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LMDE : Alerte sur la santé des étudiants

Santé des étudiants : un rapport au vitriol du Défenseur des droits épingle à nouveau la LMDE

Remboursements, cartes Vitale, délais… un rapport du Défenseur des droits sur la LMDE, la première mutuelle des étudiants, est sans appel. Le gouvernement doit trouver une solution avant août.

Etudiants atteints d’un cancer payant eux-mêmes leur traitement, cartes Vitale n’arrivant jamais à bon port, conseillers injoignables… Ce n’est pas le premier rapport sur le sujet, mais celui-là pourrait définitivement sonner le glas de la mutuelle des étudiants la plus — tristement — célèbre : la LMDE.
Alors que cette mutuelle, qui prend en charge près d’un million d’étudiants, est sous tutelle depuis février pour cause de déficit abyssal, le Défenseur des droits s’apprête à dévoiler un rapport au vitriol (Accès des étudiants aux soins : leur protection sociale est-elle à la hauteur des enjeux ? », mai 2015.) sur cette structure érigée en 2000 sur les ruines de la Mnef. Un rapport d’autant plus inquiétant qu’il est basé sur un appel à témoins : entre fin 2014 et février 2015, pas moins de 1 500 étudiants y ont spontanément répondu.
Le verdict est sans appel. Actuellement, des centaines de milliers d’étudiants renoncent parfois à se soigner, faute d’être pris en charge — un constat particulièrement gênant, la LMDE faisant à la fois office de mutuelle et de régime de santé de base. Retour sur les principaux griefs formulés par les étudiants.

Mise à jour : La Mutuelle des étudiants sauvée - L’assemblée générale de la LMDE a voté, ce mardi 12 mai au soir, un plan de reprise prévoyant de transférer son activité à l’Assurance maladie et à la mutuelle Intériale. Un plan de transfert qui prévoit d'être transparent pour les étudiants, aucun changement de nom, contacts ou prix sera appliqué... plus d'infos


Affiliation à la Sécu : des retards XXL


Des étudiants se trouvent privés de Sécurité sociale effective, parfois pendant plusieurs mois, après leur inscription : 26 % de ceux ayant répondu à l’appel à témoins sont concernés. Comme Emma, inscrite en octobre 2014, affiliée en… mars 2015. En attendant, 22 % ont dû avancer leurs frais, car « ils ne peuvent plus bénéficier, pendant une durée indéterminée, de la prise en charge de leurs dépenses. Ils sont confrontés à des ruptures de droits partielles ou totales », pointe Jacques Toubon, le Défenseur des droits, qui se traduisent par des renoncements aux soins. Et de pointer le cas des étudiants à la CMU-C, encore plus fragiles du fait de leurs faibles revenus.

Maladies graves : la grande inquiétude


Autre cas de figure préoccupant, celui des jeunes en théorie pris en charge à 100 %, pour cause d’affection de longue durée (diabète, sclérose en plaques, cancer). « Les traitements suivis peuvent être particulièrement coûteux, jusqu’à plusieurs milliers d’euros chaque mois. » Or Luc, atteint d’un cancer, n’a finalement été remboursé à 100 % qu’après intervention des services du Défenseur des droits. D’autres étudiants en ALD, eux, se voient délivrer une affiliation classique. Exit, alors, le 100 %… En cas de report des soins (dentaires, examens, etc.), le risque d’une aggravation ultérieure est avéré.

Etre remboursé, sacré défi


57 % des étudiants ayant répondu ont eu des difficultés : six mois, un an de retard… ubuesque.

Médecin traitant, le bug


« J’ai donné trois fois ma feuille de déclaration de médecin traitant, ils l’ont perdu deux fois » ! 19 % des étudiants témoignent en ce sens. Le hic ? Comme il est obligatoire de déclarer un médecin traitant, les assurés qui n’en déclarent pas sont moins bien remboursés.

Cartes Vitale inutilisables


Retards d’un an avant de recevoir le précieux sésame, carte non fonctionnelle, doublons… 36 % des sondés signalent un problème ! Du coup, les feuilles de soins papier débordent. Le tiers payant, surtout, reste un vœu pieu.

La LMDE aux abonnés absents


Tous les étudiants pointent un défaut d’information : dans un cas sur deux, ils n’ont jamais eu de réponse. Pis, dans 77 % des cas, quand la réponse arrive, il est trop tard ! Enfin, si le mot « incompétence » n’est pas prononcé, la qualité et la pertinence des informations génèrent des réclamations à gogo.

