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Rentrée à la fac : 3 témoignages de bacheliers naufragés du système

Alors que de nombreux étudiants font leur rentrée universitaire ce lundi dans des amphis bondés, 3000 bacheliers attendent toujours une affectation.

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Alexandre, 18 ans, veut intégrer une fac

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Trois mille bacheliers technologiques et professionnels et 159 bacheliers généraux sont toujours sans affectation. De nombreux autres se retrouvent par défaut dans une filière où ils ont toutes les chances d'échouer.

Leur point commun ? « Souvent, ils ont formulé des voeux très restreints, ou bien ils ont demandé au contraire des tas de formations sans rapport entre elles et se retrouvent perdus », explique Patricia Dos Santos, conseillère à l'université de Créteil (Val-de-Marne).

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«On m’envoie balader»


Ismaël, 18 ans, cherche une place en BTS


« Toute la terminale, on m'a dit de ne pas m'inquiéter, et voilà le résultat : je n'ai rien, et quand je vais chercher de l'aide dans mon ancien lycée, on m'envoie balader », confie Ismaël, mâchoires serrées. Ce grand jeune homme n'a trouvé aucune place en BTS commerce, cursus pourtant le plus cohérent après son bac technologique STMG, obtenu en juin.

Son ami Grégory, qui était dans la même classe l'an dernier, est dans la même situation. « On connaît des élèves qui ont été acceptés avec de moins bons dossiers : non seulement, ce n'est pas juste, mais ce n'est même pas logique », soupire Grégory. Voyant qu'il reste encore en région parisienne quelques places dans des BTS en alternance lycée-entreprise, Ismaël s'est mis en tête de « faire toutes les boutiques de Belle-Epine », le centre commercial de Thiais (Val-de-Marne), près de chez lui, pour trouver un commerce susceptible de l'accueillir. « Je tente tout », dit-il en haussant les épaules.


«Il n'y a aucune place en droit»


Alexandre, 18 ans, veut intégrer une fac


Voilà plus de deux mois qu'Alexandre fait le siège des universités parisiennes, en sciences politiques et en droit. Sur le site APB, il avait formulé neuf voeux et n'a été admis qu'à son huitième - une place dans une classe prépa, où il ne désirait pas vraiment aller, et qu'il a refusée. « Je pensais que je trouverais un strapontin en droit quelque part, j'ai appelé toutes les universités de droit d'Ile-de-France, mais toutes me disent qu'il n'y a aucune place », explique-t-il, dépité.

Le jeune homme, qui rêve d'une carrière dans le milieu politique, s'en remet aujourd'hui « à des députés ou sénateurs qui connaissent de grands professeurs de droit... Peut-être qu'ils pourront appuyer mon dossier. Par la voie normale, je sais que c'est fichu », raconte l'élève, qui a décroché une mention bien à son bac ES. Son bulletin de notes, aussi bon soit-il, ne lui est d'aucun secours. Pour intégrer une faculté de droit parisienne, les élèves domiciliés dans la capitale intra-muros sont prioritaires. Mais Alexandre vit en grande banlieue, dans le Val-d'Oise.


«Je demanderai une réorientation» :


Ryan*, 18 ans, en licence de droit


Sa place en droit est chère, la filière étant saturée dans toute l'Ile-de-France, et pourtant Ryan ira à contrecoeur suivre ses premiers cours de droit constitutionnel à l'université de Paris-XII. Le jeune homme, après son bac ES décroché dans son lycée de Saint-Denis, se voyait plutôt poursuivre dans un IUT, « parce qu'il a tendance à faire son travail à la dernière minute et qu'il a besoin d'être bien encadré », explique sa soeur Mya, elle-même étudiante en école de commerce.

Ryan avait aussi postulé en licence d'économie et de gestion. « Comme j'avais peur de me retrouver sans rien, j'ai accepté la proposition qui m'était faite en droit », explique Ryan. Mais voilà : comme il a dit oui à une proposition, il est désormais rayé du logiciel APB et n'est plus autorisé à postuler dans d'autres filières. La conseillère d'orientation qu'il a consultée lui a recommandé de s'accrocher en droit au moins un semestre. « Je vais essayer d'avoir les meilleures notes possibles, confie-t-il, et je demanderai une réorientation en économie en cours d'année. »

* Le prénom a été changé.

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