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Dossier MBA & Masters : Réussir son insertion professionnelle

Le diplôme, même d’un établissement coté, n’est plus le sésame ouvrant toutes les portes des entreprises. Il s’agit de marquer sa différence !

Les temps sont durs pour tous les jeunes diplômés, y compris ceux issus des grandes écoles. Salaires d’embauche moins élevés, précarisation accentuée, concurrence renforcée… Même une formation dispensée dans un établissement renommé n’est plus un bouclier anti-crise. Les chiffres d’insertion des dernières promotions le confirment : si l’embellie sur le marché de l’emploi est amorcée, la reprise reste lente. La crise financière et ses répercussions économiques ont mis en évidence l’importance de valoriser son CV pour faire la différence auprès des recruteurs. À ce phénomène conjoncturel s’ajoute une situation qui s’implante durablement : dans un marché de l’éducation et de l’emploi de plus en plus global, les diplômés français sont en concurrence avec leurs homologues de tous les pays.

Tensions sur le marché de l'emploi

L’enquête annuelle de la Conférence des Grandes Écoles confirme l’infléchissement de l’offre. Le taux d’emploi dans les douze mois suivant l’obtention du diplôme est passé de 84 % pour la promotion 2008 à 76 % pour la promotion 2009. Les embauches en CDI sont également moins nombreuses, concernant 71 % des diplômés contre 79 % en 2008. Même tendance sur les salaires, avec une moyenne de 34 500 euros bruts annuels (primes incluses), soit une baisse d’environ 1 000 euros par rapport à l’année précédente. Pour Pierre Lamblin, directeur du département études et recherches de l’Apec, « les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs affichent toujours les plus fortes proportions de diplômés en emploi, mais elles ont été davantage affectées par la crise. » Malgré tout, l’embellie est amorcée, tous secteurs d’études confondus : « Depuis quelques mois, les enquêtes de l’Apec montrent que les entreprises se tournent davantage vers les jeunes diplômés. Mais cette reprise se fait encore à un rythme très lent et la prudence reste de mise. Ce sont les jeunes diplômés de la promotion 2009 qui ont fait les frais de l’économie fragile : 64 % des diplômés Bac + 4 et plus sont en emploi huit mois après l’obtention de leur diplôme, contre 77 % deux ans auparavant. » Une analyse partagée par Bern Terrel, directeur des départements Marketing-Commercial, Production-Achats-Logistique, R&D-Ingénierie du cabinet de recrutement Hudson : « Entre 2008 et 2009, les postes de cadres sont passés de 200 000 à 145 000. Depuis juin 2010, on sent un frémissement, avec davantage d’opportunités et une plus grande adéquation entre le niveau d’études et le poste proposé. »

" Les recruteurs ont tendance à privilégier les formations articulant le fonctionnel et le sectoriel"

Les écoles ont clairement conscience du défi que représente aujourd’hui une insertion professionnelle réussie. Depuis plusieurs années, elles déploient des stratégies pour proposer une offre d’études – programmes pédagogiques et spécialités – qui colle au mieux aux attentes des recruteurs. « Les entreprises embauchent des potentiels, estime Anne Zuccarelli, directrice des programmes académiques de l’EDHEC. Elles attendent des diplômés opérationnels immédiatement, grâce à leur spécialisation, mais avec des soft skills, c’est-à-dire des compétences comportementales et managériales. » Les recruteurs ont également tendance à privilégier les formations articulant le fonctionnel et le sectoriel, par exemple le marketing allié au domaine du luxe. À la fois une expertise et des compétences transversales… Pour Valérie Laplante, directrice des relations entreprises de l’IPAG, « les écoles de commerce sont devenues les écoles de l’entreprise. » Les établissements collaborent étroitement avec les représentants du monde économique, pour être en accord avec l’évolution de leurs besoins. Intervenants professionnels dans les cours, études de cas d’entreprise, recherche axée sur les groupes partenaires, la palette d’actions est large. Chez Audencia, les relations avec les entreprises s’articulent autour de plusieurs objectifs : recruter des diplômés et des stagiaires, communiquer auprès des étudiants pour promouvoir le secteur d’activité, s’impliquer dans la pédagogie et participer à la recherche, par le financement d’une chaire. « Nous discutons en permanence avec les entreprises pour nous ajuster à leurs besoins, confirme Françoise Rey, directrice générale adjointe du Groupe Essec. Les relations développées avec les elles se concrétisent avec les 18 chaires, qui permettent notamment des réflexions sur l’évolution des emplois. » L’école propose également des conférences métiers dans les principaux secteurs d’activité, l’occasion pour ses étudiants de mieux connaître les besoins des entreprises et d’être en adéquation avec eux.

