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Réseau n+i : le monde entier vient se former dans les écoles d'ingénieurs françaises

Interview de Jean-Pierre Trotignon Professeur des Universités (Arts et Métiers ParisTech), directeur exécutif du Réseau "n+i"

Attirer les talents du monde entier dans les grandes écoles d’ingénieurs made in France, c’est l’ambition du réseau « n+i », dirigé par Jean-Pierre Trotignon. Son bilan est plutôt encourageant dans la compétition mondiale que se livrent les pays autour de l’éducation.

Les étudiants étrangers sont-ils attirés par des études d'ingénieurs en France ?


Cela dépend pour qui et selon quels critères. Pour des formations d’ingénieurs nous devons démontrer que la France est le pays des technologies, mais aussi que notre système n’est pas si complexe et enfin que l’accueil est amical. Nous avons un déficit d’image, notamment pour les formations scientifiques et technologiques, dans des pays à fort tropisme anglo saxon (ex : Inde) alors que d’autres pays utilisent déjà des technologies françaises (transport, énergies, gestion des déchets,..). Grâce au Processus de Bologne le système d’enseignement français est devenu plus lisible (NDLR : réforme LMD). Il est plus facile d’expliquer qu’un diplôme d’ingénieur est un grade de master et qu’on y accède, en deux ans, avec un Bachelor sans entrer pour autant dans les détails des classes prépas. L’enseignement scientifique français a très bonne réputation et lors de ma carrière j’ai toujours entendu des commentaires élogieux de mes collègues américains qui recevaient de nos élèves ingénieurs en master ou en doctorat. En revanche, il y a 15 ans, l’accueil était souvent critiqué et décourageait des candidats. Ce qui nous a conduit à proposer, dans le réseau « n+i » un parcours « réussite » prenant en compte les difficultés d’accueil (transfert de l’aéroport, logement, assurances...) et proposant aussi des packages d’intégration culturelle et méthodologique en complément d’une intégration linguistique.

Avons-nous pris du retard en matière de développement international ? On dit souvent que les anglo-saxons nous concurrencent fortement ?


Là encore de qui parle-t-on ? En ce qui concerne la mobilité internationale sortante des étudiants français, ce qui fait partie du débat, nous n’avons pas à rougir. Je rappelle qu’il est devenu quasiment indispensable d’avoir une expérience internationale de 6 mois minimum pour prétendre au diplôme d’ingénieur. Ceci fait rêver les américains ou les britanniques ! J’ajoute que la pratique de la langue anglaise est exigée de nos diplômés français. Donc un master avec la pratique de langue anglaise n’a rien de bien original aujourd’hui dans nos écoles d’ingénieurs. En ce qui concerne l’attractivité des étudiants étrangers, la mobilité entrante, il est évident que les pays anglo-saxons capitalisent sur l’effet « langue anglaise ». Ce sujet d’actualité est traité de façon trop binaire opposant les pro-anglais aux tenants de la francophonie. Une chose est sûre : la coopération universitaire rapporte à un pays comme l’Australie entre 6 à 8 milliards d’excédent de la balance commerciale alors que la nôtre, pour un nombre équivalent d’étudiants étrangers accueillis, nous coute plus de 2 milliards d’euros en déficit !

Les formations en anglais doivent alors se placer dans cette logique concurrentielle aux offres des pays anglo-saxons, pour produire des diplômés comparables en profil, mais aussi en frais d’inscription (de 10 à 15 000 € par an) assorties de conditions de maîtrise minimum de notre langue et de la découverte de l’environnement culturel qui permettra une meilleure communication ! Utilisons les deniers publics pour l’accueil d’étudiants ayant choisi la francophonie comme une ouverture extraordinaire vers une carrière pluriculturelle, dans des formations d’ambassadeurs de notre enseignement supérieur et de notre culture, certes plus exigeantes. Dans ce cas il ne s’agit pas de promouvoir égoïstement le français mais plus largement la diversité culturelle au côté de l’espagnol, de l’arabe,… contre une uniformisation rampante.

Auprès de quels pays sommes-nous appréciés ?


Les 60 Grandes Ecoles d’ingénieurs du Réseau « n+i » ont formé, depuis 15 ans, plus de 2 200 étrangers qui ont obtenu un diplôme d’ingénieur. Ils venaient de plus de 73 pays différents avec une grosse majorité de chinois. La formation en français dans les domaines scientifiques et technologiques est donc crédible. Nous avons, chaque année, plusieurs milliers de candidats de plus de 100 pays qui s’inscrivent en ligne sur notre site internet ! C’est dire que notre système est largement apprécié et connu. Il faut ici saluer les efforts des postes diplomatiques, de l’agence CampusFrance, des Alliances Françaises en matière de promotion de notre enseignement. Apprécier nos enseignements est une chose qui se heurte aux réalités économiques (solvabilité des étudiants), politiques (boycott), sociales (protectionnisme des diplômes), culturelles (façon de vivre),…

Quel devrait être le rôle des grandes entreprises françaises pour attirer les talents du monde entier ?


Leur rôle doit être à l’image de leurs besoins : énorme ! Nous avons développé des partenariats d’entreprises (Freyssinet, Technip, ..) pour aider des étudiants à fort potentiel à compléter leur formation en France. Je précise que beaucoup d’entreprises conditionnent leur soutien à l’obtention d’un diplôme français, en français, pour leur assurer une meilleure intégration et communication au sein de l’entreprise. Les diplômés anglophones sont légions et les entreprises n’ont qu’à les capter en fin d’études. Le financement d’un étudiant présente, pour une entreprise, plusieurs avantages dont une meilleure fidélisation par un accompagnement pendant la formation (stages) et le fait que l’ingénieur va chercher à capitaliser sur sa différence : la francophonie !
Il reste cependant encore beaucoup à faire de la part des entreprises françaises. Le réseau « n+i » souhaiterait que les actions de promotion, notamment, avec UbiFrance, l’AFII, le Medef International, la CGPME,… soient plus systématiques et coordonnées car nos objectifs sont communs. On peut ajouter les collectivités territoriales qui s’ouvrent aujourd’hui au financement de la mobilité entrante comme moyen de dynamiser le tissu économique local (PME, ETI,..). Les ingénieurs internationaux demandés sont aujourd’hui en formation dans nos écoles !

Visa, séjours, autorisations : on a parfois l'impression de marcher sur la tête tant il est difficile d'accueillir des étudiants. Cela est-il en passe de se régler ?


Les choses ont beaucoup évolué, depuis plus de 5 ans, avec la mise en place du visa étudiant longue durée valant titre de séjour.Il y a encore des progrès à faire notamment pour des accueils d’étudiants internationaux dans des formations en alternance ou par apprentissage, mais les choses avancent et sont en cours d’examen. Rien à voir avec la situation ubuesque existante il y a une dizaine d’années ! Ajoutons que tous les droits associés à l’obtention d’un diplôme national de master tel que le droit de travailler en France a, fort heureusement, clairement été rétabli récemment.

Propos recueillis par Gilbert Azoulay


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Gilbert
11.06.2013

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