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Fonction Publique : On a tenté le concours de gardien de la paix

En début d’année, plus de 7 000 candidats ont passé les épreuves pour devenir agent, l’un de nos journalistes s’est glissé parmi eux.

Rungis (Val-de-Marne), le 29 janvier dernier. 7 384 candidats s’étaient présentés au concours. Un contrepied à la politique de Nicolas Sarkozy qui n’avait pas voulu remplacer la moitié des départs à la retraite des agents de police pendant son quinquennat.

C’est une impressionnante vague de recrutements qu’entreprend la police nationale. Près de 1100 gardiens de la paix vont être embauchés en externe en 2013, contre environ 250 en moyenne ces dernières années. Une grande partie de ces nouveaux agents — 767 exactement — occuperont des postes dans les commissariats d’Ile-de-France.

Fin 2012, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a insisté sur sa volonté de « mettre fin à la baisse des effectifs dans la gendarmerie et la police ». Non content de combler les départs à la retraite, il a promis de créer 500 postes supplémentaires chaque année. « Cela doit surtout permettre d’avoir plus de monde sur le terrain, explique son ministère. Nous avons effectué un gros recrutement en 2013, qui pourra être reconduit. » C’est là qu’intervient la vague d’embauches. Mais les effets ne s’en feront pas sentir avant 2014 avec la sortie de l’école des gardiens de la paix.

Avoir le bac ou un diplôme équivalent et être âgé de 17 à 35 ans sont les conditions requises pour tenter sa chance au concours. Il faut aussi avoir un casier judiciaire vierge. La sélection se fait en deux étapes : une première journée d’épreuves écrites où l’on écrème une grande partie des candidats et une seconde, qui comprend un entretien oral et un test sportif. Ces examens sont les mêmes pour tous, que l’on tente sa chance pour un emploi en Ile-de-France ou dans le reste de l’Hexagone.

Une première session de recrutement a eu lieu au début de l’année et les résultats sont tombés il y a quelques jours. L’un de nos journalistes s’est glissé parmi les 7384 concurrents qui y ont participé afin de connaître le niveau de cette sélection. Il a trébuché sur des difficultés auxquelles il ne s’attendait pas. De quoi tordre le cou aux clichés véhiculés par le légendaire Marcel Patulacci des Inconnus, « brigadier-chef et agent de la paix avant tout ».

Inscriptions jusqu’au 21 juin pour la session de septembre.
Informations sur www.police-nationale.interieur.gouv.fr.

« Bien plus dur que je ne l’aurais cru ! »


REPORTAGE - Nicolas Sivan, journaliste au « Parisien »
Neuf heures, le 29 janvier, je pénètre avec mille candidats dans une salle d’examens de la banlieue parisienne. Des filles pomponnées bousculent des hommes à l’allure militaire. Certains trentenaires ont revêtu leur plus beau costume alors que des garçons tout juste sortis de l’adolescence portent un survêtement. Cette foule disparate, dont je fais partie, est venue passer le concours de gardien de la paix.

L’écrit, pas si facile
Assis sur une chaise en plastique devant une table, je n’en mène pas large. Que sont ces tests qui vont nous occuper toute la matinée ? Un premier questionnaire de calcul mental et de logique arrive. Les questions sont plutôt simples. Mais il y en a des centaines, impossible de toutes les lire pendant les quelques minutes dont je dispose !

Après la pause midi, ambiance tendue à la reprise des épreuves. « Je suis stressée, me chuchote ma voisine. Je n’ai pas révisé. On m’a dit que ce n’était pas nécessaire. » Pourtant, des candidats ont potassé des livres en mangeant. J’apprends même que certains ont travaillé le concours dans des classes préparatoires privées.

De nouvelles copies arrivent. J’ai une heure pour répondre à des tests de culture générale et d’acquis scolaires (voir notre quiz ci contre). C’est bien plus dur que je ne l’aurai cru ! Certaines questions sont simples, d’autres me laissent perplexe. J’enchaîne sur une rédaction. Facile, c’est mon métier. Il est 20 heures, l’examen prend fin. « Ce n’était pas si dur, jubile un garçon. Je suis en 3e année de fac de droit, ça aide. J’aurai même pu passer l’examen d’officier mais j’y ai renoncé. C’est plus facile de commencer par être gardien de la paix et de prendre du galon en interne. »

L’oral ou l’interrogatoire
Les résultats arrivent après trois semaines d’attente. Victoire ! Je suis sélectionné pour la deuxième partie du concours. Un mois plus tard, me voici dans un centre de formation de la police nationale. La journée débute par un entretien. Je suis confronté à un commissaire de police, deux officiers et une psychologue. Cette épreuve, qui revêt le plus d’importance en termes de coefficient, se déroule dans une ambiance que je trouve tendue. Le jury m’assaille de questions. Il faut bien subir un interrogatoire au moins une fois dans sa vie lorsque l’on veut devenir policier…

« Pensez-vous qu’il faut dépénaliser le cannabis ? » « Connaissez-vous le fonctionnement de la police ? » Les sujets sont variés et j’hésite souvent avant de répondre. Grave erreur, les examinateurs recherchent des candidats sûrs d’eux. Je sors de la salle sonné. Heureusement, l’examen d’anglais qui m’attend est bien plus décontracté. Je dois simplement discuter avec un examinateur pas franchement bilingue.

Mieux vaut être sportif !
La discussion terminée, j’enfile un jogging pour les épreuves sportives. L’enjeu est important, je dois atteindre une note palier sous peine d’être disqualifié du concours. La première épreuve est un parcours du combattant. Top! Je me lance dans une série de pompes, puis cours sur une poutre avant de ramper sous des barrières. Catastrophe, j’en fais tomber une. Je suis pénalisé de quelques secondes. Certains concurrents sont plus à l’aise que moi. Ce sont des cadets de la République qui s’entraînent depuis longtemps au concours. D’autres suent et sentent que leur embonpoint est un handicap. « C’est dingue, halète un candidat, déconfit. Je ne pensais pas que ce serait si dur. »

Trente minutes de pause et c’est reparti. La seconde épreuve est un test cardio-respiratoire. Je dois effectuer des allers-retours en trottinant. Au début, tout va bien, mais la cadence augmente. Je dépasse le palier éliminatoire avant d’abandonner. Ma note tombe : 10. J’aurai dû m’entraîner davantage…

Un mois après ces efforts, la liste des candidats admis est diffusée sur Internet mais mon nom n’y figure pas. « Vous n’aviez pas le profil, plaisante un officier de police. Chacun son métier ! »


Article issu du Parisien du 11 juin 2013


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14.06.2013

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