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Orientation : opération séduction des universités !

Et si on osait l’université ? Face à la concurrence des écoles privées, les facs contre-attaquent et séduisent aussi les bons élèves.

Le Salon de l’Etudiant s’ouvre aujourd’hui à Paris. Face à la concurrence des écoles privées, les facs contre-attaquent et séduisent aussi les bons élèves.

Tic-tac, tic-tac. Dans deux semaines se clôturent les inscriptions sur le site Admission post-bac (APB), plate-forme qui regroupe presque toute l’offre de formation des étudiants en France. Les indécis sont nombreux : ils seront environ 200 000 à arpenter ce week-end le Salon de l’Etudiant, qui s’ouvre ce matin à Paris. « Plutôt une classe prépa ? Plutôt une école privée ? Un BTS ? » se demandent beaucoup de familles. « Et pourquoi pas la fac ? » leur répond le ministère de l’Enseignement supérieur, qui vient de lancer, à grand renfort de vidéos et de sites participatifs, une vaste opération séduction pour l’université. Info ou intox ?

On peut y réussir. Parents, oubliez vos souvenirs d’amphis bondés et de partiels chaotiques ! Les universités, où se retrouvent 60 % des bacheliers après le lycée, ont effectivement changé, aiguillonnées par la concurrence du privé et de l’étranger. On y développe aujourd’hui le tutorat, il y a le wi-fi dans les amphis et les étudiants partent régulièrement en stages pendant leurs études. Certes, l’autonomie reste une qualité maîtresse dans le grand bain universitaire, et le taux d’échec en première année stagne autour de 20 à 25 %, selon les filières. « Mais si on a bien choisi en amont son parcours, et qu’on a en poche un bac cohérent avec son orientation, il n’y a pas de raison d’échouer », affirme Anthony Souchet, conseiller du service de coaching de « l’Etudiant ».

Une place pour les meilleurs. Si elle continue d’accueillir tout le monde, la fac s’est aussi convertie à l’élitisme. Beaucoup proposent des doubles licences en droit et langues, aussi sélectives que les meilleures prépas. Certaines facs comme Nantes, Marseille ou Lille abritent de véritables écoles d’ingénieurs. Et les masters des plus prestigieux sont reconnus au même titre que les grandes écoles. Dans le classement de Shanghai, qui distingue chaque été les meilleurs campus du monde, la première institution française est d’ailleurs une université : Pierre-et-Marie-Curie (Jussieu), qui se classe en 37 e position.

Des efforts sur les débouchés. Quentin Amalou, qui poursuit un doctorat de sociologue du cinéma à Avignon, et figure parmi les 100 ambassadeurs de la campagne du ministère de l’Enseignement supérieur, l’assure : deux ans après le master, 100 % de sa promotion a trouvé un travail, dans les milieux de la culture ou du spectacle. « La fac recrute des profils variés et offre une ouverture, c’est sa force », note-t-il. Les universités travaillent à « vendre » leurs étudiants sur le marché de l’emploi, et certaines développent des réseaux d’anciens sur le modèle des écoles de commerce. Ce n’est cependant qu’un début. « La force des grandes écoles reste importante, constate Anthony Souchet. Il faudra encore du temps avant que tous les employeurs comprennent qu’il se passe aussi des choses à la fac. »

« Pour réussir, il faut se donner une envie »


Benjamin, 18 ans, étudiant

Ils lézardent au soleil entre deux cours. Les étudiants de Jussieu, au cœur de la capitale, ont le sourire aux lèvres : leur fac a beau être un chantier permanent, bric à brac de préfabriqués, de passerelles en tôle et de panneaux de direction, elle est aussi l’une des plus prestigieuses d’Europe.

Après un échec en prépa et quelques détours, Belkyss, 22 ans, pense y avoir trouvé sa voie, en licence de physique-chimie. « On dit que personne ne nous pousse, mais c’est faux, explique-t-elle. Les TD sont obligatoires et, en première année, on a un prof référent qui se penche sur notre bulletin pour trouver la filière qui nous correspond. » La promotion de Belkyss a été coupée en tranches pour éviter les effets de masse : les cours magistraux n’accueillent pas plus de 100 élèves, et les TD se font à 28 étudiants.

Après une période de flottement pendant laquelle l’absence de devoirs à la maison lui donnait l’impression « qu’il n’y avait pas besoin de bosser », Belkyss et sa copine Nada « s’y sont mises », rappelées à l’ordre par un 8/20 aux partiels. « Maintenant, on travaille tous les mercredis après-midi en groupe à la bibliothèque », souligne Nada. « Ici, on fait notre vie, résume de son côté Benjamin, 18 ans, venu des Bouches-du-Rhône pour étudier à Paris. Son conseil pour survivre à la fac ? « Il faut se donner une envie. Si on s’intéresse aux matières, on y arrive. »

Dans la cafétéria rouge vif du bâtiment des licences, Walter en a à revendre, de l’envie. Avec sa copine Kenza, il prépare sur ordinateur un exposé sur les gaz de schiste pour son module sur le développement durable. Ce Parisien a rejoint à la rentrée le cursus de Paritech, une école d’ingénieur intégrée à l’université. « Je serai ingénieur à la fin et, au moins, je n’ai pas eu à prendre un prêt pour démarrer dans la vie, explique-t-il. Mes études me coûtent 180 € par an. »

La fac, Walter l’a aussi choisie parce qu’il veut « croire qu’on peut y réussir ». Et d’ajouter : « L’inverse serait quand même moche. C’est ici que se retrouve la majorité des élèves après tout ! »


Consultez aussi :
10 conseils d'orientation
Le Salon de l’Etudiant à Paris
Nos conseils pour APB

Christel Brigaudeau

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