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Que penser de nos dirigeants qui en sont encore à discuter des rythmes scolaires

Bernard Belletante, DG EM Lyon Business School

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Bernard Belletante, Directeur général d'EMLYON

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La révolution !!! Bernard Belletante n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il veut débattre. Son dernier ouvrage « Education : dernière frontière avant le monde » pose les questions qui fâchent mais envisage immédiatement les solutions pour dynamiser notre système. Voici quelques éléments de réflexion tirés de son ouvrage.

Pouvez-vous résumer votre propos général ?


La réglementation et l‘organisation du système éducatif français pénalisent indéniablement les établissements voire les étudiants sur le chemin inéluctable de la mondialisation. Nous sommes encore sur des modes de pensée franco-français, qui ne prennent pas en compte les technologies et la concurrence internationale. Prenons l’exemple des étudiants des pays émergents. Ces derniers ont autant de connaissances que les nôtres et nous devons donc faire quelque chose en plus ou différent, dans le domaine de la pédagogie, de l’innovation ou de la créativité pour demeurer dans la course. Prenons un autre exemple : la plate-forme francophone de la Khan Academy est suivie par 800 000 personnes. Dès lors, que penser de nos dirigeants qui en sont encore à discuter des rythmes scolaires alors que le vrai problème est de changer radicalement les modes d’apprentissage ?

La France est donc en retard selon vous ?


Il y a quelques initiatives, mais cela fonctionne encore sur la bonne volonté des uns et des autres, car le système raisonne surtout en fonction des acquis sociaux des différentes parties prenantes. La France est pourtant le pays où la dépense publique pour l’éducation est la plus élevée. Il n’y a donc pas de problème de moyens : il faudrait simplement mieux orienter les ressources et imaginer une organisation plus efficace. Le cas de la formation continue est édifiant : les fonds servent en partie à financer les organisations syndicales ! Le monde de l’éducation ne peut plus se comporter comme un domaine protégé à l’instar du « ciel français » dont on parlait dans l’aéronautique dans les années 60.
Le monde de l’éducation est impacté par les nouvelles technologies et la mondialisation. Faire comme si cela n’existait pas est suicidaire. Pour autant, n’attendons rien de « l’Etat stratège » et redonnons des marges de liberté aux acteurs, pour innover et trouver des moyens de financements nouveaux.

il semble tout de même impossible de réformer le système !


Il faut du courage et une modification des instances de gouvernance dans les universités comme dans les grandes écoles. Même les écoles privées doivent faire évoluer leurs statuts, souvent obsolètes.

Revenons à l’éducation : pourquoi le numérique remet en cause la légitimité de l’enseignant ?


La légitimité de l’enseignant est aujourd’hui basée sur sa fonction de diffuseur de savoirs. Or, les nouveaux outils permettent un accès libre et gratuit à des savoirs structurés et de qualité. L’apprenant peut même poser des questions à distance à des systèmes experts ou sur des forums. C’est donc une remise en cause de la légitimité de l’enseignant. Celui-ci doit plutôt devenir un architecte qui participe à la construction du savoir et accompagner l’étudiant dans l’action. Je considère que l’enseignant vit la même remise en cause que les moines écrivains, quand l’imprimerie est apparue. Ils sont dessaisis de leur fonction de dépositaire du savoir !

Vous évoquez la nouvelle chaine de valeur de l’éducation. Vous pouvez préciser ?


La chaine de valeur traditionnelle tient en trois mots : diffusion de connaissances, assimilation et restitution de ces connaissances puis délivrance d’un diplôme. Tout cela est en train de disparaître sous l’impact de la technologie et de la mondialisation. En ce qui concerne la diffusion, il n’y a plus véritablement de valeur sur cet aspect, puisque de nouveaux acteurs sont apparus dans un modèle de gratuité. Pour la restitution sous forme d’examens notamment, il semble évident que ce n’est plus la meilleure manière d’apprendre et de jauger les candidats. Enfin, pour la délivrance du diplôme, on évalue toujours des connaissances alors qu’on a besoin d’un portefeuille de compétences. D’autant que le diplôme n’est plus valable à vie dans une économie ouverte et numérique. Bref, il faut donc remettre en cause l’ancien modèle et créer une nouvelle chaine de valeur.

Au niveau de l'école EM Lyon, vous faites quoi ?


Nous sommes totalement entrés dans une logique de globalisation avec une modification en profondeur des processus d’apprentissage. Nos élèves n’apprendront plus comme avant dans une salle de cours. Par ailleurs, notre terrain de jeu c’est le monde et nous allons chercher nos étudiants partout. Ainsi, nous ouvrons l’EM Lyon en Afrique et en Chine, non pas pour des étudiants français mais pour des étudiants « locaux ».
Enfin, nous nous engageons à marche forcée sur le chantier de la digitalisation de notre structure via un partenariat avec IBM. Nous prévoyons ensemble un plan d’investissement sur 4 ans de l’ordre de 20 M€. L’organisation, la pédagogie, la production des cours… tout est remis à plat. Côté équipe, nous n’aurons plus uniquement des enseignants-chercheurs. De nouvelles compétences vont apparaître avec des enseignants dédiés au suivi on-line et à l’accompagnement du learning by doing. Enseignants, chercheurs, instructeurs, tuteurs... une nouvelle architecture des rôles est désormais en place.

Propos recueillis par Gilbert Azoulay


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LE PARISIEN
17.05.2015

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