant

L'actu du site, bons plans, soirées, orientation... *

Votre inscription a bien été prise en compte.
Newsletters du Parisien

* J'accepte de recevoir les communications du Parisien.