Les préconisations : revenir au BA-ba du métier !


« La liste des défaillances est longue », conclut le document, et ces difficultés sont « régulièrement dénoncées depuis des années, sans qu’aucune amélioration significative n’ait été constatée à ce jour », tacle le rapport, qui liste ce qu’il faudrait — enfin — faire : donner une carte Vitale aux étudiants, accélérer les délais de remboursement, prendre en charge à 100 % les jeunes vraiment malades. Un parfait petit abécédaire des missions de la Sécurité sociale.

En arrivant au pouvoir en 2012, François Hollande s’était engagé à ériger l’accès aux soins des plus démunis en priorité. Dans son introduction, le Défenseur des droits ne se prive d’ailleurs pas de citer le préambule de la Constitution de 1946 : « La nation doit garantir à tous la protection de la santé. » Ces derniers mois, le débat sur le tiers payant pour tous a accaparé l’espace public. Plus explosive encore, la question du non-accès aux soins des étudiants mériterait également un véritable débat public. Il est encore temps.

Huit mois pour se faire rembourser 500 €




Depuis qu'elle est affiliée à la LMDE, Rania a cumulé les ennuis et attend désormais d'être "vraiment malade" pour consulter

Quand ils entendent « LMDE », les étudiants de Paris-VIII, à Saint-Denis (93) rient nerveusement ou soupirent, en repensant à leur parcours du combattant pour obtenir une carte Vitale ou être remboursé. D’autres, comme Rania, sont plus remontés : « Vivement mon diplôme que je n’ai plus affaire à eux ! » Depuis qu’elle est inscrite, la jeune fille a cumulé les soucis. Le dernier date d’il y a quinze jours : sur les 23 € avancés chez son généraliste, elle n’a été remboursée que de… 7 € ! « Même quand on a sa carte Vitale, c’est long et on ne récupère pas tout », soupire-t-elle. Du coup, la jeune fille préfère ne pas se soigner et attend d’être « vraiment malade » pour consulter… Ivana est tout aussi en colère. « Si mes parents n’avaient pas été derrière moi, je ne sais pas comment j’aurais fait pour payer », résume cette étudiante en lettres, qui a attendu trois mois le remboursement de plusieurs examens, dont une IRM de 150 €. Son amie Marine abonde : « Après une hospitalisation de plus de 500 €, sans compter les examens et les frais médicaux, j’ai dû patienter huit mois », s’emporte celle qui connaît par cœur les files d’attente de la mutuelle : « La LMDE, c’est comme le Parc Astérix : on fait la queue pendant trois heures, mais au bout, il n’y a pas de plaisir. »

Affiliée depuis cinq ans, Juliette, elle, est en pleine situation ubuesque depuis janvier. Cette étudiante en sciences politiques, chroniquement traitée pour de grosses allergies, voit sa carte Vitale bloquée à la pharmacie : « A chaque fois, malgré une mise à jour, le pharmacien est obligé de forcer les droits pour que je puisse avoir mes médicaments », explique-t-elle, consciente que cette entorse aux règles ne peut être systématique : « Il prend ce risque, car il me connaît », regrette la jeune fille, qui n’a jamais obtenu la moindre explication.
Tous les étudiants, d’ailleurs, pointent ce manque de communication, notamment lors de leur passage au statut étudiant. « Ils m’ont dit que j’étais obligée de prendre une complémentaire, alors que j’en avais déjà une ! » se souvient Souleïla, inscrite en psychologie. Etudiant en cinéma, Guillaume conclut : « Des médecins m’avaient prévenu : Surtout, ne prenez pas la LMDE ! »


Santé étudiante : Les clés pour comprendre



En 2013, 2,4 millions d’élèves étaient inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur.

Il y a 11 mutuelles étudiantes. La LMDE est la plus importante, avec 920 000 affiliés.

Ces organismes font office de Sécu (en échange de fonds publics) et de complémentaire santé (facultative, cette fois).

La LMDE est née en 2000, après le scandale de la Mnef. Comme la Mnef, elle reste très imbriquée avec le syndicat étudiant Unef. Elle emploie 600 salariés.

Asphyxiée par une dette de 35 M€, la LMDE a dû être placée en sauvegarde judiciaire le 9 février dernier. Dans l’attente d’un repreneur, sa dette sera gelée jusqu’en août.

Odile Plichon, Philippine Robert


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12.05.2015

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