Les stages, passeport pour l'emploi

Si les stages de fin d’études n’aboutissent pas toujours à une offre d’emploi, l’ensemble des expériences professionnelles acquises durant la formation est le meilleur atout des jeunes diplômés. Tous les directeurs d’écoles ou d’université le savent : les stages sont l’occasion de découvrir plusieurs secteurs, d’affiner son projet professionnel et d’acquérir des compétences opérationnelles. Une moyenne de 18 à 24 mois de stages au cours de la scolarité n’est pas rare aujourd’hui ! « Multiplier les expériences professionnelles a deux avantages, estime Françoise Rey. Les étudiants sont mieux préparés à l’intégration en entreprise, et ils peuvent justifier leur choix d’orientation. Face à un CV comportant des stages très différents, un recruteur comprend que le secteur d’activité choisi par le diplômé a été mûrement réfléchi. » Elle cite en exemple un étudiant qui visait une carrière dans l’audit financier, et qui a découvert grâce au stage que cela ne lui correspondait pas, avant de tester un autre secteur, le marketing, avec succès : « Les stages sont l’occasion parfaite pour expérimenter, en confrontant ses idées préconçues à la réalité. »
Les étudiants l'ont d'ailleurs bien compris : le recours à l’année de césure, pour effectuer un stage de longue durée en France ou à l’étranger, leur donne l’occasion d’une immersion totale et est très apprécié des employeurs. « Une stratégie efficace pour attirer l’oeil des recruteurs est de miser sur ces expériences enrichissantes, explique Bern Terrel. On a intérêt à bénéficier de stages de longue durée, au moins 6 mois chacun. Si la formation n’est pas assez orientée dans cette direction, il reste d’autres possibilités comme le VIE (volontariat international en entreprise) à la fin de ses études. » La qualité, la diversité et la durée des stages jouant un rôle primordial dans l’embauche, les diplômés ont donc intérêt à les exploiter lors des entretiens de recrutement. Pour Anne Zuccarelli, « les entreprises sont de plus en plus exigeantes, elles recherchent autant le plus que le mieux. 18 mois de stage durant la scolarité deviennent une norme, et forment une expérience qui doit être valorisée sur le CV. » Pour faciliter la rencontre entre les diplômés ou étudiants et les entreprises, les écoles organisent régulièrement des forums du recrutement. Une réelle occasion de se faire remarquer, à condition d’être bien préparé (consulter l'article entretiens -->lien). La plupart des établissements prévoient également des simulations d’entretien de recrutement, avec l’aide de cabinets spécialisés ou des entreprises partenaires.



Des services carrière très pros

Bras armé des écoles de commerce et d’ingénieurs vers le monde de l’emploi, les services carrière ont pris récemment de l’ampleur, assurant souvent un soutien depuis la dernière année d’études jusqu’à deux à quatre ans après le diplôme. En plus de forums dédiés à l’insertion professionnelle en temps de crise, le service carrière de l’INSEAD propose une large palette de soutiens, grâce à huit collaborateurs dédiés et une vingtaine de professionnels bénévoles : accueil individualisé, rendez-vous de networking, coaching et conseils, ateliers thématiques (par exemple, pour l’utilisation efficace du réseau d’anciens). Un guide compilant les témoignages de 300 diplômés a également été réalisé, pour montrer que la crise pouvait être l’occasion de belles opportunités professionnelles et de choix de carrière plus adaptés. « Nous avons également lancé en 2009 un workshop sur l’utilisation des réseaux sociaux dans la recherche d’emploi », complète Sandra Schwarzer, responsable du service carrière de l’INSEAD. Des conférences sur le même thème sont également proposées par d’autres écoles, dont l’ESG.

