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Les ingénieurs ne connaissent pas le chômage

La voie royale par excellence... 4% de chômage et des possibilités de carrière multiples y compris à l'étranger.

La filière ingénieur a tout pour plaire : elle conduit à des métiers passionnants, donne accès à tous les secteurs d’activité et permet une intégration professionnelle de qualité.

« La filière ingénieur est une formation antichômage, même en période de crise », affirme Christian Lerminiaux, président de la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) et de l’UTT (Université de technologie de Troyes). L’enquête annuelle d’IESF (Ingénieurs et scientifiques de France), qui fédère les associations de près d’un million d’ingénieurs, indique que leur taux de chômage ne dépasse pas les 4%. En effet, la France ne forme pas assez d’ingénieurs pour répondre à la demande des entreprises. « On peut parler de pénurie », insiste le président de la CDEFI. Les 200 écoles d’ingénieurs diplôment 31000 ingénieurs par an, contre 18000 il y a cinq ans. Atteindre les 40000 me semble un objectif raisonnable. »

De plus, une génération assez nombreuse arrivera à l’âge de la retraite dans dix ans. Les associations et écoles vont d’ores et déjà à la rencontre de collégiens et lycéens, mais aussi d’universitaires, pour leur présenter les formations et les attraits des métiers de l’ingénieur. Et déjà, si le nombre des élèves en classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques est stable, celui des étudiants rejoignant une école d’ingénieurs post-bac a augmenté de 30% en deux ans.

« L’ingénieur à la française se caractérise par des connaissances généralistes en sciences et techniques, sa capacité à organiser sa pensée, à aborder tout nouveau sujet et donc à s’adapter », décrit Julien Roitman, président d’IESF. De fait, la filière n’est pas uniquement réservée aux matheux purs et durs qui ont eu une mention au bac S. Certaines écoles intègrent des bac techno, et des réflexions sont en cours pour ouvrir des places pour des ES (série économique et sociale) ou même des khâgneux ayant suivi des enseignements scientifiques. « Il faut savoir que plus de 50% des élèves ne sont pas passés par la prépa », souligne Julien Roitman. IESF prépare pour cet été, avec l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) et l’Académie des sciences, un site d’information sur les formations et métiers de l’ingénieur. Le 18 mars, à l’occasion de la Semaine de l’industrie, se tiendra aussi la première Journée nationale de l’ingénieur.

L’ingénieur n’est plus cantonné à l’industrie, il est sollicité par tous les secteurs d’activité. La raison de cet engouement ? « Sa principale compétence, répond Julien Roitman. Il sait analyser un problème complexe, inventer une ou des solutions et les mettre en œuvre. » « Il peut ainsi inventer de nouveaux matériaux et énergies, organiser des systèmes de transports, construire la voiture du futur, faire communiquer les objets entre eux, ajoute Christian Lerminiaux. Il n’y a pas un domaine où il n’a pas sa place! » Ses compétences sont utiles dans les services, la finance, l’industrie, les technologies, de la conception à la fabrication en passant par le management et l’organisation.

« C’est un métier enthousiasmant, insiste Julien Roitman. L’ingénieur dit et fait, il prend ses responsabilités, encadre des projets et des équipes. Il est un professionnel clé dans le progrès et la réponse à nos grands enjeux du futur. »

Ainsi lorsqu’IESF demande aux ingénieurs : « Quand prendrez-vous votre retraite? », plus de 90% répondent : « Au-delà de 65 ans. » Cerise sur le gâteau, le salaire brut annuel moyen du débutant se situe autour de 35000 € et augmente chaque année de 3% à 4%.

TEMOIGNAGE
Pierre LE NOST, 23 ans, diplômé en 2012 de l’Isen, a trouvé un emploi en moins d’un mois

« J’ai dû choisir très vite entre quatre propositions »



Quelles motivations vous ont conduit en école d’ingénieurs ?
Au départ, je pensais faire médecine. Le directeur de l’Isen Brest (Finistère) est venu au lycée présenter l’école et a évoqué une spécialisation en technologies biomédicales. J’avais trouvé comment concilier mon intérêt pour le médical et les technologies.

Qu’avez-vous le plus apprécié durant vos cinq ans à l’Isen ?
Je suis un passionné de photographie. J’ai constaté que la spécialisation technologies biomédicales couvrait aussi le traitement d’images. En stage au CHU de Brest, j’ai travaillé en radiologie dans un service de cancéro-pédiatrie. J’ai décidé de consacrer ma vie professionnelle à améliorer les technologies d’imagerie médicale pour aider les malades. J’ai réalisé ma dernière année en alternance dans une PME. J’ai pu contribuer à la mise au point d’une innovation sur l’imagerie dentaire. Le brevet est d’ailleurs en cours de dépôt, et l’entreprise m’a invité en mars à Seattle, aux Etats-Unis, à un congrès de recherche dentaire.

Avez-vous facilement trouvé du travail ?
Oui ! Et ça a même été déstabilisant car j’ai dû me décider très vite. Le premier dimanche de juillet, j’ai répondu à huit annonces en ligne. Le lundi, j’avais quatre entretiens téléphoniques! Au final, j’ai eu quatre propositions fermes. J’ai opté pour un CDD de deux ans à l’institut hospitalo-universitaire de Bordeaux, spécialisé en IRM pour l’analyse de l’arythmie cardiaque, car c’est un centre de recherches au top niveau.
« Le dimanche, j’ai répondu à huit annonces en ligne. Le lundi, j’avais quatre entretiens téléphoniques! »


Dossier réalisé par Ariane Despierres-Féry
en partenariat avec Le Journal des Grandes Ecoles
Article paru dans le supplément éco du Parisien daté du lundi 14 janvier 2013

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