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NEOMA Business School : naissance d'un nouveau "géant" des écoles de commerce made in France

Rencontre avec Frank Bostyn, le nouveau patron de NEOMA Business School.

L'heure est aux grands ensembles parmi les écoles de commerce. La naissance de NEOMA Business School, résultat de la fusion de RBS (Rouen Business School) et de RMS (Reims Management School), confirme la course à la masse critique engagée en France. Rencontre avec Frank Bostyn, le nouveau patron de ce grand établissement aux ambitions internationales affirmées.

Vous avez annoncé la nouvelle marque issue de l’alliance RMS-RBS : NEOMA Business School. Quelle est l’histoire de cette nouvelle identité ? Que veut dire NEOMA ?


Dans le choix de notre marque, nous recherchions un nom simple, et qui puisse, en accord avec notre ambition résolument tournée vers l’international, se prononcer dans les principales langues étrangères. Nous souhaitions également que cette marque puisse être le reflet des valeurs qui, selon nous, sont directement rattachées à la Business School : mouvement, innovation, humanité et entrepreneuriat. Pour toutes ces raisons, et parce que ce nom s’impose comme celui qui pourra nous accompagner dans notre développement à l’international, nous avons opté pour NEOMA Business School.
La force de cette marque réside également dans sa signification, car elle fait référence aux nouvelles postures managériales. NEO pour l’idée de nouveau, parce que lorsque l’on évolue dans le domaine du management et de la formation des leaders de demain, on ne peut pas ignorer les nombreux nouveaux défis à relever. MA pour l’évocation du management, qui reste notre métier, notre expertise. NEOMA, tout comme sa signature « Empowering Management » apparait donc, en ce sens, comme un nom parfaitement en accord avec notre conception de la Business School, qui doit repenser le management et imaginer une attitude nouvelle au service de l’humain, pour mieux répondre aux enjeux de l’entreprise.
Son logo est le reflet d’une alliance laquelle s’est fondée NEOMA Business School, celle de Reims et de Rouen : 2 écoles qui fusionnent, 2 grands campus, le lien entre le monde académique et le monde professionnel.
Enfin, nous avons choisi le gris et le violet, qui reflètent le sérieux de notre Ecole, tout en nous permettant de nous démarquer, car il s’agit d’une association unique dans le paysage européen des écoles de commerce.

La naissance d’un nouveau grand ensemble à côté de Kedge, de l’EDHEC et de SKEMA signifie-t-il que les business schools doivent impérativement se regrouper ou grandir pour survivre ?


On ne peut plus le nier, les Grandes Ecoles doivent dorénavant faire face à une concurrence mondiale accrue. Et pour demeurer un des leaders dans cet environnement, nous devions nous allier, afin de gagner en puissance et visibilité. Il était nécessaire pour les deux écoles d’agir à plus grande échelle. Notre croissance organique n’étant pas suffisamment rapide, la fusion était donc l’option naturelle et logique - comme l’ont fait avant nous les Ecoles que vous mentionniez auparavant. Cette logique de marché s’applique à toutes les Ecoles françaises qui ont la vocation, mais surtout les moyens, d’occuper une place de choix à l’International.

Quels sont vos nouveaux concurrents ?


Notre objectif est de figurer parmi les meilleures écoles européennes, donc je considère que ce sont elles qui deviennent nos concurrents directs. Mais n’oublions pas que notre ambition est également de devenir le partenaire privilégié des entreprises, et dans ce sens je pense aussi à des écoles et instituts qui constituent des références en matière de formation continue, comme Cranfield, Centre for Creative Leadership.

Quel est l’avenir du concours commun Ecricome ?


Je ne pense pas que cette vague de fusion puisse remettre en cause l’existence d’Ecricome.
Cette banque d’épreuves, co-créée par Rouen et Reims en 1987, a véritablement vocation à être maintenue. C’est une structure qui apporte beaucoup à ses membres. Tout d’abord au titre de banque d’épreuves, avec des concours qui restent attractifs comme le prouvent les chiffres du concours 2013. Mais Ecricome ce n’est pas que ça. C’est aussi un précieux laboratoire d’idées, qui regroupe des écoles impliquées à hauteur égale et qui défendent ensemble une politique de qualité.


A votre avis, quelle est la condition pour former dans les écoles de management de nouveaux managers pour l’entreprise ?


La première condition est de bien connaitre l’entreprise, pour en maitriser ses enjeux, ses problématiques et donc ses besoins. Pour la connaitre, nous pouvons nous appuyer sur nos expertises de recherche, qui sont au service des organisations.
Les entreprises et la faculté de NEOMA Business School entretiennent donc des relations étroites, avec un état des connaissances sans cesse actualisé. Nos apprenants en sont les premiers bénéficiaires et se dotent ainsi des connaissances, méthodes, outils les plus favorables à la réussite de leur projet et développement des organisations. Forts de leur expérience au sein de NEOMA Business School, ils deviennent initiateurs et acteurs du changement de leurs organisations.