La force des réseaux sociaux

Tendance récente, les réseaux sociaux, qu’ils soient personnels (comme Facebook) ou professionnels (Viadeo et LinkedIn, pour citer les plus connus), viennent renforcer les possibilités d’insertion, mais il ne faut en attendre de solutions-miracles. « Ils sont surtout utiles aux personnes expérimentées, alors que leur plus-value est moins évidente pour les jeunes diplômés », témoigne Bern Terrel. Une autre nuance est apportée par Sandra Schwarzer : « Les diplômés doivent se méfier de leur empreinte internet, car les entreprises ont pris l'habitude de vérifier si l’image du candidat correspond à ce qui en ressort sur internet. » Si les pages personnelles donnent l’impression d’un fêtard invétéré, vous risquez d’être recalé dans la dernière ligne droite… Plus sûr est le recours aux réseaux traditionnels, ceux qui rassemblent les anciens de chaque école. Tous les établissements ont conscience de leur intérêt dans l’insertion professionnelle et l’évolution de carrière. Pour renforcer leur force de frappe, les réseaux d’anciens sont de plus en plus structurés. Avec 23 000 diplômés présents dans plus de 90 pays, Reims Management School a organisé son association d’anciens autour de 15 clubs professionnels, 22 clubs régionaux et 45 ambassadeurs à l’étranger. « Le réseau d’anciens est un grand atout pour les jeunes diplômés, confirme Sandra Schwarzer. Non seulement ils illustrent la qualité des études, par leurs positions à des postes clés de l’entreprise, mais ils peuvent apporter des conseils et offrir des opportunités d’embauche. Pour autant, il ne faut pas attendre des anciens qu’ils fassent la carrière des plus jeunes ! » Les responsables d’école conseillent ainsi deux attitudes : développer un réseau à moyen et long termes, sans attendre des bénéfices immédiats ; rechercher davantage des informations et des conseils que des offres d’emploi. Par exemple, si un étudiant vise une entreprise en particulier, il a intérêt à contacter des anciens déjà intégrés pour connaître les compétences principales recherchées par l’employeur et ainsi adapter son CV et sa lettre de motivation. « Il existe une forte proximité entre les étudiants et les diplômés, témoigne Françoise Rey. Chaque élève peut bénéficier du tutorat d’un ancien au cours de ses études, et dispose d’un accès à l’annuaire des diplômés. Nos étudiants ne se privent pas de les solliciter et ainsi obtenir des informations sur le secteur d’activité, les métiers ou les entreprises. »

La génération Y face à la crise

Si les tensions sur le marché de l’emploi persistent, les jeunes diplômés ont aussi une carte à jouer. Bien formés, disposant de compétences générales et d’une expertise, ils disposent d’autres atouts d’après Guillaume Bigot, directeur de l’IPAG : « Ils sont mieux informés que les générations précédentes, débrouillards et solidaires. Ce sont de meilleurs stratèges, qui n’hésitent pas à démissionner pour rejoindre une entreprise qui correspond mieux à leurs attentes ou à leurs valeurs, et ont un regard plus critique sur le monde de l’emploi. Enfin, ils sont des éléments précieux pour les entreprises, car ils sont préparés à répondre aux exigences évolutives de leur employeur. » Pour Françoise Rey, ils ne perçoivent pas toujours leurs propres qualités et gagneraient à les valoriser davantage lors des entretiens de recrutement : « Ils comprennent la diversité de l’entreprise, savent travailler dans des équipes et des milieux culturels variés, et surtout ont conscience d’intégrer un monde économique globalisé. » Adaptables, ouverts et motivés, les jeunes diplômés ont des cartes à jouer...

Gilles Marchand

Article paru dans le Dossier MBA & Masters du lundi 13 Décembre 2010


DOSSIER SPECIAL MBA & MASTERS
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Candidature à un Master : les bonnes questions avant de choisir
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Pierre Antoine
13.12.2010

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