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Le business florissant des conventions de stage bidon

Prix de ces conventions de stage bidon : entre 440 et… 850 € !

Être obligés de payer pour travailler ! C'est le scandale dont sont victimes des milliers d'étudiants. La loi les obligeant désormais à suivre une formation pour effectuer un stage en entreprise (convention de stage), les jeunes diplômés recourent de plus en plus aux services de sociétés peu scrupuleuses qui, sous couvert de formation fictive, leur vendent plusieurs centaines d'euros des conventions de stages bidon.

Une pratique illégale qui devrait être combattue par un décret examiné lundi 10 mai par le Comité des stages, l'instance publique en charge du dossier. En attendant, le marché attise les convoitises. Selon Génération précaire, 1,5 million d'étudiants ont effectué un stage en entreprise. Et les jeunes diplômés en quête de stage sont une proie facile. Des organismes de formation peu regardants sur la loi leur délivrent le précieux sésame sur simple présentation de documents administratifs. Ils se contentent ensuite d'indiquer une formation fictive sur la convention.

Il faut y mettre le prix


Pour en avoir le coeur net, nous avons testé trois sociétés qui, toutes, ont marché dans la combine. Prix de ces conventions de stage bidon : entre 440 et 850 euros ! Chez Stage One, l'obtention du document s'effectue même par courrier, après un premier et unique contact téléphonique.
Apparu en début d'année, le phénomène s'avère difficile à quantifier. « Cela reste marginal », rassure Georges Asseraf, secrétaire général du Comité des stages. Mais il pointe l'incapacité des pouvoirs publics à lutter contre ces abus. « La législation est très récente et le Comité n'ayant pas de pouvoir répressif, il manque encore une instance capable de sanctionner les dérives en la matière. » Pour l'heure, sur les trois sociétés épinglées par notre enquête, seule Stage One a fait l'objet d'un signalement auprès du ministère de l'Enseignement supérieur. Sans effet pour le moment.

« Ils ont profité de ma détresse »


Julie a 24 ans, stagiaire diplômée en sciences politiques.
Métro, boulot, dodo... pour 400 euros par mois. Du lundi au vendredi, de 9 heures à 18 heures, Julie (dont le prénom a été changé), 24 ans, travaille dans une agence de communication de la région parisienne. Pour décrocher ce stage, cette jeune diplômée d'un institut d'études politiques (IEP) a dû débourser 800 euros afin d'obtenir une convention. Ce précieux sésame, Julie l'a acheté à un organisme spécialisé, Athéna Formation. « J'étais coincée. Mon IEP et mon école de commerce ont refusé de me fournir une convention au motif que je n'étais plus inscrite chez eux et il était trop tard pour que je fasse une inscription bidon à la fac », soupire-t-elle. Par une amie, elle entend parler d'un établissement, Athéna Formation, en mesure de lui fournir la convention indispensable pour l'obtention d'un stage en entreprise.
Un simple coup de fil et le directeur lui fixe rendez-vous dans son « école », une salle située à deux pas des Champs-Elysées (Paris VIIIe). « Il m'a proposé d'acheter, pour 800 euros, une convention de stage. Quant à la formation promise, j'ai bien compris qu'elle était bidon. Elle sert juste de couverture.
D'ailleurs, je n'y ai rien appris, et je n'y suis passée que trois fois », poursuit Julie.

« Je n'en veux pas à ce directeur, sans lui je n'aurais pas eu de stage. Lui et l'entreprise où je travaille ont juste profité de ma détresse. J'en veux surtout à mon école de m'avoir balancée sur le marché du travail sans expérience. Par naïveté, j'ignorais que faire un stage donnerait du crédit à mes études aux yeux des recruteurs. » Une leçon bien retenue. Et payée au prix fort.

Un flou juridique


Depuis le 24 novembre 2009, la loi interdit aux entreprises d'employer des stagiaires diplômés, à l'exception de ceux qui suivent un cursus, quel qu'il soit. Une façon de donner un caractère strictement pédagogique aux stages et d'éviter le recours à des diplômés bon marché pour effectuer des tâches courantes. Seul hic, le flou entourant la notion de cursus, non définie par la loi, a permis l'émergence de formations fictives, facilitant la délivrance de conventions de stage bidon. Le décret examiné ce matin par le Comité des stages doit permettre de clarifier cette zone d'ombre.

Ava Djamshidi et Thibault Raisse

Article paru dans Le Parisien, édition Ile de France, du 10 mai 2010


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Le Parisien
20.11.2010

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