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Classement de Shanghai : Pourquoi nos universités sont à la traîne ?

Le classement réalisé par l’univesité Jiaotong de Shanghai sur les meilleures universités du monde ne recense que 21 établissements français

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Aïe, revoilà le classement réalisé par l’univesité Jiaotong de Shanghai. Chaque été depuis huit ans, ce palmarès des meilleures universités du monde administre une claque aux établissements français. Trois seulement apparaissent dans les cent premiers. Et encore, dans ce trio de tête, Paris-Sud-XI ne pointe qu’au 40e rang. Le top 500 est également douloureux, puisqu’au total 21 établissements y figurent. A des années-lumière des Etats-Unis (151) ou, plus près de nous, de l’Allemagne (39) et du Royaume-Uni (37). Au tableau général des médailles, la France n’est que le 8e pays, elle qui était encore 5e en 2009. Inexorable déclin ? La situation, en fait, n’est pas si noire. Explications.
Consultez le classement 2011 des Universités de Shanghai

Les Universités françaises sont pénalisées par ce classement.

Depuis qu’il existe, les critiques fusent pour fustiger ce palmarès qui n’inventorie que la recherche scientifique et médicale, passant sous silence tout le reste (qualité de la formation des étudiants, insertion des diplômés, recherche en sciences sociales…). «Il est très réducteur. On a donc tort d’en faire une référence absolue», analyse Emmanuel Davidenkoff, patron de la rédaction de « l’Etudiant ». Autre inconvénient : seules les publications en anglais sont retenues pour le top500. «On a beaucoup progressé, mais il faut avoir une logique de traduction en anglais pour tout», souligne Laurent Wauquiez, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur.

Les Universités françaises sont trop éparpillées.

La France souffre de l’effet de taille. L’émiettement des universités (une dizaine dans la capitale) rend impossible toute comparaison avec les mastodontes américains, anglais ou même chinois. Qui, de fait, disposent de budgets bien plus importants. Notre système pâtit également du fait qu’y cohabitent les facs, les grandes écoles et les organismes de recherche. Quand un chercheur publie, il le fait souvent pour le compte du CNRS ou de l’Inserm (qui ne sont pas visés par Shanghai) et pas de l’université à laquelle il est rattaché. «Notre enseignement est victime de l’élitisme de la haute administration. Elle est issue des grandes écoles et néglige les universités», grince Jean-Charles Pomerol, président de l’UPMC (41e et 2e française).

Les Universités françaises ne bénéficient pas encore des réformes.

Lancé en 2007, le processus d’autonomisation des universités françaises s’est accompagné d’un afflux d’argent inédit pour rénover les campus et doper la recherche. Laurent Wauquiez se dit persuadé que la France est «au milieu du gué, sur le bon chemin». «Nous commençons à récolter les fruits des réformes engagées, notamment des regroupements entre grandes écoles et universités. Quand nous avons reçu en juin dernier une délégation de l’université Jiaotong de Shanghai, ils ont fait une simulation de classement d’ici trois ans : quand nos établissements seront enfin regroupés en grands pôles — un processus en cours —, ces derniers gagneront chacun une centaine de places», anticipe le ministre. Celui d’Aix-Marseille — qui fédère les établissements locaux — s’est ainsi hissé cette année dans les 150 meilleures. «Nos universités sont en mouvement depuis quelques années, souligne Emmanuel Davidenkoff. Ça se verra à terme dans le classement.»

Harvard, leader indétrônable

Harvard. Encore Harvard. Toujours Harvard. La célèbre université américaine prend cette année encore la première place du classement de Shanghai. Depuis la mise en place du palmarès en 2003, elle ne l’a jamais quitté et ne la quittera sans doute pas de sitôt. Ce rayonnement international, qui tient presque du mythe, est façonné depuis des décennies dans l’imaginaire collectif par le nombre de personnalités qui y sont passées. Huit présidents américains, dont l’actuel locataire de la Maison-Blanche, Barack Obama. Des acteurs, comme Tommy Lee Jones ou Natalie Portman. Des médecins, des diplomates et bien sûr une foule de grands patrons, comme Mark Zuckerberg, qui a inventé Facebook entre deux cours sur le campus de Cambridge (près de Boston).

27000 € par an pour y étudier

Créé en 1636, Harvard est donc une incroyable fabrique de leaders. Sa réputation s’est aussi construite sur la performance de ses laboratoires et le nombre de publications signées par ses chercheurs. Quarante-cinq diplômés ont été couronnés du prix Nobel! Ces performances s’expliquent notamment par le budget dont elle dispose : ses trente milliards de dollars de dotations en font l’université la plus riche du monde.

Ce prestige attire chaque année des étudiants du monde entier, y compris de l’Hexagone. «Il y a une part d’émerveillement pour une étudiante française à venir étudier à Harvard», raconte Mélaine Loarer. Cette Brestoise de 24 ans y a passé une année et décrit un univers «démesuré» bien loin des standards des universités françaises. «Les infrastructures sont incroyables», ajoute-t-elle, décrivant avec nostalgie les stades de foot, «immenses et riches bibliothèques ouvertes 24 heures sur 24» ou encore les nombreux musées qui fleurissent sur le campus. Etudiante comme Mélaine à Sciences-po Paris, et passée par Harvard, Eléonore Peyrat salue, elle, les «professeurs exceptionnels» (environ 2500 pour 23000 étudiants) qui viennent dispenser leurs savoirs dans les salles de classe. «Et avec lesquels on peut facilement aller discuter en dehors des cours.»

Pôle d’excellence et de prestige, la scolarité à Harvard a un coût non négligeable. Pour y étudier, il faut débourser environ 27000 € par an.

Article issu du Parisien / Aujourd'hui en France du mardi 16 août 2011

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