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Dossier MBA & Masters : Les atouts français sur la scène mondiale

Bénéficiant d’une belle réputation internationale, les écoles françaises veulent attirer les meilleurs talents français et étrangers.

En 2009, la London Business School a lancé un master en management, suivant le mouvement initié par d’autres écoles anglo-saxonnes. En ajoutant ce programme à leur offre centrée jusque-là sur les MBA (Master in Business Administration), elles se positionnent sur la chasse gardée des écoles françaises : les formations en management destinées aux jeunes sans expérience, dont le fameux programme “grande école” – trois ans d’études après deux ans de classe préparatoire. En 2010, le classement mondial des établissements délivrant le programme MBA, établi par le Financial Times, est toujours trusté par les Anglais et les Nord- Américains. Apportant d’autres couleurs nationales, la France, l’Espagne, l’Inde, la Suisse, la Chine, les Pays- Bas, l’Italie, l’Australie et Singapour arrivent à se frayer un chemin dans le Top 50.

Monter en puissance, un impératif

Ces deux exemples prouvent que l’enseignement supérieur est totalement mondialisé, avec une convergence des modèles et des pratiques, et toujours le besoin d’une amélioration constante au bénéfice d’étudiants et de professionnels du monde entier. Dans cette guerre pour attirer et former les talents de tous les pays, les établissements français affichent de belles ambitions, à la hauteur de leurs atouts. Écoles de commerce et d’ingénieurs, IAE (instituts d’administration des entreprises, rattachés aux universités) bénéficient d’une bonne réputation internationale, avec par exemple quatre écoles françaises classés dans le Top 10 des business schools européennes du Financial Times – HEC, Insead, ESCP Europe et EM Lyon. Malgré ces résultats flatteurs, les établissements ont conscience des enjeux, à commencer par la montée en puissance des pays émergeants dans la qualité de l’offre d’études. Pour maintenir le rang, il faut déjà augmenter les capacités d’accueil, en renforçant les budgets de fonctionnement et d’investissement. La pratique américaine du fundraising, qui diversifie les sources de revenus, se développe en France : il s’agit d’impliquer des partenaires extérieurs, notamment des entreprises, par le financement de chaires de recherche ou d’enseignement. La volonté affichée est d’investir dans le développement des infrastructures, à l’image de lamodernisation des locaux de l’ESCP Europe, de la forte augmentation de la taille du campus de l’Essec ou des 1 400 logements proposés par HEC.

Ensemble, on est plus fort

Une autre tendance lourde des écoles françaises est le rapprochement avec leurs homologues. Parmi les pionnières, l’ESCEM Tours-Poitiers, née en 1998 des ESC des deux villes. Pour le président du conseil d’administration, François Duvergé, c’est un moyen de compenser la faiblesse du business model et des budgets, sensiblement moins élevés que ceux des universités étrangères : « Le regroupement d’écoles permet des économies de gestion, et donc de dégager des financements supplémentaires pour recruter des enseignants-chercheurs internationaux et innover dans l’offre pédagogique.Dans le cas de l’ESCEM Tours-Poitiers, la plus value de la fusion s’est surtout sentie sur la pédagogie et la recherche.» Le regroupement peut prendre plusieurs formes, comme l’explique François Duvergé : avec d’autres business schools françaises, « en fonction de la proximité géographique ou du positionnement stratégique » ; avec des écoles d’ingénieurs ou de communication, « pour bénéficier de la richesse d’horizons croisés » ; ou avec des établissements étrangers, « une option limitée par les différences de législation et de statut ». Un avis largement partagé par Alice Guilhon, directrice de Skema Business School – née de la fusion de l’ESC de Lille et de Ceram Business School : « La globalisation du secteur éducatif appelle la concentration. Nous devons nouer des collaborations fortes avec des universités et des écoles, en France et à l’étranger, dans des disciplines différentes. C’est l’opportunité de former des managers avec des compétences élargies, en mettant l’accent sur les dimensions économiques, juridiques et techniques. » Les écoles françaises déploient aussi une politique de partenariats avec des institutions étrangères, pour mutualiser leurs points forts. L’EDHEC est par exemple associée à la Wharton School, de l’université de Pennsylvanie, dont le domaine d’excellence est la finance et qui propose des séjours d’études aux étudiants de l’école française.

