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Les écoles d’ingénieurs surfent sur la vague du développement durable

Toutes les écoles d’ingénieurs intègrent le développement durable et plus particulièrement la question environnementale dans leur cursus.

La prise en compte de l’impact des activités de l’entreprise sur son environnement a toujours fait partie de la mission des ingénieurs.
Mais cette problématique s’affirme et revêt depuis le début du XXIe siècle de nouveaux enjeux que les écoles d’ingénieurs ont intégrés dans leurs programmes. Et met en lumière celles dont c’est depuis toujours la spécialité.


Dés écoles depuis longtemps orientées environnement


"La thématique environnementale est portée par quelques écoles positionnées dès leur fondation sur l’eau, l’énergie et les déchets", explique Jacques Brégeon, fondateur du Collège des hautes études de l’environnement et du développement durable et président du comité opérationnel éducation du Grenelle de l’environnement.
La plus ancienne est l’ENGEES de Strasbourg (Bas-Rhin) « qui naît dans le sillage de la création d’un ministère de l’Environnement en 1971 ».
Vingt ans plus tard est créée à Rennes (Ille-et-Vilaine) l’Ecole des métiers de l’environnement.
L’Ecole des mines Paris-Tech a aussi lancé en 1992 l’ISIGE, Institut supérieur de l’ingénierie et de gestion de l’environnement.

Quant à la grande majorité des écoles « classiques », elle «met cette problématique en perspective vis-à-vis de leur domaine de spécialité dans une logique de long terme et en connexion avec les dimensions économique et sociale du développement durable », ajoute Philippe Jamet, directeur de l’Ecole des mines de Saint-Etienne (Loire) et président de la commission développement durable de la Conférence des grandes écoles (CGE).

Contrainte imposée aux écoles ou réponse aux évolutions de la société ?


Pour Jacques Brégeon, les écoles ont intégré cette dimension sous l’angle de la contrainte.
"L’administration et la loi imposent des obligations croissantes en matière environnementale. Or, tout ingénieur doit respecter la réglementation."
Toutes les écoles disposent ainsi d’un champ « durable » dans leurs formations comme le cursus ville environnement- transport à l’Ecole des ponts ParisTech ; l’option « environnement, matière, vivant » à l’Ecole centrale Paris ou encore la dominante énergie et environnement à l’EIGSI La Rochelle (Charente- Maritime).
A l’ESTACA, école spécialiste des transports, la question environnementale n’est pas si ancienne. Elle a émergé à la fin des années 1990 avec l’augmentation des coûts de l’énergie et la prégnance de cette préoccupation dans la société.
«Cela a induit des évolutions dans nos formations, explique Pascale Ribon, la directrice. Concernant ce qui a trait à l’allégement des véhicules, aux matériaux, à l’optimisation des moteurs et de leurs rejets, aux dépenses d’énergie, à la mobilité durable et aux transports collectifs. Et, plus récemment, à l’écoconception et aux véhicules hybrides ou électriques.»

Pour autant, les recruteurs en font-ils un critère sélectif ? Pas vraiment. Selon Pierre Jamet, la demande d’un socle fondamental en environnement n’est pas explicite chez les recruteurs, « sauf pour les métiers spécialisés ».
La CGE étudie néanmoins le moyen de l’intégrer dans le carnet de compétences des élèves des grandes écoles.
« Nos diplômés exerceront jusqu’en 2060, alors que nos sociétés devront avoir réduit d’un facteur 5 leur empreinte carbone. Il y a un minimum à attendre de ces futurs décideurs. »
La CTI (commission des titres d’ingénieur) qui habilite les formations a déjà intégré le développement durable et l’environnement dans son référentiel de compétences de l’ingénieur.

TROIS QUESTIONS À ...

Jacques BRÉGEON,
président de l’Ecole des métiers de l’environnement (EME)


Quelles sont les spécialités de l’Ecole des Métiers de l’Environnement ?
Elle forme des ingénieurs en génie industriel de l’environnement.
Nous les préparons aux métiers de la gestion et du traitement des eaux, des déchets, aux procédés de dépollution des sols, de l’air, aux technologies propres, à l’éco-conception, au management environnemental et à l’éco-construction.

Quelles sont les qualités clés de l’ingénieur EME ?
Il n’est pas par hasard à l’EME, il nourrit un fort intérêt pour l’environnement. Il est à la fois débrouillard, humble et efficace.
Nous voulons mettre à disposition de la société « l’ingénieur Grenelle » qui comprend les enjeux du monde, les besoins de la société et place ses compétences à son service.
Il est capable de gérer des problèmes complexes, d’assembler les compétences pour passer de la théorie au concret, il prend en compte le long terme, les risques, il accepte le doute ; il sait communiquer et innover.

Où travaillent vos diplômés ?
L’EME compte 85 élèves par promotion. Un tiers se place dans des éco-entreprises, des PME dont le métier est le traitement de l’eau, des déchets ou de l’air.
Un tiers intègre un bureau d’études et/ou de services à l’environnement d’un grand groupe, ce débouché se développant.
Enfin, un tiers rejoint des organismes parapublics qui gèrent les activités environnementales, ou des bureaux de contrôle. www.ecole-eme.com.


Dossier réalisé par Ariane Despierres-Féry
en partenariat avec Le Journal des Grandes Ecoles
Article paru dans le Parisien Economie du lundi 30 avril 2012

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