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Les écoles de management cultivent la tête et les muscles

Les écoles de commerce aménagent leurs cursus pour permettre à des sportifs de haut niveau de préparer leurs diplômes.

Les écoles de management sont en quête d’excellence, et pas exclusivement académique. Elles sont de plus en plus nombreuses à accueillir des sportifs de haut niveau, à l’image des écoles d’ingénieurs.
Pour les accompagner dans leur réussite scolaire et sportive, elles aménagent les cursus sans déroger à l’exigence scolaire, comme le font les universités américaines.
Ces étudiants deviennent des diplômés hors normes, dotés de qualités uniques liées à leur expérience de la compétition de haut niveau, très appréciés des entreprises.


De grands noms du sport français sont les porte drapeaux de ces doubles cursus, comme Gwendal Peizerat, danseur sur glace en couple diplômé d’EM LYON en 1998 ou Stéphane Diagana, spécialiste du 400 m haies et diplômé de ESCP Europe en 2004.
«Nous souhaitons que nos élèves découvrent tous leurs talents, aillent plus loin dans leurs capacités», explique Hervé Colas, directeur du programme grande école Sup de co Reims (RMS).
Toutes les écoles de management incitent leurs étudiants à se développer aussi au travers d’activités extrascolaires et surtout sportives.
Cette culture du dépassement de soi leur permet d’intégrer facilement des sportifs de haut niveau. D’autant qu’elles ont des équipements de qualité.

Une pédagogie fondée sur un accompagnement personnalisé et des cursus à la carte


Comme la plupart des ESC, RMS ajuste ses cursus selon les contraintes du sportif : cours uniquement le matin, certains jours de la semaine, année de césure ou pauses, etc.
La plupart des écoles accueillent des sportifs«au cas par cas». L’EDHEC a poussé cette logique en créant en mars 2011 une filière dédiée pour son programme post-bac ESPEME. Afin de pallier l’incompatibilité des calendriers sportifs et académiques, elle propose de suivre le programme en e-learning et grâce à du tutorat.
Les sportifs poursuivent ainsi leurs études où qu’ils soient dans le monde. Mathilde Grumier, championne d’escrime étudie ainsi à l’ESPEME tout en vivant à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). «Grâce à cette filière, je n’ai pas eu à renoncer à une formation d’excellence, ni à ma passion pour le sport.»

L’Idrac propose aussi du e-learning, une gestion des temps de révision et de récupération ou du soutien scolaire pour la dizaine de sportifs qu’elle reçoit chaque année.
C’est le cas de Nans Chevaux, motard membre de la Team Endurance 33. Il étudie en bachelor marketing et négociation industrielle.
L’Idrac développe son dispositif d’accueil avec, pour la prochaine rentrée, des infrastructures spécifiques et une prise en charge individualisée de la préparation physique.
Elle réfléchit aussi à la possibilité d’effectuer une formation en deux ou trois ans alors qu’elle était initialement prévue pour durer une année : « afin de donner à l’étudiant tous les moyens de poursuivre et de réussir sa carrière professionnelle tout en validant son cursus académique », précise Arnaud Laverlochère, coach sportif en charge du suivi des athlètes.

A ce stade, la plupart hésitent encore à devenir professionnels. « Ils étudient pour rassurer leurs parents, souligne Isabelle Chevalier, mais songent à valoriser leur diplôme dans le monde sportif.»
Habitués à concilier plusieurs activités et à toujours être au top niveau, ces élèves ont un mental d’acier, de la volonté, et font preuve d’une grande capacité de travail.
Ils décrochent souvent des emplois de qualité. Comme le constate Isabelle Chevalier : « Un recruteur qui lit sur un CV qu’un diplômé de grande école est aussi un sportif de haut niveau se dit que ce candidat possède des qualités exceptionnelles qui seront utiles dans l’entreprise, comme le sens de la compétition et de l’effort.»

TEMOIGNAGE

Matthieu PECHE,
24 ans, élève à l’ESC Pau (Pyrénées Atlantiques) et qualifié pour les JO de Londres


Pourquoi mener de front études et pratique sportive de haut niveau ?
Mon coéquipier Gauthier Klauss et moi évoluons dans une discipline non professionnelle, qui ne peut donc nous permettre de gagner notre vie.
Le deal avec nos parents a toujours été de combiner études et sport pour préparer l’avenir. Nous avons obtenu une licence de commerce puis nous avons intégré l’ESC Pau.
A ce moment, Gauthier s’est blessé à l’épaule. C’est un moment difficile qui a renforcé notre idée qu’il est essentiel de faire des études.

Quels aménagements de cursus vous permet l’ESC Pau ?
Accompagnés du directeur de l’équipe de France de canoë-kayak, nous avons rencontré le directeur de l’école et lui avons exposé notre projet : préparer les Jeux olympiques de Londres.
L’école nous a dès lors accordé des aménagements horaires, du soutien, des examens en décalé, pour nous permettre de nous entraîner au minimum cinq heures par jour.
Nous sommes actuellement en année sabbatique. Pour être diplômés, il ne nous reste plus qu’à passer le TOEIC (NDLR : test d’anglais), à réaliser un mémoire de recherche et à effectuer un stage de six mois .

Comment envisagez vous votre avenir ?
Grâce à ma formation à l’ESC Pau, j’espère rester dans le monde sportif lorsque je ne serai plus au top niveau.
Avant cela, certaines entreprises proposent des contrats spécifiques aux sportifs, leur permettant de gagner leur vie tout en concourant. Une médaille aux JO serait un argument de poids pour en décrocher un.


Dossier réalisé par Ariane Despierres-Féry
en partenariat avec Le Journal des Grandes Ecoles
Article paru dans le Parisien Economie, édition du lundi 04 juin 2012

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12.06.2012

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