Les futurs étudiants seront-ils recrutés sur de nouvelles bases académiques ?


Nous allons maintenir nos exigences en termes d’excellence académique dans les profils d’étudiants que nous recruterons au sein de cette nouvelle Ecole. Par exemple, nous restons rattachés aux banques d’épreuves, avec lesquelles nous recrutons depuis de nombreuses années, telles qu’Ecricome par exemple. Les classes préparatoires nous offrent chaque année d’excellents profils d’étudiants. On va aussi continuer à enrichir et à développer la diversité de nos promotions, grâce aux admissions parallèles et internationales. De même nous continuerons dans nos autres processus de sélection, qu’ils soient rattachés à des banques (SESAME, Ecricome Bachelor) ou pas, de rechercher au-delà des compétences académiques indispensables, les qualités essentielles selon nous chez un candidat comme l’ouverture, l’esprit d’entreprendre, le respect, la curiosité et la soif d’apprendre.

Auront-ils accès à de nouveaux programmes ?


Tout d’abord, il est important de préciser qu’aucun programme ne va disparaitre en tant que tel, car les portfolios des deux Ecoles fondatrices étaient très pertinents. Par contre, certains fusionnent pour des raisons de positionnements similaires, et de ce fait ont été refondus.
Les futurs étudiants pourront ainsi découvrir deux nouveaux programmes, qui seront dupliqués à Rouen et Reims : le Bachelor in Business Administration, un programme généraliste en Bac+3 mêlant fondamentaux en gestion et enseignements d’ouverture et un nouveau Master Grande Ecole dont la vocation est de former des managers généralistes de haut-niveau, dotés d’une spécialisation de pointe permettant d’accéder sans difficulté à un premier emploi pour évoluer rapidement vers des fonctions d’encadrement supérieur. Ces deux programmes ne sont pas les résultats d’une simple fusion des programmes existants, nous avons profité de la fusion pour les repenser intégralement et les rendre les plus proches possibles des attentes du marché. Un point commun à l’ensemble des programmes de NEOMA Business School : le développement personnel.

Quels sont vos objectifs en termes de croissance : effectifs, français, étrangers, budgets…


Je ne me focalise pas sur la croissance, ce qui m’importe le plus c’est de garantir la meilleure qualité de nos programmes. Notre mission, en tant que Business School, est de répondre aux besoins des entreprises en formant des managers compétents et éclairés. Si certains s’engagent sur des chiffres, je préfère m’engager sur cette promesse. Cependant, sans donner des éléments chiffrés, nous espérons poursuivre la croissance engagée par les deux Ecoles.

Comme non français, quelle a été votre première impression lorsque vous êtes arrivé à la tête de ce nouvel ensemble il y a un an ?


Je suis effectivement Belge, et je viens d’un pays où certains ne voient que des différences. Mais ce n’est pas mon expérience, ni ma conviction. J’ai travaillé et vécu dans plusieurs pays, et croyez moi, nos sentiments, nos besoins et nos problèmes sont très similaires.
Même constat pour les Business Schools. Les défis auxquels sont confrontées les écoles de commerce en France ne sont pas fondamentalement différents qu’ailleurs en Europe. Les entreprises sont également confrontées aux mêmes enjeux et problématiques, et les réponses sont souvent difficiles à trouver, dans un environnement de mutations économiques profondes.
Ce qui m’interpelle ici, c’est un manque de positivisme, voire même un certain défaitisme. La France ne manque pourtant pas d’atouts, des entreprises fortes, une identité puissante. Je suis certain qu’un avenir prometteur se dresse devant nous, il faut simplement y croire et se mobiliser.

Pensez-vous que les CCI – qui ont piloté la fusion de manière très intrusive - vont sortir du jeu dans les prochaines années ?


Je n’ai jamais eu le sentiment qu’elles aient été intrusives. En tant que partie prenantes principales, les CCI des deux territoires ont été très impliquées, et c’est tout naturel. Elles ont apporté leur regard visionnaire sur les défis auxquels les Ecoles étaient confrontées. Aux côtés des directions et des associations de diplômés des deux Ecoles, elles ont été de véritables moteurs dans la concrétisation de ce projet. Difficile pour moi, à ce stade, de me prononcer sur le rôle qu’elles joueront dans les années à venir, mais je suis certain qu’elles resteront des alliés stratégiques. Pour le moment, les deux chambres de commerce entendent poursuivre leur soutien à NEOMA Business School. Ce qui est certain c’est que nous maintiendrons nos relations mutuellement profitables au service de notre territoire. En effet, même si notre objectif est d’accroître notre visibilité à l’international, cette ambition n’est pas contradictoire avec notre volonté de préserver l’ancrage régional. NEOMA Business School continuera de prendre en compte les intérêts des acteurs locaux.

Gilbert Azoulay


En savoir plus : http://www.neoma-bs.fr/

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Gilbert
10.09.2013

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