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Quelle formation choisir

Prépa ou université ? Etudes longues ou filière courte, directement monnayable sur le marché du travail ? Pour les parents comme pour leurs enfants...

Vers quelles formations s’orienter pour ne pas galérer sur le marché du travail ? Cette épineuse question, les familles se la posent toute l’année. Hantés par le spectre du chômage, les étudiants sont en outre confrontés au risque de déclassement. Combien d’entre eux, qui se voyaient déjà cadres, ont dû faire le deuil de leurs illusions… Mais rassurez- vous : même si vous peinez à vous repérer dans l’épais maquis des formations, les passerelles sont plus nombreuses que jamais. Autrement dit, aucun choix n’est totalement définitif, et le droit à l’erreur existe. Voici quelques conseils utiles pour vous aider à y voir plus clair.

SANS DIPLÔME

En période de crise, la raréfaction des offres d’emploi pénalise d’abord ceux qui n’ont aucun bagage scolaire. Restent des jobs (femme de ménage, agent de nettoyage, caissière…) souvent mal rémunérés et où les CDI sont rarissimes. « Ce sont des emplois souvent très précaires, confirme Arielle Girot, de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP). Je conseille aux candidats de taper à la porte des agences d’intérim. Elles savent exactement quels sont les secteurs qui recrutent. Et les employés auront plus de chance là qu’ailleurs d’accéder progressivement à des postes plus cotés s’ils donnent satisfaction. » Autre astuce : dès que cela est possible, entre deux boulots, optez pour une formation qualifiante, comme en propose par exemple l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA). « Même si elle ne dure que trois mois, ce sera toujours mieux sur le CV », poursuit Arielle Girot.

CAP, BAC PRO

C’est une règle d’or : plus le diplôme est élevé, plus l’insertion sera facile. S’arrêter au niveau du CAP (les BEP ont presque tous disparu) comporte donc de sérieux risques, car, à poste égal, il sera difficile de rivaliser avec un diplômé du supérieur (bac ou plus). C’est vrai partout sauf dans l’artisanat, les métiers de bouche (bouchers…), la restauration, voire certaines formations plus pointues comme conducteurs d’engin dans les travaux publics. Quant aux bacs professionnels, tout dépend du secteur. Dans les emplois de service (secrétariat, compta…), ils souffriront de la concurrence des diplômés plus qualifiés du supérieur (BTS, IUT, écoles privées). En revanche, ils trouvent toute leur place dans le domaine santé-social, qui réussit bien aux bacheliers pro ou techno, notamment dans les services d’aide aux personnes âgées ou handicapées. Ils sont aussi très demandés dans l’industrie : l’aéronautique, la mécanique, la maintenance et bien sûr, le bâtiment.

BAC + 2 et + 3

A ce niveau, l’intégration se fait très rapidement. Outre les BTS et les DUT, qui diplôment en deux ans, se multiplient désormais les licences professionnelles (bac + 3) à l’université. Calées sur les besoins des entreprises, elles n’ont aucun mal à placer leurs jeunes. « Ceux qui sont pressés de travailler préféreront le BTS, très spécialisé », conseille Arielle Girot, de l’Onisep. Si on hésite, « l’IUT, qui est l’aristocratie du bac + 2, offrira plus de débouchés et un vrai plus pour continuer ses études », poursuit Gilbert Azoulay, directeur de l’AEF, agence spécialisée dans l’éducation. L’industrie, la logistique et le génie civil fourmillent de formations aux excellents débouchés. Les commerciaux s’en tirent bien aussi. « Dans la grande distribution, ils cherchent de la force de vente et piochent chez les diplômés MUC (management des unités commerciales) ou NRC (négociations relations clients) », explique Julie Mlezczko, rédactrice en chef de « Studyrama », média à destination des étudiants. De même, les diplômés en santé-social (kinés, ergothérapeutes, puéricultrices…) s’insèrent bien. Plus sinistrées en revanche : la création Web et la communication.

BAC + 5

Inutile de s’arrêter au bac + 4 : mieux vaut continuer un an de plus pour être diplômé en master 2 à la fac. A ce niveau, trouver un travail peut prendre un peu plus de temps qu’avant, mais il est quasi garanti dans la plupart des filières. « Le tout est de savoir patienter en acceptant des CDD avant d’être embauché en CDI », conseille Arielle Girot. Le droit, la médecine et même la finance (pour les métiers de la banque et la gestion du patrimoine) remportent tous les suffrages alors que les lettres et sciences humaines insèrent moins facilement. L’informatique, après un passage à vide, renaît. Pour les écoles de marketing ou d’ingénieur, mieux vaut choisir celles qui se font après une prépa. Mais celles qui prennent directement des bacheliers offrent également de belles garanties auprès des employeurs.

CHARLES DE SAINT SAUVEUR
Paru dans le Parisien, supplément "Coup de pouce pour l'emploi" du 29/09/2010


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Pierre Antoine
05.10.2010

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