Millie Jackson
Il y a des artistes qui font un tube puis qui disparaissent aussi vite et d'autres qui n'en décrochent jamais vraiment mais qui réalisent plutôt une oeuvre sur la longueur d'une carrière prolifique et régulière. C'est le cas de Millie Jackson (rien à voir avec Michael) qui débuta auprès de Isaac Hayes il y a 30 ans et qui continue jusqu'à aujourd'hui à pousser sa voix rauque dans les clubs des ghettos.
Elle connu bien évidement le succès mais elle signa jamais le hit qui aurait pu la faire rentrer dans l'histoire des billboards et dans les compilations de soul bon marché pour l'éternité. Dès son premier album elle propose pourtant un recueil parfait dont il est quasi impossible de sortir un morceau du lot tant chacun des titres possède cette soul qui transcende tout. Millie a toujours la soul en elle et c'est ce qui fait de l'ensemble de sa discographie un exemple rare. Mais si elle ne semble pas avoir obtenu la reconnaissance qu'elle semble mériter c'est parce qu'elle l'a bien cherché.
Dans une Amérique raciste et puritaine il ne fait pas bon de parler crûment et encore moins de sexe.
A forcer d'explorer les sentiments amoureux sous toutes leurs formes Millie ne connaît plus de tabous et devient la reine incontestée d'un sous genre les " cheatin' songs" (chansons de tromperie) où elle l'ouvre tout haut sur l'adultère et toutes ses petites complications.
Par la même occasion elle devient la spécialiste de l'improvisation et de la provocation dans des intermèdes comiques parlés ( qui lui vaudront l'admiration des rappers) dans lesquels elle règle ses comptes avec les hommes au plus grands plaisir des femmes hilares.
L'écoute des albums live de Millie Jackson sont donc pour une fois absolument nécessaires pour faire le tour du personnage qui ne s'exprime pleinement que sur scène, les radios l'ayant toujours censuré et lui ayant ainsi fermé l'accès au grand public blanc.
Enfin elle apparu récemment sur la BOF du film d'Akhenaton "Comment un aimant" pour un duo avec Shuriken.