S'ouvrir au monde pour le comprendre

Si tous les directeurs d’école soulignent l’importance d’une taille critique pour compter dans la compétition internationale, ils soulignent également les points forts des business schools françaises. En termes d’attractivité, elles misent sur le développement professionnel et l’orientation internationale de leurs programmes. « À l’ESCP Europe, nous privilégions trois dimensions : le niveau académique, l’ouverture internationale et l’expertise professionnelle, illustre Alain Chevalier, directeur général adjoint. Nos diplômés cumulent souvent 18 à 24 mois de stages en entreprise. ». La plupart des écoles françaises, chacune à sa façon, orientent leurs politiques dans la même direction : des relations fortes avec les entreprises, pour rester en adéquation avec les besoins de compétences et professionnaliser les étudiants. « Les situations pédagogiques sont en grande partie centrées sur les études de cas d’entreprises et favorisent lemanagement de projets associatifs ambitieux », raconte François Duvergé.
C’est sans doute le principal atout des écoles françaises sur ses concurrentes étrangères : l’ouverture sur le monde et la diversité culturelle. Maîtrise des langues, stages dans des entreprises étrangères, périodes d’études sur des campus internationaux, possibilités de double ou triple diplôme, programmes orientés sur les enjeux globaux, multiples nationalités dans les promotions... À chaque établissement sa stratégie, à l’image de Skema Business School qui a ouvert en 2010 un campus à Raleigh, le premier technopôle américain. « L’enjeu actuel est de proposer des multi-campus sur les continents qui comptent, estime Alice Guilhon. Les écoles françaises doivent être présentes en Amérique du Sud ou en Asie, dans les nouveaux lieux de compétences et de business. » Autre exemple, les cinq campus européens de l’ESCP Europe.

L'intérêt de croiser les compétences

Du côté des écoles d’ingénieurs, la grande force est de former des professionnels de haut niveau, rapidement opérationnels dans de nombreuses spécialités. Les principaux défis sont donc ailleurs. Lors du dernier colloque CDEFI, la question de la taille critique des écoles et des liens avec tous les acteurs industriels et technologiques était au coeur des échanges. Là encore, le regroupement paraît une solution appropriée à la compétition mondiale, à l’image de ParisTech qui réunit douze partenaires – écoles d’ingénieurs et business schools. Pour Cyrille van Effenterre, président de l’établissement, « les écoles d’ingénieurs françaises ont à la fois des atouts et des handicaps. Elles proposent des formations et une pédagogie de haut niveau, et elles développent des liens interdisciplinaires et des relations avec les entreprises. Par contre, il manque encore une recherche de haut niveau, ainsi que des formations à l’entrepreneuriat et à l’innovation, et l’internationalisation reste insuffisante.» Pour y répondre, le rapprochement des grandes écoles et des universités paraît incontournable. « L’excellence de la recherche universitaire française reste forte, estime Jean-Claude Duriez, directeur de l’École des Mines de Douai. Il faut promouvoir les partenariats des écoles avec les laboratoires de recherche, au bénéfice des deux parties. » Pour de nombreux directeurs d’école, le salut vient aussi du croisement avec d’autres secteurs, comme le marketing ou le design, pour apporter des réponses technologiques complètes, adaptées aux besoins des consommateurs. Entre les disciplines et entre les écoles, les frontières sont donc moins marquées. L’objectif ? Bousculer ses habitudes, profiter des atouts réciproques, fertiliser les expériences. L’École Nationale des Ponts et Chaussées dispose de sa propre école de commerce, ENPC School of International Management, qui propose plusieurs MBA. Du côté de l’EM Strasbourg, son intégration dans l’université alsacienne favorise le développement de la recherche et un haut niveau académique. À l’image du brassage génétique, le mélange d’ADN profite aux écoles et universités françaises...

LES MBA VERSION ANGLAISE ET ITALIENNE

Avec les 38e et 41e rangs du classement mondial des MBA du Financial Times, la SDA Bocconi, à Milan, et la Cass Business School londonienne nemanquent pas d’attractivité. Situées dans deux capitales européennes des affaires, elles orientent leurs stratégies dans deux directions.



Une forte valeur ajoutée à l'emploi

L’école milanaise mise sur la qualité de ses partenariats avec des institutions financières et des entreprises de premier plan. Autre atout, le réseau d’anciens aux carrières internationales. « Notre objectif principal est d’ouvrir le plus de portes professionnelles à nos diplômés, explique Valter Lazzari, directeur du programme MBA. Nous avons également un service carrière dynamique, qui accompagne la valorisation des expériences et coache les étudiants. » Si elle partage la même ambition en termes de service carrière, la Cass Business School mise sur son implantation au coeur du quartier de la finance : « En étant au plus près des enjeux financiers mondiaux, nos étudiants apprennent la réalité de leur travail, grâce à des intervenants professionnels de haut niveau », estime Veronica Hope-Hailey, directrice associée du programme MBA.

L'international tous azimuts

Dans les deux écoles, la compréhension des enjeux de la globalisation démarre avec la diversité des promotions. Plus de 70 % des étudiants sont étrangers, en provenance des quatre coins du monde. Pour Valter Lazzari, « les échanges continus entre étudiants les aident à comprendre comment le monde évolue et s’adapte, ils développent une vision globale de l’environnement économique. » L’école milanaise insiste dans ses contenus pédagogiques sur le management et la communication interculturels. À la Cass Business School, « les étudiants travaillent en petits groupes sur des cas concrets, souvent tirés des expériences des économies émergeantes, raconte Veronica Hope-Hailey. L’important est qu’ils comprennent qu’il n’existe pas un modèle universel. »




Gilles Marchand

Article paru dans le Dossier MBA & Masters du lundi 13 Décembre 2010


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Gabriel
13.12.2010

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